Monde

Renforçons la lutte pour l’apprentissage de l’égalité des cultures

Après le drame qui a frappé la Norvège

Manuel Marchal / 25 juillet 2011

Vendredi dernier, un double attentat a provoqué la mort d’au moins 92 personnes en Norvège. Un suspect a avoué être le responsable de ces crimes. Membre d’un parti populiste, il est décrit comme un sectaire.

Avec un taux de chômage proche de 2% et un PIB par habitant de 62.000 dollars, la Norvège n’est pas un pays qui subit la crise aussi fortement que d’autres États en Europe. Enfin, c’est aussi un pays où les revenus de tous les citoyens peuvent être consultés depuis Internet, et où les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres sont bien moins grandes qu’en France et à La Réunion.
Malgré tous ces facteurs de cohésion, ce qui est considéré comme l’extrême droite en Norvège a réussi à entrer au Parlement et à constituer la deuxième force politique du pays. Elle construit son socle électoral sur la peur de la différence. Car en quelques décennies, la Norvège est devenue un pays d’immigration. Elle a toujours massivement recours à l’immigration pour faire face aux besoins en main-d’œuvre, ce qui explique que 20% de sa population ne soit pas née en Norvège. Un parti populiste s’est appuyé sur cette méconnaissance de l’autre, et il comportait en son sein la personne qui s’est accusée du double attentat de vendredi.
L’idéologie de ce type d’organisation, c’est de prôner la division et le sectarisme. En tant de crise, les tensions augmentent à l’intérieur des sociétés, et elles peuvent parfois déboucher sur des affrontements violents sur la base des différences.
Dans sa courte Histoire, La Réunion a réussi à trouver un moyen de fédérer les descendants de représentants de plusieurs bassins de civilisation. Nous venons de Madagascar, des Comores, du continent africain, d’Inde, de Chine ou d’Europe, mais nous sommes tous Réunionnais. La conséquence, c’est une société marquée par l’intraculturalité. Tout apport d’une civilisation devient une part commune à la culture des Réunionnais. Voilà où nous en sommes arrivés en trois siècles, malgré la pression d’une société dominée d’abord par l’esclavagisme, puis par le régime colonial, c’est-à-dire deux systèmes qui reposent sur le racisme, un état extrême de la négation de notre société réunionnaise actuelle.
À l’heure où le monde est traversé par des conflits interculturels, le peuple réunionnais est l’illustration vivante de l’alternative à ces déchirements. C’est un des aspects que souhaite valoriser la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Alors, plus que jamais, renforçons la lutte pour l’apprentissage de l’égalité des cultures, c’est un moyen de faire reculer toutes les dérives sectaires qui peuvent aboutir au drame que vit la Norvège depuis vendredi.

M.M.


Le danger du sectarisme

En France, les quatre dernières années ont montré l’incapacité du gouvernement à se placer dans la dynamique d’un monde en mouvement. Pour couvrir cette incapacité, l’UMP n’a pas hésité à désigner des boucs émissaires à la population. Depuis l’an dernier, les victimes se succèdent.
Cela a consisté à cibler la différence culturelle : les immigrants ou les citoyens déclarant une religion autre que chrétienne. L’UMP est même allé jusqu’à imaginer la possibilité de retirer la nationalité française à une catégorie de la population ciblée selon des critères d’arrivée dans le territoire de la République. Tout cela a été jusqu’à l’organisation d’un débat sur la laïcité, un prête-nom pour un débat sur l’islam qui ne disait pas son nom.
La division, c’est également ce qui a été mis en avant par l’UMP lorsque ce parti a lancé l’offensive contre les retraites. Il a cherché à opposer fonctionnaires et travailleurs du secteur privé.
Le drame qui vient de se passer en Norvège rappelle qu’il est très dangereux de stigmatiser une partie de la population.


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