Monde

Le retour d’un modèle de croissance verte

Développement durable

Céline Tabou / 8 avril 2013

Ministres, représentants de l’industrie et d’organisations non gouvernementales se sont réunis le 4 avril au siège de l’UNESCO à Paris, afin d’échanger sur le sujet de la croissance verte. En pleine crise économique, financière et environnementale, de nombreux pays tentent de trouver de nouveaux modèles de productivité et de compétitivité.

« Comment assurer la croissance de l’économie tout en préservant les ressources et en garantissant un niveau de vie décent à sept milliards d’humains, bientôt neuf ? » ont été les deux axes centraux auxquels l’Agence française de développement (AFD), l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ont tenté de répondre.

Ce forum international s’est déroulé le même jour que la conférence Be Green à Saint-Denis, qui s’est clôturé par l’intervention de Paul Vergès, Président de l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique), annonçant la nécessité de changer de modèle et d’aller vers un nouveau modèle de société.

Sortir des schémas classiques

Dans une société où le chômage ne cesse d’augmenter en raison de la crise, des progrès industriels et de la mutation des secteurs de production, de nombreux experts et économistes admettent la nécessité de changer de modèle de développement. « La croissance du PIB n’a pas pu suivre le rythme de la hausse de la productivité de la main-d’œuvre, ce qui signifie que moins de personnes suffisent pour produire le même résultat économique », a résumé un rapport sur la « croissance verte » (ONUDI et AFD), présenté lors de ce forum international.

Le rapport précise qu’un « développement inclusif et équilibré ne pourra être atteint si les politiques économiques se contentent de se concentrer exclusivement sur une augmentation de la productivité de la main-d’œuvre ». De plus, selon les participants, la croissance verte représente la voie à suivre pour atteindre une transition mondiale vers une économie verte associée à un mode de développement plus durable pour tous.

Pour les auteurs du rapport et les intervenants, la productivité des ressources est la principale cible, cela signifie qu’une « meilleure gestion des ressources naturelles, une meilleure efficacité énergétique sont les principales garantes de l’avenir économique de la planète ».

Le commissaire européen à l’Environnement, Janez Potocnik, a expliqué au quotidien “Le Monde” que « L’efficacité dans la gestion des ressources doit être considérée comme une nouvelle stratégie industrielle, pas seulement comme l’intégration de mesures environnementales. Les économistes aiment à parler de coût de main-d’œuvre unitaire, de productivité du capital, mais il faut parler de celle des ressources et convaincre les entreprises de s’y intéresser ».

Défendre la recherche de l’autosuffisance et l’efficacité énergétique

L’ensemble des participants — ONG, entreprises privées, industriels, ministres, représentants internationaux — a pris conscience que la « nécessité de transférer l’amélioration de la productivité de la main-d’œuvre vers les ressources répond à un besoin géostratégique ».

Le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a expliqué que le premier producteur de pétrole au monde, l’Arabie saoudite, tente de diminuer sa dépendance à l’or noir, car le pays pourrait avoir besoin d’importer du pétrole dans une vingtaine d’années. « Cela montre bien l’urgence d’une troisième révolution industrielle », a-t-il indiqué.

Pour mettre en place cette nouvelle productivité, « il faut des actions osées, notamment en ce qui concerne la tarification de l’énergie, que ce soit une taxe carbone ou autre chose », a expliqué Kandeh Yumkella, Directeur général de l’ONUDI.

Pour Jean-Guy Carrier, Secrétaire général de la Chambre de commerce international, « les entreprises sont dynamiques et le problème vient de la lenteur des négociations internationales ». Ce dernier a l’impression que « les engagements diminuent, qu’ils ne sont pas clairs et que les gouvernements sont plutôt en retrait », bien que l’industrie, l’économie ont besoin de signaux pérennes pour transformer les scénarios de production comme pour changer les habitudes des consommateurs, a noté “Le Monde”.

Céline Tabou

La France vers une économie verte ?

Présente à la tribune du palais de l’UNESCO, Delphine Batho, Ministre de l’Écologie, a affirmé l’intérêt de la stratégie nationale de la transition écologique, la nécessité du débat sur la transition énergétique ou encore celle de l’économie circulaire avec l’annonce de la perspective d’une loi.

De son côté, le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a défendu l’industrie verte et notamment la recherche de nouvelles rentabilités énergétiques. « Car la productivité des ressources n’est pas seulement affaire de bon sens moral. Nous prélevons annuellement plus de ressources que la Terre ne peut en renouveler — l’humanité "consomme" l’équivalent de 1,6 planète par an », a-t-il expliqué.

La Réunion, reconnue terre d’innovation en matière d’énergie renouvelable avec la biomasse, la géothermie, le photovoltaïque, l’éolien, la houle, est à la traine aujourd’hui. De nombreux projets ont été remis en cause, bien que les contextes mondiaux et nationaux appellent à des innovations environnementales pour éviter une intensification des catastrophes naturelles.

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