Monde

Licenciement programmé de 15.000 fonctionnaires en Grèce

Nouveau plan d’austérité

Céline Tabou / 30 avril 2013

Le Parlement grec a adopté dimanche 28 avril une loi visant à mettre en place des mesures de rigueur imposées par la Troïka (UE-BCE-FMI) à la condition de la poursuite de l’aide internationale. Cette loi s’oriente principalement sur la restructuration du secteur public et le renvoi de 15.000 fonctionnaires.

JPEG - 43.2 ko

Cette réduction du nombre des fonctionnaires est l’une des conditions posées par la Troïka pour débloquer une nouvelle tranche de prêts de 8,8 milliards d’euros dont la Grèce a besoin pour payer les salaires et retraites de ces employés. Une aide internationale totale de 240 milliards a été consentie depuis 2010, en échange de la poursuite des mesures d’austérité.

Une mesure inédite

Après un débat houleux à l’Assemblée, cette nouvelle loi a été adoptée par 168 voix sur les 292 députés présents. 123 députés ont voté contre tandis qu’un député a simplement voté "présent". Celle-ci prévoit le renvoi d’ici fin 2014 de 15.000 fonctionnaires, dont 4.000 en 2013. Ces licenciements massifs devraient permettre le versement d’une nouvelle tranche de 8,8 milliards d’euros des prêts consentis au pays par l’UE et le FMI, sur un total de 240 milliards d’euros.

Selon les médias, les fonctionnaires qui devraient être renvoyés sont ceux sanctionnés pour corruption ou incompétence, ceux poussés au départ volontaire à la retraite ou les victimes de la suppression de leur poste après la fermeture de dizaines d’organismes publics. La loi adoptée comporte un seul article, une pratique utilisée pour contraindre les députés à voter l’ensemble des dispositions.

La loi prévoit également l’extension d’un impôt foncier, imposé en 2011, mais en le réduisant de 15%, et l’ouverture à la concurrence de nouvelles professions et des facilités de paiement. Ces mesures strictes devraient permettre à l’État de récupérer des milliards d’euros d’arriérés d’impôts et de cotisations sociales auprès des ménages ou d’entreprises endettées.

La contestation monte

En réponse, une manifestation de 800 personnes a eu lieu à l’appel des syndicats du privé et du public sur la place Syntagma, en bas du Parlement, à Athènes. La confédération des fonctionnaires (Adedy) a dénoncé « les suppressions de postes et la destruction du service public » ainsi que « la procédure d’urgence décidée par le gouvernement » pour le vote de la loi, a révélé l’“AFP”.

Le principal parti de l’opposition, la Gauche radicale (Syriza), a déposé une motion d’anti-constitutionnalité de la procédure d’urgence, qui a été rejetée par le Parlement. De leur côté, les partis d’opposition ont dénoncé un amendement déposé à « la dernière minute » par le ministre des Finances, Yannis Stournaras, prévoyant la réduction du salaire minimum mensuel à 490 euros contre 580 d’euros actuellement. Ce dernier a indiqué que la procédure d’urgence était nécessaire, car les ministres des Finances de la zone euro ont dû « se prononcer lundi sur la poursuite du versement des prêts (...) dont la Grèce a besoin pour payer salaires et retraites ».

En mars 2012, la Grèce a effacé près d’un tiers de sa dette souveraine, soit plus de 100 milliards d’euros, entrainant des pertes pour les créanciers privés, les banques et les caisses de retraite comprises, qui détenaient des obligations grecques. L’État grec affiche pour 2012 un déficit public réduit à 6% de son PIB, hors l’aide octroyée aux banques.

Céline Tabou


Kanalreunion.com