Monde

Montée de la tension en Crimée

Après la nomination d’un nouveau gouvernement en Ukraine, référendum le 25 mai dans la province du Sud

Céline Tabou / 1er mars 2014

Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, est apparu jeudi 28 février en Russie, où il a tenu une conférence de presse au moment où les tensions séparatistes s’intensifient en Crimée.

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Des inconnus montent la garde à l’aéroport de Simféropol. (photo CBC)

Depuis sa destitution samedi 22 février par le Parlement, Viktor Ianoukovitch, est recherché en Ukraine pour « meurtres de masse » après la mort de 82 personnes à Kiev. Ce dernier, séjournant en Russie, a demandé et obtenu la protection des autorités face aux « extrémistes ». L’ex président a affirmé lors de sa conférence de presse, à Rostov-sur-le-Don, ville russe proche de la frontière avec l’Ukraine, à environ 200 kilomètres de son fief de Donetsk : « Je me considère toujours comme le chef légitime de l’Etat ukrainien ».

Prise de pouvoir en Crimée

Dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs dizaines d’hommes armés ont pénétré dans l’aéroport de Simferopol, capitale de la Crimée, selon l’agence Interfax-Ukraine cité par l’Agence France Presse. Simferopol, capitale de la Crimée, région majoritairement russophone et rattachée depuis 1954 à l’Ukraine. Le second aéroport international Belbek, à côté de Sébastopol a lui aussi était investi par des hommes armés, qui ont laissé les deux aéroports ouverts aux vols civils.

Cependant, l’aéroport de Belbek accueille des vols militaires et abrite la 204ème brigade d’aviation tactique de l’Armée de l’air ukrainienne. Selon l’agence Interfax-Ukraine, des militaires russes occupent cet aéroport et seraient là pour empêcher le décollage des chasseurs MIG 29 ukrainiens.

Le ministre ukrainien de l’Intérieur par intérim, Arsen Avakov a précisé qu’il n’y a eu ni violences, ni heurts lorsque les hommes des forces navales russes. « Je considère que ce qui s’est passé est une occupation armée et une occupation en violation des accords et des règlements internationaux », a indiqué su les réseaux sociaux, Arsen Avakov. Ce dernier a qualifié « ces occupations de provocations et a appelé à des négociations ».

De nombreux défis

Le drapeau russe a été hissé sur le toit du Parlement local de Crimée, contrôlé depuis jeudi matin par plusieurs dizaines d’hommes armés pro-russes. Ces derniers ont limogé le gouvernement local et voté la tenue le 25 mai d’un référendum pour plus d’autonomie. Des centaines de militants ont scandé ce vendredi « Russie, Russie ! », devant le Parlement.

En parallèle de ce rapport de force, le président russe, Vladimir Poutine a ordonné à son gouvernement la suite des échanges avec l’Ukraine sur les dossiers économiques et commerciaux. Dans un communiqué de presse, publié sur le site du Kremlin, Vladimir Poutine a précisé qu’il allait prendre contact avec ses partenaires étrangers, FMI et G8, vis-à-vis d’une aide financière. Ajoutant que son gouvernement étudie une demande d’aide humanitaire émise par la république autonome de Crimée.

En réaction aux évènements, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a qualifié de « dangereuse et irresponsable » la prise du Parlement de Crimée. Ce dernier s’est dit « extrêmement inquiet des évolutions les plus récentes en Crimée », demandé à la Russie d’éviter « toute action pouvant provoquer une escalade » de la violence en Ukraine.

Pendant ce temps, le nouveau gouvernement a été adoubé par le Parlement. Le pro-européen Arseni Iatseniouk a été désigné à l’unanimité jeudi 27 comme Premier ministre du gouvernement de transition. Cet ancien ministre de l’Economie et des Affaires étrangères va diriger le gouvernement d’union nationale jusqu’à l’élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai. Il a d’ailleurs déjà annoncé qu’il serait candidat. En plus de la tension en Crimée, le pays à de nombreux défis économiques à relever et notamment une dette publique de 75 milliards de dollars.

 Céline Tabou  


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