Monde

Les manifestants persistent en Thailande

Vers de nouvelles élections ?

C.T. / 5 février 2014

Des manifestants en Thaïlande ont poursuivi leur mouvement lundi 3 février, un jour après les élections législatives anticipées, mises en place par la Premier ministre, Yingluck Shinawatra. Les manifestants ont promis de tout faire pour faire tomber le gouvernement, provoquant une mise en garde des États-Unis contre un éventuel coup d’État.

Déterminés, les contestataires ont dénoncé la Première ministre Yingluck Shinawatra, l’accusant d’être manipulée par son frère Thaksin Shinawatra. Au lendemain d’élections anticipées, aucun résultat n’a été publié par la Commission électorale, en raison des perturbations organisées par l’opposition lors du scrutin. Des manifestants ont bloqué l’acheminement des bulletins et forcé 10.000 bureaux de vote à fermer leurs portes, dimanche 2 février.

« Cette élection doit être invalidée »

En dépit des perturbations, le taux de participation était de 45,84%, sur 44,6 millions d’électeurs, a annoncé à la presse la Commission électorale. Malgré cela, « les gens avaient peur. Et quand les gens ont peur, ils ne vont pas voter », a expliqué à l’Agence France Presse, Janjira Sombatpoonsiri, politologue à l’université Thammasat de Bangkok.

Pour les manifestants, « cette élection doit être invalidée », a affirmé leur porte-parole de l’opposition, Akanat Promphan. De son côté, Abhisit Vejjajiva, chef du Parti démocrate, principale formation de l’opposition a boycotté le scrutin et annoncé préparer un recours en justice contre des élections « illégitimes » qui « ne reflètent pas l’intention de la Constitution ou du peuple ».

Le parti au pouvoir, le Puea Thai, grand favori aux élections, a mit l’accent sur l’importance du précédent scrutin, afin de sortir le pays de trois mois de crise et le décès d’une dizaine de personne dans des affrontements. Le porte-parole du gouvernement, Prompong Nopparit, a commenté la tenue des élections : « Cela montre que la moitié de la population veut la démocratie et veut un Parlement formé par la majorité », a commenté son

Vers un coup d’État ?

Pour le ministre du Travail Chalerm Yubamrung, chargé de l’application de l’état d’urgence à Bangkok, son parti Puea Thai a remporté l’élection avec « entre 265 et 289 sièges ». Malgré tout, l’annonce des résultats pourraient prendre des semaines, voire des mois. Pour le moment, le gouvernement expédie les affaires courantes. Il réfléchit à l’organisation d’un nouveau vote pour les électeurs qui ont été empêchés de voter dimanche 2 février. Un scrutin de remplacement est prévu le 23 février pour plus de 440.000 électeurs.

Face au blocage politique en Thaïlande, les États-Unis, alliés militaires de Bangkok, ont de nouveau annoncé qu’ils « ne voulaient pas voir, en aucun cas, de coup d’État ou de violence » dans le pays. « Nous parlons directement à toutes les composantes de la société thaïlandaise pour leur dire clairement qu’il est important d’aplanir les différends politiques par des moyens démocratiques et constitutionnels », a indiqué la porte-parole du département d’État, Jennifer Psaki, à la presse internationale. Face à une éventuelle intervention des forces armées thaïlandaises, le gouvernement américain reste inflexible.

Malgré la présence massive d’opposants dans les rues, la mobilisation s’est essoufflée. Seules quelques centaines de personnes ont défilé lundi, afin de récolter de l’argent auprès des passants. Le blocage politique fait peser des peser des risques sur l’économie, a expliqué à l’AFP, Rajiv Biswas, chef économiste Asie-Pacifique pour IHS Global Insight. Les prévisions de croissance ont été abaissé de 3,9 à 3,2% en 2014, « les investisseurs étrangers sont de plus en plus inquiets en raison des risques politiques qui s’accumulent en Thaïlande, en l’absence de solution politique en vue », a-t-il indiqué.

 SaiLin  


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