Monde

"Mouvement du 26 juillet", de la lutte armée à la libération des biens

Fête nationale cubaine

Céline Tabou / 27 juillet 2011

Hier, Cuba a célébré le "Mouvement du 26 juillet" (M-26-7 ou M-26), créé à l’été 1953 par Fidel Castro pour regrouper les survivants après l’échec sanglant de l’attaque de la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba le 26 juillet 1953.

Afin de renverser le dictateur Batista, le jeune Fidel Castro, alors âgé de 25 ans lance une attaque le 26 juillet 1953, à la caserne de Moncada, à Santiago-de-Cuba. Arrêté, il est condamné à 15 ans de prison. Cependant, Fidel Castro sera libéré en 1955, après 18 mois de prison.

Décidé à rechercher un nouveau souffle, il se réfugie au Mexique où il fonde le "Mouvement du 26 juillet", parti politique armé à tendance marxiste-léniniste/anti-impérialiste et nationaliste. Après le retour de Castro à Cuba sur le Granma et sa prise de pouvoir, le 26 juillet devient une fête nationale à Cuba. Aujourd’hui, les choses sont bien différentes, le gouvernement n’appelle plus à la lutte armée mais au « combat pour l’efficacité économique », par la voix de José Ramón Machado Ventura, numéro deux du gouvernement cubain.

Sur la voie des réformes économiques

Quelques mois après la succession de Fidel Castro par son frère Raul, les autorités cubaines ont lancé au printemps une série de réformes économiques destinées à éviter la faillite. Afin de réduire les dépenses et dynamiser l’économie du pays, le gouvernement a décidé de s’appuyer sur le secteur privé. Près de 178 métiers ont été autorisés et de nombreux restaurants privés ont ouvert leur porte. Les réparateurs de vélos, les vendeurs de DVD, de souliers et de vêtements se sont multipliés en un an.

Afin de développer au mieux son économie, Fidel Castro, suivi par son frère Raul Castro, a lancé une réforme agraire, autorisant les agriculteurs qui peuvent exploiter des terres, octroyées par l’État. Le but est de réduire les importations d’aliments de base et de valoriser la production locale.
Globalement ce sont 313 réformes économiques et sociales adoptées en avril par le 6ème congrès du Parti communiste cubain. Parmi ces mesures, la facilité pour les Cubains de se rendre à l’étranger et la possibilité à terme d’acheter et de vendre maisons et voitures.

S’appuyer sur le secteur privé

Dans un discours de célébration, José Ramón Machado Ventura a affirmé, selon l’Agence France Presse, que la bureaucratie, l’inertie et les préjugés contre le secteur privé freinaient les réformes économiques à Cuba qui se poursuivront « lentement, mais sûrement. Ce qui a été réalisé aujourd’hui est encore loin des potentialités », a-t-il indiqué à Ciego de Avila, grande ville agricole et industrielle du centre de l’île.

Devant le président Raul Castro, le n°2 du gouvernement a assuré qu’il fallait « lutter contre l’indiscipline sociale et dans le travail, les défaillances comptables, le gaspillage des ressources, les attitudes bureaucratiques de routine et d’indolence, et contre des procédures absurdes qui n’ont rien à voir avec le socialisme ».

Développement des NTIC

Quelques semaines après l’annonce du gouvernement de la possibilité pour les entreprises privées de s’ouvrir librement, des magasins de téléphonie, internet et high-tech ont ouvert en masse dans la capitale de l’île.
Le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile a enregistré une hausse de 39% en 2010, à plus d’un million, soit cinq fois plus qu’en 2008, lorsque les portables ont été autorisés par l’État, selon les chiffres publiés par l’Office national des statistiques (ONE). De même, fin 2010, le nombre d’abonnés au téléphone portable s’élevait à 1,003 million, contre 621.000 un an plus tôt, pour 11,2 millions d’habitants, a révélé l’AFP.

Les Cubains ont été autorisés en mars 2008 à souscrire un abonnement à un service de téléphonie mobile et à l’achat d’ordinateurs, faisant exploser les chiffres d’abonnement et d’achat de téléphone portable. De même, le nombre d’ordinateurs a atteint 724.000 à la fin 2010 contre 700.000 un an plus tôt, toujours selon les chiffres publiés par l’ONE. Toutefois, les principaux ordinateurs se trouvent dans des écoles, à l’université ou dans des centres sociaux. Cependant, aucun accès privé à Internet n’est disponible de manière commerciale à Cuba où Internet est réservé à un « usage social ».

C.T.


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