Monde

Nelson Mandela : Sud Africains chantent et prient pour lui

Le combattant de la réconciliation dans un état très préoccupant

Céline Tabou / 27 juin 2013

Devant la clinique de Pretoria, des milliers de sud-africains se relaient pour prier pour le père de la Nation sud-africaine, Nelson Mandela. Egalement venu pour lui dire Au revoir, de nombreuses personnes ont conscience de son état de santé.

Les sud-africains chantent et prient pour lui, « Je viens de terminer mon jogging matinal et je suis venu présenter mes respects au plus grand homme du monde. Je ne m’attendais pas à cela » , a expliqué un homme à l’Agence France presse.

De nombreux témoignages

« Nous allons accepter. Au lieu de pleurer, nous allons célébrer l’héritage que nous laisse ce vieil homme. Nous devons le célébrer. Il est notre icône, notre héros » , a indiqué un Sud-africain. Pour l’heure, sa famille se dispute sur le lieu de son inhumation, certains de ses proches plaident pour le village de Mvezo, où le prix de Nobel de la Paix est né. Alors que Nelson Mandela a souhaité être enterré dans le village de Qunu, au Sud du pays, là où il dit avoir passé les plus belles années de son enfance.

Interrogée par l’AFP, Annerine, issue de la communauté afrikaner blanche, a expliqué « quand il a pris le pouvoir, nous avons juste connu la paix. Je suis triste, c’était un grand leader pour notre pays » . De son côté, Puluso, étudiant de 19 ans, a précisé : « On se sent très tristes, c’est notre père. On ne veut pas qu’il souffre comme ça » .

« We love u Tata » (On t’aime papa) est le maitre mot des sud-africains. « La vie continue, mais dans nos cœurs nous sommes assez tristes. On dit que, dans son village, ils préparent la tombe, donc on a compris que c’était maintenant très, très grave », a déclaré Tshepo, un père de 38 ans venu avec ses deux garçons. De son côté, un homme a expliqué : « on sait qu’il est vieux, mais les Sud-Africains tiennent beaucoup à ce qu’il a apporté au pays. Le perdre maintenant, ce sera très triste, surtout dans la période politique actuelle » .

En hommage au Père de la Nation

Après avoir quitté le pouvoir en 1999, Nelson Mandela est resté un symbole pour avoir évité une guerre civile et avoir réalisé « le miracle de la réconciliation » , a expliqué Maria Malagardis, journaliste à Libération. Malgré les déceptions de la population vis-à-vis de l’ANC et des critiques formulées par Nelson Mandela lui-même, l’homme est une icône nationale pour les jeunes.

Dans un contexte politique tendu, Nelson Mandela est « le dernier grand leader charismatique du monde contemporain » , pour avoir participé à l’abolition d’un « système raciste inégalitaire à une société, certes encore divisée et inégalitaire, mais qui est aussi l’une des plus démocratiques du monde » , a expliqué la journaliste. .

Interrogé par l’AFP, le porte-parole de la présidence Mac Maharaj, a indiqué à 14h30 (heure de Paris), les récentes nouvelles des médecins, sans donner de détails. Des médias locaux ont indiqué que Nelson Mandela ne pouvait plus respirer sans assistance, cependant cette information n’a pas pu être confirmée par l’AFP, et qualifié de « rumeur » par Mac Maharaj. Pour l’heure, le monde attend des nouvelles des médecins et s’apprêtent au décès d’un grand homme.

Céline Tabou

Nelson Mandela : « Personne ne sera exclu »

Le 13 février 1990, deux jours après sa libération, Nelson Mandela s’adressait à 120.000 personnes rassemblées dans le stade de Soccer City à Soweto. Tout en rappelant qu’il n’a fait aucune concession pour sa libération, puisqu’il appelait à la poursuite de la lutte armée, Nelson Mandela lançait aussi tout de suite la réconciliation. Voici quelques points de son discours.

« La lutte armée doit se poursuivre aussi longtemps que le système d’apartheid reste en place et notre combat doit être intensifié sur tous les fronts. Mais l’intolérable violence au sein de la communauté noire elle-même doit cesser. J’appelle tous les habitants de la province du Natal, de quelque bord qu’ils soient, à s’unir. »

« J’en appelle à tous pour qu’il soit mis fin à la violence absurde et je condamne aussi les actes de violence commis par certains secteurs des forces de l’ordre contre des manifestants pacifiques. J’invite la police à renoncer à l’apartheid et à se joindre à notre marche vers une Afrique du Sud nouvelle où vous pourrez servir le peuple ».

« L’apartheid a freiné la croissance économique et conduit à une inflation qui mine le pouvoir financier des Noirs comme des Blancs. Seule une démocratie de participation peut y mettre fin. J’appelle tous les travailleurs, noirs et blancs, à rejoindre les rangs du Cosatu (Congrès des syndicats d’Afrique du Sud, majoritairement noir). »

« J’appelle tous ceux qui ont collaboré avec le système d’apartheid à rejoindre nos rangs. Personne ne sera exclu de notre mouvement à condition qu’il renonce à l’apartheid et qu’il accepte d’œuvrer avec nous en faveur d’une Afrique du Sud démocratique fondée sur le principe d’une personne, une voix dans un système unifié de suffrage universel. »

« L’ANC et moi-même sommes opposés à toute domination noire, de même que nous avons toujours été opposés à la domination blanche. Mais nous devons clairement faire preuve, vis-àvis de cette communauté blanche, de notre bonne foi ».
Réunion de famille au village de Mandela

Selon le "Mail & Guardian", des membres de la famille de Nelson Mandela se sont réunis hier dans son village natal. Plusieurs voitures ont été signalées près du tombeau de la famille Mandela, qui est situé près de la maison de l’ancien président de l’ANC, dans le village de Qunu, dans la province du Cap oriental.

Winnie Madikizela-Mandela, son ancienne femme, Lindiwe Sisulu, ministre des Services publics et de l’Administration, et Bantu Holimisa, un dirigeant du parti d’opposition Mouvement unité démocratique, sont arrivés au village pour une conférence de famille, a dit le journal.

C’est dans le village de Qunu que réside la majeure partie de la famille de l’ancien dirigeant de l’ANC, aujourd’hui gravement malade.

« Nous continuons à souhaiter le bon rétablissement au père de notre nation. Nous sommes conscients que les médecins disent qu’il est dans un état critique » , a dit la ministre des Affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane, « il serait très déçu s’il entendait que al vie s’est arrêtée en Afrique du Sud parce qu’il est malade » , a ajouté la ministre.


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