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Les mises en garde d’Herman Van Rompuy

Budget européen : le président du Conseil s’adresse au Parlement européen

Témoignages.re / 20 février 2013

Alors que les chefs d’État se sont accordés sur le budget de la rigueur de 2014-2020, les quatre groupes majoritaires au Parlement ont fait entendre leur désaccord. En réponse, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, les appelle à « réfléchir à deux fois ».

Le président du Conseil européen a demandé lundi 18 février aux députés européens de « réfléchir à deux fois » avant de rejeter le budget pour 2014-2020. La majorité des groupes politiques exige de sérieux changements sous peine d’y opposer leur veto. Dans ce cas, l’UE devrait vivre avec des budgets annuels sur la base du budget de 2013.

Herman Van Rompuy tente l’intimidation

Le budget pluriannuel offre une « stratégie économique » et possède aussi des « accents sociaux », a plaidé Herman Van Rompuy, bien que le Fonds européen d’Aide aux plus démunis ait été réduit et le montant global du budget descendu de 975 milliards d’euros à 960 milliards.

Ce dernier a prié « le Parlement européen de réfléchir à deux fois avant de s’embarquer dans une politique de budget annuel » qui ne donnera « aucune perspective », a-t-il indiqué.

Herman Van Rompuy a affirmé que les dirigeants des 27, qu’il représente en tant que président du Conseil, avaient donné des signes d’ouverture sur la flexibilité au sein du budget, sur une éventuelle révision du budget et sur la mise en place de ressources propres pour l’UE.

Venu en soutien, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a réaffirmé que les montants décidés par les dirigeants de l’UE étaient inférieurs au niveau d’ambition jugé souhaitable par la Commission.

Les crédits d’engagement ont été fixés à 960 milliards d’euros, et les crédits de paiements à 908,4 milliards. Cette « différence ne peut être acceptée qu’avec une flexibilité maximum au sein du budget », a expliqué l’“AFP”. Les deux hommes ont indiqué que le montant des dépenses effectivement payées au cours des budgets précédents restait très inférieur aux enveloppes prévues dans le projet actuel. Raison pour laquelle le budget aurait été diminué.

La pression des parlementaires

Les quatre principaux groupes au Parlement (conservateurs, socialistes, libéraux et Verts) ont justifié leur intention de ne pas voter le budget dans un communiqué de presse commun : « Cet accord ne renforcera pas la compétitivité de l’économie européenne. Au contraire, il ne fera que l’affaiblir. Ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens européens. Le Parlement européen ne peut accepter en l’état l’accord trouvé au Conseil européen. Nous regrettons que Monsieur Van Rompuy n’ait pas parlé, ni négocié avec nous au cours des derniers mois. C’est maintenant que les véritables négociations vont commencer, avec le Parlement européen. Nous maintiendrons les priorités que nous avons clairement indiquées à plusieurs reprises ».

Malgré ces tentatives, les quatre principaux groupes au Parlement restent fermes sur leur position.
« Négocions (...), nous serons au rendez-vous de nos responsabilités », a promis le président du groupe PPE (conservateurs), Joseph Daul.
Soutenu par Hannes Swoboda, le chef du groupe socialiste, ce dernier a indiqué que le « budget tel quel, nous le rejetterons », car « ce n’est pas un budget pluriannuel que le Parlement peut accepter », a ajouté son homologue libéral Guy Verhofstadt. Ce dernier a d’ailleurs dénoncé un « copier-coller de l’exercice précédent ».
Pour Isabelle Durant (Verts), « ce n’est qu’une épure de budget européen ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com