Monde

Renforcement du réseau des femmes en politique

Commission de l’océan Indien

Témoignages.re / 3 novembre 2012

La COI consolide le réseau des Femmes en politique de l’océan Indien (FPOI) pour en faire des actrices majeures du changement. C’est une décision prise au terme d’une réunion tenue lundi et mardi aux Seychelles.

La Commission de l’océan Indien a décidé d’améliorer le volet communication et le fonctionnement des plateformes nationales, afin de renforcer l’efficacité du réseau des Femmes en politique de l’océan Indien.

Au niveau de la communication, une attention particulière sera portée à la mise en réseau des plateformes nationales, avec les médias, la société civile et le Secrétariat général de la COI.

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L’organisation des plateformes nationales sera quant à elle mieux définie, avec une composition élargie, représentant l’ensemble de la société, un secrétariat commun dans chaque Etat membre, des statuts et des procédures harmonisés, et un mandat de deux ans renouvelable une seule fois pour les présidentes nationales.

La tenue de la rencontre régionale aux Seychelles les 29 et 30 octobre 2012 est particulièrement symbolique, ce pays étant une référence en matière d’égalité des sexes, de parité, d’émancipation et d’autonomisation des femmes.

Au sein même de la région océan Indien, les Seychelles se distinguent par la présence et la participation de nombreuses Seychelloises dans les instances politiques : 3 ministres sur 11, 7 secrétaires généraux sur 15, 4 ambassadeurs, le gouverneur de la Banque centrale, la maire de Victoria et 14 membres de l’Assemblée nationale sur 30 sont des femmes. A titre de comparaison, la présence féminine à l’Assemblée nationale est de 18,8% à Maurice, 3% aux Comores et 3,75% à Madagascar.

La promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes fait partie des Objectifs du Millénaire pour le Développement. A trois années de l’échéance de ceux-ci, la Commission de l’océan Indien entend donc participer activement à la réduction des disparités existantes au sein des pays membres.

La rencontre était organisée dans le cadre du deuxième axe « amélioration de la participation des femmes dans les instances de décision » de la politique et de la stratégie régionale Genre. Le Secrétaire général de la COI Jean-Claude de l’Estrac a assuré lors de cette réunion qu’il poursuivrait son action de mobilisation de ressources humaines et financières pour mettre en œuvre cette stratégie.

Les participantes ont d’ores et déjà convenu d’un plan d’actions pour 2013 articulé principalement autour de la mobilisation des ressources financières, de la communication, du renforcement des capacités et de la prévention et de la résolution des conflits.

L’accès des femmes en politique doit passer par l’éducation, la santé et la sécurité

La cérémonie officielle d’ouverture de cette troisième rencontre régionale s’est tenue le dimanche 28 octobre en présence de M. Jean-Paul Adam, Ministre des Affaires étrangères seychelloises et Président de la Commission de l’océan Indien (COI), et de M. Jean-Claude de l’Estrac, Secrétaire général de la COI.

Tous deux ont mis en exergue le chemin parcouru par la plateforme régionale FPOI.

M. Jean-Paul Adam a tenu à saluer la mobilisation de la présidente de cette plateforme régionale, Mme Nassimah Dindar « (...) pour les actes prometteurs qu’elle a déjà posés. En effet, tous les 5 pays ont déjà mis en place leur plateforme nationale. Ce qui constitue déjà un grand pas ».

Après avoir félicité les Seychelles pour l’exemplarité de leur nation en matière de participation des femmes à la vie politique, Mme Nassimah Dindar a pour sa part insisté sur l’ampleur du défi que les femmes de la région océan Indien se devaient de relever. Considérant qu’une femme ne peut s’engager politiquement si elle n’a pas accès à des fondamentaux tels que l’éducation, la santé et la sécurité, elle a appelé ses collègues des îles sœurs à œuvrer également en faveur de la réduction préalable de ses inégalités. « C’est seulement quand ces trois piliers sont réunis — éducation, santé et sécurité — qu’un individu peut être debout et oser s’engager ». Pour la présidente, « tout est nécessairement imbriqué ! ». Aussi a-t-elle plaidé auprès du secrétaire général de la COI pour que le cloisonnement par axes de la mobilisation des femmes pour l’égalité des genres soit enfin dépassé : « Ne nous trompons pas ! Pour relever le défi d’un changement radical des mentalités, notre plateforme politique doit s’associer au monde économique et à la société civique ! ». Ce plaidoyer a également été porté au sommet de l’Etat seychellois, lors de la rencontre de la présidente régionale et des présidentes nationales FPOI avec James Michel, Président de la République des Seychelles.

L es deux jours de travaux qui ont suivi ont été intenses, riches et passionnés . Le partage des expériences nationales a permis de déboucher sur une harmonisation des pratiques en vue d’ une plus grande visibilité et efficacité du réseau des Femmes en politique dans l’océan Indien. Les femmes ont également convenu d’un plan d’actions régional, faisant la part belle au renforcement des capacités au travers d’actions de communication et de formation à mettre en œuvre dans chacun des pays pour favoriser l’émergence de femmes leaders. Le secrétariat général de la COI s’est engagé à poursuivre aux côtés des femmes son action de mobilisation des ressources.


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