Monde

Les profits des multinationales néo-coloniales ne cessent d’augmenter grâce à la politique fiscale

Un des méfaits de la mondialisation capitaliste

Témoignages.re / 14 juin 2013

« Peugeot, Total, BNP, HSBC… Ils comptent 4.858 filiales dans les paradis fiscaux. Aucun des 50 plus grands groupes européens ne fait exception, avec pléthore d’implantations offshore. Leur paradis fiscal préféré ? Les Pays-Bas ». Le Comité catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre Solidaire) et la revue “Projet” viennent de publier un article sur la gravité des effets des paradis fiscaux. Voici cet article, qui montre à quel point il faut changer la politique fiscale dans le monde… et à La Réunion afin qu’elle soit équitable et favorise enfin un développement durable.

Ils en ont 117 chacun, en moyenne. Les cinquante plus grands groupes européens comptent pléthore de filiales dans les paradis fiscaux. Une présence massive, selon une enquête publiée mercredi 12 juin par l’ONG CCFD-Terre Solidaire et la revue “Projet”.

Dans ce rapport, intitulé « Aux paradis des impôts perdus », le Comité catholique contre la Faim et pour le Développement, en pointe dans la lutte contre l’évasion fiscale, a épluché les comptes et rapports d’activités de ces entreprises cotées en bourse, des banques HSBC, BNP Paribas et Deutsche Bank aux constructeurs automobiles Peugeot et Volkswagen en passant par Siemens, Vodafone ou encore Total et Enel.

Résultat : 4.858 filiales dans des paradis fiscaux, soit 29% de leurs filiales à l’étranger. Aucun de ces cinquante groupes n’est absent des ces territoires montrés du doigt.

« Rien qu’aux îles Caïmans, ils ont plus de filiales qu’au Brésil et deux fois plus qu’en Inde. Et au Luxembourg, presqu’autant qu’en Chine » , déplore l’organisation non gouvernementale.

Rendre illisible la localisation des profits

« Si elle ne constitue pas en soi une preuve d’évasion fiscale, cette concentration massive de filiales offshore va de pair avec une opacité comptable rendant illisible la localisation des 208 milliards d’euros de profits de ces entreprises en 2012 » , ajoute l’ONG (Organisation non gouvernementale. « Personne n’est dupe ». Les « destinations de prédilection » sont, dans l’ordre, les Pays-Bas, l’État du Delaware (États-Unis), le Luxembourg, l’Irlande et les îles Caïmans, selon le rapport. Et cette présence n’a pas faibli depuis que la communauté internationale a déclaré, en 2009, la guerre aux paradis fiscaux.

Le CCFD-Terre Solidaire et la revue “Projet” appellent les grandes puissances du G8, qui se réunissent lundi et mardi en Irlande du Nord, puis les pays riches et émergents du G20 à prendre des mesures pour combattre ce phénomène, notamment « la généralisation du reporting (compte-rendu d’activité - NDLR) pays par pays pour tous les secteurs d’activité » .


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