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Les mausolées de Tombouctou resacralisés

Culture

Témoignages.re / 7 février 2016

Une cérémonie de consécration des mausolées de Tombouctou, organisée pour la première fois depuis le 11e siècle, a été célébrée jeudi à l’initiative des communautés, dernière étape de la renaissance culturelle de Tombouctou soutenue par les Nations unies après les destructions perpétrées par les groupes islamistes armés en 2012.

« Ces mausolées sont de nouveau debout », a déclaré la directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture (UNESCO), Irina Bokova, dans un message au peuple du Mali, qui abrite cette ville qui était une capitale économique, intellectuelle et spirituelle et un centre pour la diffusion de la culture islamique dans toute l’Afrique durant son âge d’or, aux 15e et 16e siècles.

« C’est une preuve irréfutable que l’unité est possible et que le paix est encore plus forte qu’avant. Nous y sommes arrivés et nous pouvons le refaire », a-t-elle ajouté, selon un communiqué de l’ONU obtenu par la PANA.

Le site a été fortement endommagé par les extrémistes islamistes après que des combats avaient éclaté en janvier 2012 entre les forces gouvernementales et les rebelles touaregs.

La cérémonie de jeudi à la mosquée de Djingareyber a commencé en début de matinée par le sacrifice d’animaux et la lecture de versets du Coran pour invoquer la miséricorde divine pour asseoir la paix, la cohésion et la tranquillité et s’est achevée par une Fatiha (prière), ces rites représentant le rejet de l’intolérance, de l’extrémisme violent et du fondamentalisme religieux.

Ces mausolées sont depuis longtemps des lieux de pèlerinage au Mali et dans les pays limitrophes et selon la croyance populaire, ils protégeaient la ville de tous les dangers. Seize d’entre eux sont inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO et 14 ont été détruits en 2012, ce qui représente une perte tragique pour les communautés locales.

Le gouvernement du Mali, en 2013, s’est tourné vers les partenaires extérieurs, dont l’UNESCO, pour une aide. La préservation des manuscrits anciens et la réhabilitation des 14 mausolées détruits ont commencé en mars 2014, quand les maçons locaux sous la supervision de l’imam de Djingareyber et avec le soutien de l’UNESCO et de la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée de l’ONU au Mali (MINUSMA), ont posé la première brique en pierre pour reconstruire deux des mausolées.


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