Monde

Mario Monti souhaite « changer l’Italie, réformer l’Europe »

Vers des élections en Italie

Céline Tabou / 26 décembre 2012

Le chef du gouvernement italien Mario Monti a présenté vendredi 21 décembre sa démission et celle de son gouvernement. Cette annonce intervient quelques heures après le vote définitif du budget 2013, ouvrant la voie à de nouvelles mesures drastiques.

A la tête du pays du 16 novembre 2011 au 21 décembre 2012, Mario Monti, qualifié de technocrate, est parvenu à rassurer l’Europe et les marchés craintifs suite aux frasques de prédécesseur Silvio Berlusconi. Deux jours plus tard, le démissionnaire a présenté son « programme pour changer l’Italie et réformer l’Europe ».

« Il Professore » a redonné sa fierté aux Italiens

A l’occasion d’une conférence de presse, le 24 décembre, Mario Monti a rappelé qu’« il y a un an, la situation de l’Italie était si périlleuse que le monde entier ne faisait plus confiance à ce pays. Aujourd’hui, les Italiens peuvent désormais marcher la tête haute en tant que citoyens européens ». Surnommé le cardinal, ce professeur d’économie a indiqué que « l’Italie a su sortir de la crise financière sans l’aide européenne, ni celle du Fonds monétaire international », mais avec des mesures drastiques et une refonte du marché du travail, ayant entraîné la colère des syndicats et des Italiens eux-mêmes qui ont souvent foulé le pavé au cours de ces treize derniers mois.
A peine démissionnaire, l’ancien commissaire européen a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts d’assainissement lancés à l’aide de mesures en faveur d’un renforcement des politiques sociales et familiales, de la relance économique et de l’emploi, ainsi que le développement de l’enseignement et de la recherche. L’"agenda Monti" est un programme d’engagement commun « élaboré avec l’aide de forces centristes et de représentants de la société civile » intitulé "Changer l’Italie, réformer l’Europe", qui sera bientôt publié, selon le quotidien "La Croix". L’objectif de ce programme « adressé à toutes les forces politiques » serait de « ne pas détruire ce qui a été fait grâce aux sacrifices de tous les Italiens cette année », de « ne pas se soustraire aux règles européennes », mais de « trouver la capacité de négocier ».

Un candidat qui n’en est pas un

Son statut de "sénateur à vie" l’empêche de se présenter personnellement à l’élection présidentielle, cependant, ce dernier a indiqué lors d’un entretien télévisé sur RAI 3, le 23, que si « un mouvement suffisamment ample et crédible » soutenait sa candidature, il pourrait alors l’accepter. Mario Monti s’est alors dit disponible à « assumer (...) les responsabilités qui (lui) seraient confiées par le Parlement », soit un nouveau mandat de président du Conseil. Ce dernier est prêt à "guider" une coalition de forces "réformatrices", si les partis en présence suivaient son programme, appelé "Agenda Monti".
L’ancien président a expliqué qu’« une opposition classique droite-gauche n’est plus appropriée à la situation en Italie », il a par ailleurs dit espérer que le prochain gouvernement jouirait d’une large majorité parlementaire, a noté l’Agence France Presse. Lors de sa conférence de presse, le 24, Mario Monti a attaqué Silvio Berlusconi suite à ses critiques vis-à-vis de son bilan, pour ensuite lui proposer d’être candidat auprès de sa formation politique. Mario Monti a indiqué ne pas comprendre le « cadre de compréhension mentale » du Cavaliere.

Céline Tabou


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