Monde

Plus d’optimisme que l’an dernier

Conclusion du Forum économique mondial

Céline Tabou / 28 janvier 2013

La 43ème réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, s’est clôturée sur un peu plus d’optimisme qu’à son ouverture, le 26 janvier. Un an après les vives inquiétudes sur l’avenir de la zone euro, les responsables économiques, politiques et associatifs se sont rassurés.

Le patron de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, est venu rassurer les participants, affirmant qu’une reprise était attendue pour le second semestre en Europe. De son côté, le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne en vue des prochaines élections. Cependant, ce dernier a assuré aux grands patrons réunis dans la petite station de ski des Alpes suisses que la situation économique et financière de son pays allait se stabiliser.

« Moins pires » qu’en 2012

L’an dernier, le Forum était marqué par les fortes interrogations sur la survie de la zone euro, les conséquences d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise et les chances de reprise durable de l’économie américaine. Craignant une crise mondiale, les participants sont aujourd’hui quelque peu rassurés et ont tendance à annoncer une future sortie de crise. Cependant, cet optimisme n’est pas béat . « L’atmosphère de crise est terminée, mais ce n’est pas une raison de reprendre ses vieilles habitudes », ont fait comprendre les décideurs économiques.

Pour la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, les gouvernements ne doivent pas se laisser aller. La reprise économique est « fragile et timide », d’après les prévisions du FMI. Celles-ci dépendent « de bonnes décisions prises par les dirigeants de grosses économies d’Europe, des États-Unis et du Japon », a prévenu Christine Lagarde.

Face à cette bonhomie économique, certains tentent de convaincre les gouvernements de ne pas mettre en place de mesures destinées à améliorer la croissance et réduire la dette, imposées par plusieurs institutions, dont le FMI. Selon le Fonds, l’économie mondiale devrait augmenter d’environ 3,5% contre 3,2% prévu. Cette estimation reste inégale, car la zone euro et le Japon devraient être en récession tandis que l’économie américaine est en croissance, et les économies émergentes se développent beaucoup plus rapidement.

La performance du continent africain

5% de croissance moyenne en 2011 et 2012 pour le continent africain. Le Forum économique mondial accorde de plus en plus de temps et de place aux dirigeants africains. Cette performance économique a permis une meilleure écoute des dirigeants africains, comme Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud, Goodluck Ebele Jonathan, Président du Nigéria, ou Paul Kagamé, celui du Rwanda, dont les interventions ont été suivies avec attention.

Les représentants de l’Afrique ont donné le ton, souhaitant « faire du business et prévenir l’Occident que le train de la croissance africaine était bien parti et que ceux qui ne monteront pas dedans le regretteront, car il sera alors trop tard », a indiqué le quotidien “La Tribune”.

La hausse démographique du continent ainsi que le potentiel humain font de l’Afrique le marché le plus dynamique en termes de consommation dans les décennies à venir. D’autant que le continent dépassera les 2 milliards d’habitants en 2050 et s’urbanise à toute vitesse, avec tous les équipements collectifs y afférent pour ses villes. Détenant le second taux de croissance le plus rapide du monde, l’Afrique a certes une croissance et un commerce en expansion, mais le développement du continent tarde à venir. En effet, l’absence de politique industrielle et de croissance de l’économie dans certains secteurs clés n’apportent pas d’opportunité d’emplois pour les jeunes. De plus, de grands États africains ont de nombreux défis à relever en termes de gouvernance politique, de réformes des institutions pour progresser vers la démocratie et lutter contre la corruption.

Céline Tabou


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