Monde

Pékin n’ira pas à Tokyo

Tension en Asie

Témoignages.re / 12 octobre 2012

Le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, était absent du sommet du Fonds monétaire international et des banques centrales à Tokyo. Éclairage.

La Banque centrale chinoise devait représenter Pékin au FMI et non le ministre des Finances, Xie Xuren, qui a annoncé son désistement. Selon l’agence de presse Xinhua News, les dirigeants des quatre plus grandes banques à capitaux publics chinoises ont également décidé de ne pas se rendre au Japon.
Sur le web chinois, le boycott de sommet est partagé selon Radio France Internationale (RFI). D’un côté, certains internautes saluent le gouvernement qui montre « sa fermeté à propos de nos îles ». Pour d’autres, « c’est contreproductif ! La Chine doit au contraire jouer un rôle plus important dans la finance internationale afin de faire pression sur les nains de Japonais ».

Version officielle

Selon le porte-parole du Fonds monétaire international, l’absence de la banque centrale chinoise est un « problème d’agenda ». « Il y a deux jours, nous avons été informés que l’agenda du gouverneur Zhou Xiaochuan pourrait l’empêcher de tenir un discours à Tokyo » prévu dimanche 14 octobre, a expliqué à l’Agence France Presse un porte-parole du FMI. « Il vient de nous être confirmé que son adjoint, Yi Gang, le représenterait ». Ce dernier sera accompagné de Guang Yao, vice-ministre chinois des Finances. Zhou Xiaochuan devait clôturer l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, à Tokyo. Mais selon une source officielle chinoise à Tokyo citée par l’agence de presse japonaise Kyodo, le ministre chinois des Finances, Xie Xuren, a également annulé sa venue.
Ces nouveaux désistements arrivent après l’annulation de la participation des quatre grandes banques nationales chinoises, la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), la Banque de Chine, la Banque de construction et la Banque agricole de Chine, la semaine dernière. Cette sous-représentation de Pékin discrédite le plus grand rassemblement de la finance, en dépit des nombreux appels lancés par la directrice du FMI, Christine Lagarde. Cette dernière a appelé à se concentrer sur la croissance économique mondiale plutôt que sur les différents territoriaux lancés.
De son côté, le porte-parole du gouvernement japonais, Osamu Fujimura, a exprimé le 10 octobre, la « déception » du Japon. « La réunion de Tokyo est importante. Nous regretterions vraiment beaucoup si les autorités (chinoises) n’y participent pas. (…) Étant donné l’importance des échanges économiques entre la Chine et le Japon, notre pays va continuer à essayer de communiquer avec la Chine », a-t-il poursuivi à l’AFP.

Version faussement officieuse

Selon des analystes cités par “Le Quotidien du peuple”, l’absence de représentants chinois à Tokyo, « résulte de la dégradation des relations bilatérales entre la Chine et le Japon depuis l’annonce par le gouvernement japonais de son intention d’"acheter" les îles Diaoyu le 10 septembre ». La transaction a été officialisée le 11 septembre, à cette date, le gouvernement japonais a expliqué qu’il souhaitait mieux contrôler cet archipel et empêcher l’utilisation de ces îles par des nationalistes japonais. Mais la Chine a dénoncé une violation de sa souveraineté sur ces îles proches de Taiwan.
La tension entre le Japon et la Chine est à son comble depuis plusieurs semaines. D’imposantes manifestations antijaponaises, parfois violentes, ont eu lieu à la mi-septembre dans des dizaines de villes en Chine. Le conflit territorial a d’ailleurs entraîné des conséquences économiques entre les deux pays.
Le volume du commerce bilatéral a été réduit, bien que celui-ci ait atteint l’an dernier, un record de 342,9 milliards de dollars. Des colloques universitaires et des échanges culturels ont été annulés, et les compagnies aériennes ont également annulé des vols en raison du faible taux d’occupation des sièges. De plus, les ventes des entreprises japonaises ont considérablement diminué et les autorités chinoises ont renforcé leurs contrôles sur les importations nippones.

 Céline Tabou


Kanalreunion.com