Monde

Le traité de la discorde

Manifestation contre le Traité budgétaire européen

Céline Tabou / 2 octobre 2012

Débattu cette semaine au Parlement, le Traité européen sur la stabilité, la coopération et la gouvernance (TSCG) est le point de tension dans la majorité et l’opposition à gauche. Travaillé avec Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, ce texte doit être ratifié ou non par les députés.

Près de cinq mois après l’arrivée de François Hollande à l’Élysée, une soixantaine d’organisations politiques (Front de gauche, NPA...), syndicales (fédérations CGT, FSU, Solidaires...) et associatives (Attac, Copernic...) ont rassemblé près de 80.000 manifestants dans les rues de Paris, selon les organisateurs. Ces derniers sont venus dire "non" au Traité budgétaire européen.

Manifestation contre le Traité « Merkozy »

Dimanche 30 septembre, sur la place de la Nation à Paris, des milliers de personnes ont dénoncé « l’Europe de l’austérité », sous les slogans «  Non au Traité Merkozy  », «  Pas question de se faire traité  », «  Avis de recherche François Hollande  », pouvait-on lire sur les banderoles. Manifestation lancée par Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, ce dernier a déclaré à la presse : « Ce jour est le jour où le peuple français entre en mouvement contre la politique d’austérité ».
De son côté, Pierre Laurent, numéro 1 du PCF, Philippe Poutou et Olivier Besancenot du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), des militantes féministes ou encore Annick Coupé du syndicat Solidaires ont mené la marche contre le traité.
Parmi les manifestants, beaucoup ont voté pour le candidat socialiste au 2nd tour de la présidentielle, ils revendiquent aujourd’hui leur part de la victoire. Les manifestants ont indiqué que « le mouvement social ne va pas se taire pendant cinq ans », a indiqué lors d’une conférence de presse Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac France. Cette dernière a répondu aux déclarations défendant le traité de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre : la manifestation du 30 septembre « est la première étape de la lutte pour une Europe écologique et sociale ». Le 8 octobre sera organisé un meeting européen des forces de gauche à l’espace Reuilly, ainsi qu’une Assemblée européenne des mouvements sociaux en novembre à Florence, et un Sommet altermondialiste en Grèce au « premier semestre 2013 », a annoncé Aurélie Trouvé.

Crise politique dans la majorité

Pour Annick Coupé, du syndicat Solidaires, la mobilisation doit permettre de « créer un rapport de force pour les semaines à venir », alors que les députés socialistes appellent à la renégociation du traité, comme Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice (PS) de Paris et ancienne ministre, qui souhaite « stopper la logique austéritaire actuelle » afin de « réorienter réellement la construction européenne ». La sénatrice PS a expliqué dans une tribune sur Leplus du “Nouvel Observateur” que « le TSCG installe une austérité durable, bride la croissance et prive les peuples des choix sur le cadre budgétaire et macro-économique. Il impose de fait la règle d’or et le durcissement du pacte de stabilité » qui stipule que le déficit structurel des États doit être inférieur à 0,5% de leur PIB contre 3% auparavant.
En vue de sa ratification, puis du vote du projet de loi organique instaurant la "règle d’or" de l’équilibre budgétaire, le gouvernement tente de convaincre sa majorité de voter pour le texte. Les 17 députés d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont annoncé leur refus de ratifier le texte et plusieurs parlementaires socialistes ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteront contre.
A l’Assemblée nationale, le groupe socialiste compte 297 députés, soit la majorité absolue, mais il manquera une trentaine de voix (groupe EELV, 17 députés, et groupe du Front de gauche, 15 députés) au gouvernement pour faire ratifier le traité par le Sénat. Des voix que le PS devra trouver au centre et à droite, au sein du groupe de l’UMP qui compte en effet 132 sénateurs et celui de l’Union centriste et républicaine, 31.

Céline Tabou


Kanalreunion.com