Monde

Les pays émergents veulent créer un nouvel ordre mondial

Sommet des BRIC :

Sanjiv Dinama / 20 avril 2010

Les dirigeants des quatre grands pays émergents regroupés au sein du groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), réunis au Sommet à Brasilia, ont préconisé jeudi dernier une réforme rapide des institutions financières internationales afin de donner aux pays en développement leur véritable place sur la scène internationale. Les territoires des BRIC représentent 26% de la surface des continents et 42% de la population mondiale. Ces quatre pays ont enregistré un taux de croissance moyen de 10,7% de 2006 à 2008. A l’issue du Sommet du Bric, le président brésilien Lula a déclaré que les puissances émergentes avaient un « rôle fondamental » à jouer pour créer un nouvel ordre mondial.

Le terme BRIC est un acronyme pour désigner le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, quatre pays en voie de développement que l’on décrit souvent comme des puissances émergentes. Jim O’Neill, économiste en chef chez Goldman Sachs, a avancé pour la première fois le concept de BRIC en 2001. Dans un rapport publié en 2003, M. O’Neill prédit un remodelage de l’architecture économique mondiale d’ici 2050, où les BRIC dépasseraient la plupart des pays développés occidentaux tels que la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et l’Allemagne, et figureraient avec les Etats-Unis et le Japon parmi les six premières économies mondiales. Le concept de BRIC est aujourd’hui largement accepté dans le monde entier.

Les territoires des BRIC représentent 26% de la surface des continents et 42% de la population mondiale. Selon le Fonds monétaire international (FMI), ces quatre pays ont enregistré un taux de croissance moyen de 10,7% de 2006 à 2008. Leur influence internationale a augmenté de manière significative avec leur rapide croissance économique.

Les BRIC partagent plusieurs points de vue sur un grand nombre de questions internationales et régionales. Ces dernières années, ces quatre pays ont renforcé leur dialogue et leur coopération, et ont souvent échangé leurs points de vue en matière d’économie internationale et de développement.
Le commerce entre le groupe des BRIC a contribué à stabiliser l’économie des quatre pays durant la crise financière internationale en 2009, ont déclaré des spécialistes économiques, lors d’un séminaire qui s’est tenue mercredi dernier à Brasilia.

Les échanges commerciaux entre les quatre pays ont continué à progresser dans un contexte où le volume du commerce international s’est contracté, ont affirmé les experts.
« Il est correct de dire que les pays BRIC ont laissé la crise derrière eux », a indiqué Dr. Biswat Dhar, un expert du Centre de recherche et d’enquête basé en Inde. « La croissance du commerce s’est poursuivie en dépit de la crise. Maintenant, nous avons besoin de plus en plus de synergie d’exportation pour accroître les transactions commerciales », a-t-il ajouté.

Au cours des neuf années se terminant en 2008, le commerce entre les quatre pays s’est multiplié par neuf, a évoqué Zhang Yuyang, professeur en Économie internationale de l’Académie chinoise des Sciences sociales.

Besoin d’un système monétaire plus stable, plus prévisible et diversifié
Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine se sont positionnés en faveur d’une réforme rapide des institutions financières internationales pour que les pays émergents soient davantage représentés.
« Malgré des signes positifs prometteurs, il reste beaucoup à faire. Nous estimons que le monde a besoin aujourd’hui d’une architecture financière réformée et plus stable, qui rendra l’économie mondiale moins sujette à de futures crises et lui permettra de mieux rebondir ».
« Nous pensons qu’il y a grand besoin d’avoir un système monétaire international plus stable, plus prévisible et diversifié ».

Les dirigeants des quatre pays émergents demandent au G20 — qui regroupe les pays industrialisés et les grands pays émergents — de jouer un rôle de premier plan dans les prises de décision au niveau mondial.

A l’issue du Sommet des BRIC, le président brésilien Lula a déclaré que les puissances émergentes avaient un « rôle fondamental » à jouer pour créer un nouvel ordre mondial.
La rencontre des ministres des Finances du G20 et la conférence du FMI à Washington prévue ce mois-ci ne pourront pas échapper à l’influence croissante des pays émergents.

Sanjiv Dinama


• Hu Jintao, Président chinois
Le Président chinois Hu Jintao a qualifié cette rencontre de productive et s’est engagé à davantage de coopération dans de nombreux domaines.
« La rencontre aujourd’hui a été productive et constructive. Nos quatre pays vont approfondir leurs coopérations dans des domaines tels que le commerce, la finance, la technologie et la culture. Les communications et la coordination sur des questions régionales et internationales vont également être développées. Nous allons promouvoir la coopération pragmatique pour apporter des bénéfices réels à nos pays et à nos peuples ».

Luiz Ignacio Lula Da Silva, Président brésilien
Le Brésil juge le groupe BRIC essentiel pour peser en faveur d’un changement de l’ordre international.
« Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ont un rôle fondamental à jouer dans la construction d’un nouvel ordre mondial qui serait plus équitable, représentatif et sûr ».

Manmohan Singh, Premier ministre indien
Les représentants indiens estiment pour leur part que l’un des principaux défis pour les pays émergents est d’œuvrer pour un monde qui prendrait en compte les intérêts de tous.
« La crise économique et financière globale a montré la pertinence du groupe BRIC. Soutenir la reprise de l’économie du monde et œuvrer pour qu’elle inclue l’ensemble de la planète seront nos prochains défis ».

• Dimitri Medvedev, Président russe
« Les BRIC arrivent à maturité, ce qui nous permet non seulement de coordonner les efforts mais aussi d’adopter des décisions concrètes », a dit le président russe.


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