Monde

« Le protectionnisme est une impasse »

Selon un haut dirigeant du Parti communiste chinois

Manuel Marchal / 15 juin 2013

Le Premier ministre chinois Li Keqiang a déclaré vendredi que le protectionnisme était une "impasse", appelant au libre-échange pour permettre la reprise de l’économie mondiale. Précisions dans cette dépêche de Chine Nouvelle.

« Le protectionnisme est une impasse, alors que la création d’un environnement commercial ouvert, libre et équitable est le bon chemin vers la reprise économique », a déclaré M. Li lors de sa rencontre avec Klaus Schwab, président du Forum économique mondial.

Le Premier ministre chinois s’est exprimé ainsi, alors que la Commission européenne a décidé ce mois-ci d’imposer des droits anti-dumping provisoires aux importations de panneaux solaires et de cellules photovoltaïques en provenance de Chine.

Selon Li Keqiang, l’économie mondiale connaît une « période d’ajustement en profondeur » et manque d’élan de croissance. Les risques et les défis ne doivent pas être sous-estimés, a-t-il précisé.

La première tâche pour la communauté internationale reste de parvenir à une reprise stable, a-t-il souligné, ajoutant qu’aucun pays ne pouvait prospérer seul.

« Les pays doivent coopérer les uns avec les autres, et chacun doit tenir compte des préoccupations rationnelles d’autrui tout en tentant de satisfaire ses propres intérêts nationaux », a déclaré le Premier ministre chinois.

M. Li a indiqué à M. Schwab qu’il espérait que le forum jouerait un rôle actif pour promouvoir la libéralisation et la facilitation des échanges commerciaux et des investissements mondiaux.

Klaus Schwab est en visite en Chine avant La Réunion annuelle des nouveaux champions 2013 du Forum économique mondial, ou le Forum d’été de Davos, qui se déroulera sur le thème "Répondre à l’impératif de l’innovation".

Le président du forum se veut optimiste quant à l’avenir de l’économie chinoise, ajoutant que le forum travaillera avec la Chine afin de soutenir les efforts des entreprises chinoises pour mieux s’impliquer dans l’économie mondiale et permettre au monde de mieux comprendre le pays.

Quand l’Occident refuse d’appliquer sa création

Dans la relation entre La Réunion et la France, le pays occidental a imposé le libre-échange. Les producteurs réunionnais se sont trouvés en concurrence avec l’industrie française. Rapidement, elle a périclité et des productions ont été abandonnées au profit de l’importation.

Au début des années 1990, juste après l’écroulement du Mur de Berlin, des dirigeants occidentaux pensent que le moment est venu d’imposer le libre-échange partout. Cette volonté aboutit quelques années plus tard par la création de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). L’objectif de l’OMC, c’est d’aller vers le libre-échange, et donc la fin du protectionnisme.

Quand la Chine adhère à l’OMC en 2001, le basculement commence. Il a été sous-estimé par les Occidentaux. Beaucoup pensaient que la Chine allait être un marché de plus d’un milliard de consommateurs à conquérir. Or, en moins de 10 ans, tout avait changé. Désormais, les dirigeants de l’Occident tentent de contrecarrer le libre-échange en créant de nouvelles taxes.

Et aujourd’hui, ce sont les dirigeants d’un Parti communiste qui disent aux Occidentaux qu’ils doivent arrêter de faire du protectionnisme. « Les pays doivent coopérer les uns avec les autres, et chacun doit tenir compte des préoccupations rationnelles d’autrui tout en tentant de satisfaire ses propres intérêts nationaux », estime le Premier ministre chinois.

Il est un fait, l’attitude occidentale risque bien de renchérir le coût des mesures d’atténuation du changement climatique. Alors au lieu de refuser d’appliquer sa création, pourquoi l’Occident ne mettrait-il pas tout en œuvre pour rechercher une solution respectant les intérêts du monde, et qui prend en compte l’avenir ?

M.M.


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