Monde

Le Puntland ferme trois radios

Liberté de la presse

Témoignages.re / 8 avril 2013

La Somalie est la région du monde où les journalistes prennent le plus de risque pour faire leur métier. Depuis le début de l’année, une quinzaine ont été assassinés. Dans ce pays, la radio joue un rôle essentiel pour informer la population, les stations sont la cible de la répression. Hier, le gouvernement du Puntland a décidé de fermer trois d’entre elles.

Le Syndicat national des journalistes de Somalie (NUSOJ) élève la voix au sujet du climat d’incertitude croissante qui touche les radios privées au Punltand, suite à la fermeture de trois stations par le pouvoir.

Le Puntland a en effet ordonné la coupure des émissions de Radio Codka Nabadda, Radio Dajir et de 1 nation Radio in Bossasso. L’administration leur reproche de relayer les programmes de stations situées en dehors du Puntland : Radio Ergo et Radio Bar Kulan.

L’ordre a été donné par le ministre de l’Information, Mohamud Aidid Dirir, puis exécuté par la Police. À l’arrivée des forces de répression, les trois radios ont cessé immédiatement d’émettre.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le caractère arbitraire et précipité de la fermeture des stations », a déclaré Omar Abdirisak, Président du Conseil suprême du Syndicat national des journalistes de Somalie, « par la fermeture de ces trois radios, le public est privé d’accès à l’information et aux autres programmes. Des dizaines de travailleurs des médias sont face à un avenir incertain ».

Pour le syndicat, cet acte arbitraire pourrait constituer un dangereux précédent, fragilisant la liberté d’expression dans les régions du Nord-Est de la Somalie. « Nous condamnons le comportement des autorités à cet égard, et nous demandons l’annulation immédiate de l’ordre de fermeture, et l’autorisation que ces radios puissent reprendre leur travail ».

Le Ministère de l’Information a récemment ordonné à ces radios de stopper la diffusion des émissions de Radio Ergo et Radio Bar Kulan, deux stations émettant depuis Nairobi au Kenya. Ces radios ont résisté, elles sont fermées par le pouvoir.

Le NUSOJ demande au Ministère de l’Information d’adopter une position démocratique et de rechercher la concertation avec les professionnels des médias et les institutions, afin de respecter et promouvoir la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Mali : Boukary Daou libéré sous caution

Au Mali, 27 jours de prison pour la publication dans un journal d’une lettre critiquant des chefs de l’armée.

Dans un communiqué publié à New York, le Comité pour la protection des journalistes salue la décision prise hier par un juge au Mali. Ce dernier a ordonné la libération sous caution de Boukary Daou.

Rédacteur du quotidien malien "Le Républicain", Boukary Daou a été arrêté et jeté en prison pendant 27 jours. Il a subi cette répression parce qu’il a publié une lettre critiquant des chefs de l’armée malienne.

Le CPJ demande au Ministère public de lever les charges pesant sur Boukary Daou. Au Mali, la liberté de la presse est un combat quotidien.


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