Monde

Les grands discours de la France et les actes

Délocalisations

Témoignages.re / 10 août 2012

Face à la désindustrialisation européenne, la France tente de convaincre ses grandes sociétés de ne plus délocaliser, mais d’investir dans la recherche et le développement. Ce discours entre en contradiction avec l’adhésion de la France à l’Organisation mondiale du commerce.

En France, la majorité des parlementaires ont déjà acté la mise en place d’un marché mondial, dans lequel la France prendrait pleinement sa place, mais aujourd’hui, face à la crise économique et financière, le gouvernement tente de faire marche arrière, en protégeant son industrie.
Et pourtant, le 12 décembre 1994, réunis en Congrès à Versailles, les parlementaires ratifient l’accord conduisant à la réalisation d’un marché unique mondial, car ce jour-là fut ratifiée l’adhésion de la France à l’Organisation mondiale du commerce. Depuis cette date, la France est entrée dans une ère du droit commun mondial, destiné à croitre son économie capitaliste. Au milieu des années 1990, l’objectif est alors de recoloniser le monde à partir d’un modèle économique libéral, au sein duquel la France a pris grandement part.

La tendance au protectionnisme

Aujourd’hui, le monde capitaliste lance des mesures impérialistes pour dominer les pays en voie de développement. Mais ces derniers ont depuis la décolonisation développé un certain nombre de réformes structurelles tant politiques qu’économiques pour pouvoir se détacher de leur dépendance vis-à-vis de l’ancien colonisateur. En intégrant le marché mondial, ils ont pu concurrencer les pays développés et ainsi participer à la libéralisation des échanges.
Cette concurrence internationale a conduit un certain nombre de difficultés pour les pays développés, qui comptaient sur leur domination politique et culturelle pour commercer en toute liberté. Mais le bouleversement de l’ordre mondial économique a conduit ces pays développés à voir émerger une concurrence féroce dans les secteurs clés, tel que l’industrie.
Contrairement à ce qu’il parait, l’Europe n’est pas plus ouverte que le reste du monde, car le taux moyen de protection de l’Europe est certes très faible (1,47%), mais il est identique à celui des États-Unis (1,43%) et du Japon (1,41%), a expliqué Zaki Laïdi, Directeur de Recherche à Sciences Po. En effet, ce dernier met en exergue le protectionnisme des Européens face aux pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l’Inde.

Eviter les délocalisations

En France, le ministre du Redressement productif, Arnauld Montebourg, a présenté le 25 juillet un plan automobile destiné à éviter les plans sociaux annoncés et décidés par les grandes entreprises françaises, après l’élection présidentielle de mai 2012.
Le gouvernement a ainsi lancé un plan de ré-industrialisation et demandé aux constructeurs automobiles de pérenniser leurs sites de productions et de créer des laboratoires de Recherche&Développement sur le territoire national, en échange d’une aide publique.
Confiante vis-à-vis du marché mondial, la France a signé de nombreux accords économiques et commerciaux avec les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce, mais aujourd’hui, face à la concurrence et à l’internationalisation des savoir-faire, la France tente d’éviter la récession industrielle en imposant aux entreprises d’investir dans la recherche et de ne plus délocaliser. Cette initiative entre en contradiction avec les mesures de l’OMC et de libre échange, car l’intervention de l’État dans son secteur industriel pourrait être une raison pour les pays en voie de développement de porter plainte auprès de l’organisation internationale pour concurrence déloyale.

OCDE : nouveau ralentissement de l’économie mondiale

Les indicateurs composites avancés de l’OCDE signalent toujours une décélération du rythme de l’activité économique dans les principaux pays.

Ces indicateurs, conçus pour anticiper les points de retournements de l’activité économique par rapport à sa tendance, continuent d’indiquer une décélération de l’activité économique dans la plupart des principaux pays de l’OCDE et un ralentissement dans la plupart des principales économies non membres de l’OCDE.

Les indicateurs composites avancés pour le Japon et les États-Unis montrent des signes d’un essoufflement dans leur dynamique de croissance. Pour la zone euro, l’Allemagne et la France, les indicateurs composites avancés continuent de signaler une croissance modérée. En Italie, l’indicateur composite avancé indique plus fortement un ralentissement. L’indicateur composite avancé du Royaume-Uni semble montrer des signes d’une reprise de l’activité économique. Au Canada, l’indicateur composite avancé montre toujours une croissance modérée.

En Chine, en Fédération de Russie et en Inde, les indicateurs composites avancés continuent d’indiquer un ralentissement. Au Brésil, l’indicateur composite avancé signale une reprise plus modérée de l’activité économique.


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