Monde

Le Président Obama à la rencontre de la Silicon Valley

Apple, Google, Facebook, Twitter autour de la table une semaine après la chute d’Hosni Moubarack

Manuel Marchal / 19 février 2011

Jeudi soir, le président des États-Unis a rencontré en Californie les dirigeants de plusieurs sociétés de la nouvelle économie. Apple, Facebook, Google, Yahoo et Twitter : autant d’applications sur lesquelles se sont appuyées les manifestations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient qui ont abouti pour le moment à la chute du régime égyptien. Dans les faits, ces entreprises ont participé à une stratégie.

Jeudi soir au cœur de la Silicon Valley en Californie, il était officiellement question de la participation de la nouvelle économie dans le plan de relance porté par le Président Obama.
Ce dernier a participé à un dîner réunissant autour de la table les dirigeants des géants de l’Internet en Occident : notamment Carol Bartz, PDG de Yahoo !, Dick Costello, dirigeant de Twitter, Eric Schmidt, PDG de Yahoo, Mark Zuckerberg, dirigeant de Facebook, et Steve Jobs, CEO d’Apple.
Mais cette rencontre au sommet s’est déroulée dans un contexte nouveau. Car depuis le début de l’année, plusieurs sociétés de la Silicon Valley ont joué un rôle important dans les manifestations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. C’est notamment le cas des sites Facebook et Twitter, et aussi des constructeurs de téléphones mobiles dans lesquels figure Apple, qui permettent en un instant de diffuser sur toute la planète.

Quid d’Apple ?

Google a également apporté une importante contribution médiatique au changement de régime en Égypte. C’est en effet un responsable de l’antenne égyptienne de la société construite autour du site le plus fréquenté du monde qui a dirigé un groupe de contestataires de Facebook, considéré comme faisant partie du noyau dur de la révolution égyptienne. Il est également à noter que Google contrôle YouTube, le site de vidéo en ligne le plus fréquenté au monde.
L’autre élément important est l’état de santé du CEO d’Apple, Steve Jobs. Ce dernier est actuellement en congé maladie. Du côté de la presse people aux États-Unis, des clichés volés sont actuellement diffusés, montrant le patron d’Apple très amaigri sortant de la clinique où était soigné Patrick Swayze durant ses dernières semaines. Or, beaucoup pensent que les destinées d’Apple et de son co-fondateur et actuel CEO sont intimement liées. C’est en effet le retour de Steve Jobs à la Direction de l’entreprise qui allait sonner le moment de la relance pour la firme à la pomme, avec le résultat que l’on voit aujourd’hui.

Un nouveau complexe militaro-industriel ?

Ces dernières semaines ont rappelé au monde l’importance que revêtent tous ces nouveaux médias dans la diffusion des informations et l’organisation des insurrections. Lorsque le gouvernement égyptien a décidé de fermer les accès à Internet et de couper les réseaux mobiles, il était déjà trop tard. La contestation avait eu le temps de s’organiser via le couple Facebook/Twitter, déjouant tous les contrôles.
Dans l’ère nouvelle qui s’annonce, le poids des acteurs de la nouvelle économie se renforce. Pour le gouvernement des États-Unis, ils peuvent être créateurs d’une valeur ajoutée permettant de répondre en partie aux besoins en emploi. Mais l’élément nouveau, c’est l’importance prise par ces acteurs dans la politique internationale. Le départ du Président Ben Ali, la révolution égyptienne et ses conséquences montrent que, désormais, tout cela amène à se demander si le complexe militaro-industriel des États-Unis n’est pas en train d’accomplir une importante mutation.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com