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Les chefs des agences de l’ONU basées à Rome appellent à une action énergique

Le rapport 2011 sur la faim : volatilité et fermeté persistantes des prix alimentaires

Témoignages.re / 12 octobre 2011

Pour 2010, selon les estimations les plus récentes de la FAO, 925 millions de personnes continuent de souffrir de la faim dans le monde. Pour la période 2006-2008, leur nombre, toujours selon la FAO, était de 850 millions. La FAO révise actuellement la méthodologie qu’elle utilise pour calculer la prévalence de la faim dans le monde. Aussi, aucune estimation n’a été diffusée pour 2011.

La volatilité et la fermeté qui caractérisent les prix alimentaires sont appelées à persister et pourraient même s’accentuer, rendant ainsi les paysans, les consommateurs et les pays pauvres encore plus vulnérables à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire, selon le dernier rapport sur la faim dans le monde diffusé lundi par les trois agences de l’ONU basées à Rome.
Les petits pays tributaires de leurs importations, notamment en Afrique, sont particulièrement menacés, surtout que nombre d’entre eux affrontent encore les graves problèmes issus de la crise économique et alimentaire de 2006-2008, indiquent la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) dans le rapport annuel “L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde” (SOFI 2011) que ces trois agences de l’ONU ont élaboré ensemble cette année.

De telles crises, notamment dans la Corne de l’Afrique, « sont un défi pour les efforts que nous déployons pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la réduction de moitié d’ici à 2015 de la proportion des personnes qui souffrent de la faim », mettent en garde les chefs des trois agences — Jacques Diouf (FAO), Kanayo F. Nwanze (FIDA) et Josette Sheeran (PAM) — dans la préface du rapport.

Inacceptable

« Mais, même si les Objectifs du Millénaire pour le développement étaient atteints d’ici à 2015, il y aurait encore quelque 600 millions de personnes sous-alimentées dans les pays en développement. Une situation où 600 millions de personnes souffrent quotidiennement de la faim n’est jamais acceptable », proclament les chefs des trois agences.

« La communauté internationale tout entière doit agir aujourd’hui et entreprendre une action énergique pour bannir l’insécurité alimentaire de la planète », ajoutent-ils.

« Les gouvernements doivent s’assurer qu’un environnement réglementaire transparent et prévisible est en place pour favoriser les investissements privés et la productivité agricole. Nous devons réduire le gaspillage alimentaire dans les pays développés grâce à l’éducation et à des politiques adéquates, et réduire aussi les pertes de produits alimentaires dans les pays en développement en stimulant les investissements dans l’ensemble de la chaîne de valeur, en particulier dans le traitement post-récolte. Une gestion plus durable de nos ressources naturelles, des forêts et des pêches est essentielle pour la sécurité alimentaire de la plupart des composantes les plus pauvres de la société », poursuivent les responsables de la FAO, du FIDA et du PAM.


Prix orientés à la hausse

Cette année, le rapport met l’accent sur les prix alimentaires élevés et volatils, identifiés comme les principaux facteurs contribuant à l’insécurité alimentaire au niveau mondial et sources de grave préoccupation pour la communauté internationale.

« L’augmentation de la consommation dans les économies en expansion, la croissance continue de la population et la demande accrue de biocarburants exerceront des pressions supplémentaires sur le système alimentaire », lit-on dans le rapport.

En outre, la volatilité des prix alimentaires pourrait s’accentuer au cours des dix prochaines années en raison, d’une part, des imbrications plus étroites entre les marchés agricoles et énergétiques et, d’autre part, de la survenance d’événements climatiques extrêmes plus fréquents.


Petits agriculteurs et consommateurs pauvres

La volatilité des prix rend les petits agriculteurs et les consommateurs pauvres de plus en plus vulnérables à la pauvreté, tandis que les variations de prix à court terme peuvent avoir un impact à long terme sur le développement, selon le rapport.

Les variations de revenus que provoquent les fluctuations des prix entraînent des réductions dans les niveaux de consommation, ce qui se traduit par des diminutions de l’apport aux enfants en éléments nutritifs essentiels au cours des 1.000 premiers jours suivant leur conception. Il en résulte une réduction permanente de leur capacité de bien gagner leur vie une fois à l’âge adulte et une probabilité accrue de croupir dans la pauvreté, avec un impact négatif sur l’ensemble de l’économie.

Mais, selon le rapport, les fluctuations des prix ont affecté diversement les pays, les populations et les ménages. Les plus exposés sont les pauvres et les faibles, notamment en Afrique, où le nombre de sous-alimentés a augmenté de 8 pour cent entre 2007 et 2008 alors qu’il était resté pratiquement invariable en Asie.

Quelques grands pays ont réussi à mettre leurs marchés alimentaires à l’abri des turbulences internationales grâce à un cocktail de restrictions commerciales, de filets de sécurité pour les pauvres et de livraisons alimentaires puisées dans les stocks. Cependant, l’isolement commercial a provoqué hausse des prix et volatilité sur les marchés internationaux, et aggravé l’impact des pénuries alimentaires dans les pays tributaires des importations, selon le rapport.


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