Monde

Main tendue aux investisseurs chinois

Le Premier ministre français veut ouvrir les frontières de la France

Céline Tabou / 31 janvier 2015

Au second jour de sa visite en Chine, le Premier ministre, Manuel Valls, a lancé son offensive pour attirer les investisseurs chinois et rassurer que l’état de santé de la France, qualifiée d’“attractive”, de « pro-réforme », « pro-entreprise » et qui « avance et se réforme ».

En vrai VRP, Manuel Valls a assuré que « Oui, la France est ouverte aux entreprises chinoises. Oui, vos investissements – nous savons tous que la Chine a des capacités financières tout à fait considérables – sont les bienvenus », devant des acteurs économiques chinois. Un discours entendu par les Chinois, qui attendent un assouplissement des règles pour pouvoir commercer efficacement.

La France attend les Chinois

« La France est un pays qui vous attend, mon gouvernement souhaite lever tous les obstacles pour permettre à tous les investisseurs chinois de venir. Ne craignez ni notre droit, ni notre droit social, ni la réalité française, au contraire, c’est un pays qui vous permettra de faire de très belles affaires. Donc bienvenue en France », a répété le chef du gouvernement.
Ce dernier a tenu à détailler l’action de son gouvernement, afin de rassurer les potentiels investisseurs présents. Ainsi, le gouvernement prévoit « la mise en place d’un plan de réduction des dépenses publiques sans précédent » et « le choc majeur de compétitivité des entreprises », via « le pacte de responsabilité et le plan de simplification administrative ».
« Nous réformons le marché du travail et mettons plus de liberté dans notre économie », a-t-il assuré, en mettant en exergue les prochains effets de la loi Macron, actuellement en discussion au Parlement. Conscient des réticences du côté français vis-à-vis du rachat du Club Med par le groupe chinois Fosun et de la prise de participation d’un consortium chinois dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac, Manuel Valls a assuré que « les Chinois étaient là, prêts à investir et compétitifs. Ne soyons pas frileux, sinon ils iront ailleurs. Il faut convaincre nos compatriotes de ne pas se laisser aller au vent mauvais de la peur du Chinois ».
Malgré les critiques et les craintes, le Premier ministre a rappelé sa volonté de “rééquilibrer” les échanges économiques sino-français. « Trop d’obstacles continuent de freiner nos échanges », a-t-il indiqué, ajoutant que son homologue, Li Keqiang et lui-même allaient « travailler à la levée de ces entraves ». Dans le domaine de l’agroalimentaire (lait, viande, charcuterie, vin), « une série d’obstacles administratifs » vont être levée.

L’apaisement côté chinois

Concernant le nucléaire, Manuel Valls a proposé « un nouveau partenariat nucléaire de grande ambition et qui doit dans les années qui viennent couvrir l’ensemble du cycle de l’amont à l’aval ». De son côté, Li Keqiang a indiqué que « nous avons de nombreux grands projets à promouvoir, notamment dans le nucléaire, les chemins de fer et l’aviation. Nous sommes également prêts à explorer avec la France les marchés dans d’autres pays ».
En plus de l’aviation, le nucléaire et l’agroalimentaire, les deux pays vont échanger dans les domaines de la finance, l’agriculture, les chemins de fer à grande vitesse, les voitures à énergie nouvelle et le tourisme. Li Keqiang a expliqué qu’en ce qui concerne le déséquilibre commercial bilatéral, « la Chine ne recherchait à avoir un excédent commercial avec aucun pays. Il a exhorté la France à assouplir davantage les restrictions sur les exportations de produits de haute technologie vers la Chine ».
Le Premier ministre chinois a affirmé que « nous devons nous opposer au protectionnisme commercial et adhérer au libre-échange, ce qui contribuera à la compétitivité de nos entreprises et industries ». Ce dernier espère que la France va « offrir un environnement de marché plus ouvert, juste et amical pour les investissements chinois ».

Renouer les liens historiques

Réelle déclaration d’amour pour certains médias français, Manuel Valls a mis l’accent sur le passé commun : « les Français reçoivent les Chinois en les invitant à Versailles, eux nous reçoivent à la Cité interdite. Nos deux pays sont le fruit de leur histoire, les symboles sont importants, tout autant que les investissements chinois en France ».
Une histoire qui a été également évoquée par la Chine, qui a érigé une statue du Général de Gaulle au Musée national de Chine à Pékin. Dévoilé par le Premier ministre Manuel Valls et son homologue chinois Li Keqiang la statue du général de Gaulle est réplique de celle de Jean Cardot installée sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris.
De Gaulle est la figure politique française préférée des Chinois, pour avoir été le premier chef d’Etat occidental à reconnaître la République Populaire de Chine, le 27 janvier 1964. En mars 2014, le président chinois, Xi Jinping, avait rendu hommage à l’ancien chef d’Etat, lors de l’ouverture de la fondation Général de Gaulle, et expliqué que « la décision de réunir la Chine et la France a été prise par l’ancien président chinois Mao Zedong et le général Charles de Gaulle il y a 50 ans, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère des relations sino-françaises ».
Ce dernier a d’ailleurs assuré qu’« après 50 ans, les deux parties ont une vision claire de l’orientation future de leurs relations », appelant « les amis français à continuer de promouvoir les relations sino-françaises, à rallier plus de gens à leur cause et à poursuivre l’amitié sino-française pour les futures générations ».


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