Monde

Moore ravagée par une tornade

Phénomène climatique extrême

Céline Tabou / 23 mai 2013

Une tornade, avec des vents allant jusqu’à un record de 300 km/heure, a détruit une bonne partie de la banlieue d’Oklahoma City, à Moore, dans le Sud des États-Unis. Faisant plusieurs dizaines de morts, la catastrophe a dévasté des écoles et des centaines de maisons.

Les secouristes continuent de rechercher d’éventuels survivants dans les décombres de la ville et une aide fédérale maximale est annoncée par la Président Barack Obama. Selon un bilan provisoire, la tornade aurait fait 24 morts, dont 9 enfants. Le 22 mai, les secours ont annoncé : «  Nous allons continuer à chercher jusqu’à ce que nous ayons tout le monde », a assuré l’un des responsables de l’agence américaine de gestion des crises (la Fema). Près de 237 blessés ont finalement été recensés.

« C’est une question de coût »

Classée force 4 sur 5 sur l’échelle de Fujita, la tornade a dévasté une zone très peuplée et mal préparée au phénomène naturel extrême. En dépit de la prévention quelques heures plus tôt, la tornade a dévasté deux écoles, où des centaines d’enfants étaient présentes.

A l’école Plaza Towers de Moore, sept enfants sont morts noyés. « C’est une question de coût », a avoué à “Libération” Glenn Lewis, maire de la ville de Moore, où de nombreux établissements scolaires de l’État d’Oklahoma sont souvent frappés par des tornades. En effet, les établissements ne possèdent pas d’abris.

Face aux dégâts, le président américain a indiqué que « là où nous avions jadis des salons, des chambres, des classes d’école, ce sont maintenant des espaces vides, que nous devrons à nouveau remplir d’amour, de rires et de communauté » . D’autant que la tornade a réduit des quartiers entiers de Moore, projetant des voitures à travers des façades et détruisant les maisons.

Le maire de la ville de Moore, Glenn Lewis, a déclaré dans la presse que cette tornade était la « mère de toutes les tempêtes », qui devrait causer plus d’un milliard de dollars aux compagnies d’assurance.

De son côté, Barack Obama a promis, depuis la Maison-Blanche le 21 mai, une aide fédérale, indiquant que «  les habitants de Moore doivent savoir que leur pays restera mobilisé à leurs côtés aussi longtemps que nécessaire pour reconstruire leurs maisons et leurs écoles, pour rouvrir les entreprises et les hôpitaux, pour consoler les parents et ces enfants traumatisés qui auront besoin de notre amour et de notre attention » .

Adapter le territoire

Barack Obama a signé la déclaration de catastrophe naturelle pour l’État de l’Oklahoma, permettant à l’État d’obtenir cette aide fédérale maximale, que ce soit sur le plan financier ou logistique.

La ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a de son côté été sur place, afin de visiter l’un des refuges ouverts et accueillant les personnes qui ont perdu leur habitation.

Les plaines de l’Oklahoma sont chaque année touchées par des tornades, mais il est rare que les zones habitées soient concernées, comme lundi. La ville de Moore avait déjà été partiellement détruite par une tornade en mai 1999, qui avait fait 41 morts. Avec 1.200 tornades en moyenne par an, les États-Unis sont le pays le plus touché par ce phénomène météorologique. Il y a quelques jours, une dizaine de ces tempêtes s’étaient abattues sur le Texas, faisant au moins six morts et blessant des dizaines de personnes.

Les services météo ont précisé que le phénomène avait duré une quarantaine de minutes et que les habitants avaient été alertés « 16 minutes » avant que la tornade ne se forme. Le pays prend conscience, avec cette catastrophe, que des politiques d’adaptation et d’aménagement du territoire pourraient éviter de tels drames. Après les pluies diluviennes de New York, le gouvernement s’était penché sur des moyens possibles pour éviter des pertes humaines et des dégâts matériels importants. Mais aucune législation n’a été votée pour faire face aux changements climatiques et notamment aux impacts des catastrophes naturelles sur la population.

Céline Tabou


Kanalreunion.com