Monde

Rencontre historique entre Barack Obama et Raul Castro

Cuba et Etats-Unis

Témoignages.re / 13 avril 2015

Raul Castro et Barack Obama se sont entretenus samedi 11 avril, durant une heure, en marge du Sommet des Amériques au Panama. Cette rencontre enterre pour beaucoup d’observateurs la guerre froide instaurée entre les deux pays et engage une nouvelle ère dans les relations bilatérales.

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Cet échange est le premier depuis 1956, il a été qualifié « d’historique » et de “franche” par le président américain. Pour ce dernier, « il est temps de tourner la page », une remarque à laquelle le président cubain a répondu, en assurant qu’il faut se montrer « très patients ».

Une rencontre sereine

« Nous avons réussi à parler honnêtement de nos différences et de nos préoccupations, de telle manière que je pense que nous détenons la possibilité de faire avancer la relation entre nos deux pays dans une direction différente et meilleure », a affirmé Barack Obama, lors de la conférence de presse commune.

Ce dernier a d’ailleurs affirmé qu’ « avec le temps, il est possible pour nous de tourner la page et développer une nouvelle relation entre nos deux pays […] même si nous avons des différences profondes et importantes ». Un point de vue partagé, mais plus raisonnable pour Raul Castro, qui a indiqué que « Nous voulons parler de tout, mais nous devons être patients, très patients. Cela a été une histoire compliquée, celle de nos pays, mais nous sommes disposés à avancer comme le dit » Barack Obama ».

Le président américain a mis l’accent sur les « points de vue différents sur l’organisation de la société et je lui ai dit de façon très directe que nous n’allions pas cesser de parler de sujets tels que la démocratie, la liberté de la presse et la liberté de réunion ». Une position entendue, car « Tout peut se discuter si cela se fait avec beaucoup de respect pour les idées de l’autre », a assuré le chef d’État cubain.

Des points épineux persistent

Plusieurs divergences perdurent entre les deux pays. Notamment la priorité pour Cuba d’être retiré de la liste des pays soutenant le terrorisme, qui reste le principal obstacle à la réouverture d’ambassades. Raul Castro a pressé son homologue à avoir « une décision rapide » à ce sujet. Dans le cas d’une notification du Congrès par l’exécutif, les deux chambres disposent d’un délai de 45 jours pour débattre de cette mesure, mais leur vote n’est pas nécessaire.

D’autres points sensibles restent à régler, tel que l’embargo total sur les transactions économiques et financières avec Cuba, imposé depuis 1962. Raul Castro a réitéré la nécessité de “résoudre” cette question qui pénalise son pays. Barack Obama avait demandé au Congrès, avant le Sommet, de travailler à cette levée. Cependant, le Congrès, détenu par les républicains, risque de faire blocage à cette promesse.

Selon Raul Castro, la normalisation des relations bilatérales devra aussi passer par « une compensation équitable pour notre peuple pour les dégâts humains et économiques subis » à cause de l’embargo, évalués à 116 milliards de dollars par La Havane. Enfin, autre point central pour le dirigeant cubain, la restitution du « territoire occupé illégalement par la base navale de Guantanamo », sans quoi, il n’y aura pas de normalisation des échanges.

S.L.


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