Monde

Rencontre sino-japonaise avant le sommet de l’APEC

Reprise du dialogue au sommet entre Chine et Japon

Céline Tabou / 8 novembre 2014

À quelques jours du sommet des dirigeants des pays d’Asie-Pacifique (APEC), les dirigeants chinois et japonais devraient s’entretenir sur la relance du dialogue politique entre les deux pays, rompu depuis 2012.

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Les ministres ont commencé hier leurs travaux. Les chefs d’État et de gouvernement se réuniront à partir du 10.

Ce sommet de l’APEC intervient au moment où tout converge vers la création d’une zone de libre-échange entre voisins asiatiques et du Pacifique. Le but affiché par Pékin et Moscou est de rompre avec la domination occidentale et développer la coopération régionale.

La crise économique et financière internationale a accentué la volonté des pays émergents d’Asie de créer des instances financières dans la région, pour prévenir tout risque de contagion comme ce fut le cas, en 2009, lors de l’effondrement de la banque américaine, Lehman-Brothers.

Un dialogue rompu depuis trois ans

Durant plusieurs jours, les médias japonais annonçaient la rencontre entre le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président chinois Xi Jinping, la semaine prochaine en marge du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Pékin. Les deux pays sont en froid depuis l’automne 2012, en raison de rivalités territoriales et historiques.

Durant trois ans, aucun sommet bilatéral n’avait été tenu, alors que les deux dirigeants japonais et chinois sont arrivés au pouvoir quasiment au même moment, fin 2012 pour Shinzo Abe et début 2013 pour Xi Jinping. Malgré cette mésentente, le Premier ministre japonais avait souhaité à plusieurs reprises inviter à la table des discussions les autorités chinoises, qui avaient systématiquement refusé.

Le dernier sommet bilatéral date de décembre 2011, lorsque le chef du gouvernement japonais de l’époque, Yoshihiko Noda, avait rencontré le président chinois Hu Jintao. Des discussions moins stratégiques avaient eu lieu en mai 2012, entre Yoshihiko Noda et le Premier ministre chinois Wen Jiabao, à l’occasion d’une rencontre tripartite réunissant Tokyo, Pékin et Séoul. Mais à aucun moment, les deux pays ne se sont rencontré durablement.
Or, la volonté des émergents de régionaliser leurs échanges à obligé Pékin à répondre positivement à la demande de rencontre des autorités japonaises, sans lesquelles une zone de libre-échange ne pourrait avoir lieu dans la région. De même Tokyo ne peut s’isoler de ses voisins, dont le potentiel économique ne fait qu’émerger et pourrait changer l’ordre mondial d’ici quelques années seulement.

Relancer la coopération par le dialogue politique

Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé vendredi 7 novembre, que « la Chine et le Japon ont acté vendredi leurs divergences territoriales et décidé la mise en œuvre d’un mécanisme de gestion des crises censé éviter toute escalade ». Cette annonce survient après la rencontre à Pékin entre le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jiechi, et le conseiller à la sécurité nationale du Japon, Shotaro Yachi, qui ont débattu de la situation sur les îles Diaoyou/Senkaku, chapelet d’îlots inhabités de mer de Chine orientale, revendiqué par les deux pays.

Le ministère a indiqué qu’un dialogue politique, diplomatique et sécuritaire allait reprendre à travers « des canaux multilatéraux mais aussi bilatéraux ». Cette déclaration confirme la rencontre prochaine entre Xi Jinping et Shinzo Abe. Toutefois, Yang Jiechi a assuré, dans un communiqué, que le gouvernement japonais devait « accepter et prendre en compte des facteurs notamment historiques ».

Shinzo Abe est attendu à Pékin pour le sommet du forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), les 9 et 10 novembre. A cette occasion, ce dernier pourrait rencontrer le président chinois Xi Jinping, ce qui selon l’agence de presse Reuters, « aurait une forte portée symbolique et pourrait signaler un possible réchauffement des relations entre les deux pays ».

Mais aussi un signe d’entente entre les deux puissances pour consolider la coopération économique et financière, qui a aboutit à la création d’un fonds de développement lors du sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai.


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