Monde

Retrait des troupes russes en Ukraine

Rencontre cette semaine à Milan entre présidents russe et ukrainien

Céline Tabou / 13 octobre 2014

Le président Vladimir Poutine a ordonné samedi 11 octobre, le retrait des troupes russes stationnées à la frontière avec l’Ukraine. Cette annonce survient après la décision de pourparlers sur le fragile cessez-le-feu dans l’Est de ce pays.

« Le chef de l’État a chargé le ministre de la Défense de commencer à faire revenir les troupes vers leurs bases permanentes », a annoncé le Kremlin dans un communiqué de presse. Le contingent comprend près de 17.600 soldats impliqués dans des manœuvres depuis l’été dans la région de Rostov, dans le sud de la Russie.
Le ministre de la Défense, Sergueï Shoigu a reçu l’ordre présidentiel après avoir indiqué que « l’entraînement d’été sur les champs de tir du district militaire Sud est terminé ». Le retrait se fait après les sanctions économiques qualifiées de « sans précédent » contre la Russie par les Occidentaux et Kiev. Ces derniers accusent Moscou d’avoir armé les rebelles pro-russes dans l’est de l’Ukraine et d’avoir déployé en août des troupes régulières pour les soutenir.

Rencontre prévue à Milan

Quelques heures après la décision de Vladimir Poutine, le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé une rencontre prévue avec son homologue russe, le 17 octobre à Milan. À cette occasion, les deux hommes devraient échanger sur le conflit armé dans l’est de l’Ukraine et la question gazière entre Kiev et Moscou.
« A Milan, je vais rencontrer le président de la Fédération de Russie Vladimir Vladimirovitch Poutine », a déclaré M. Porochenko lors d’un déplacement à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. Cette déclaration confirme la proposition du Kremlin d’un échange entre les deux hommes, lors de la rencontre du sommet ASEM (Dialogue Asie-Europe) qui réunira des dirigeants de l’Union européenne et plusieurs pays asiatiques, les 16 et 17 octobre.

Vladimir Poutine sera face à Petro Porochenko, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel, les Premiers ministres italien Matteo Renzi et britannique David Cameron et des dirigeants de l’Union européenne. « Je ne m’attends pas à des négociations faciles, mais je suis optimiste », a assuré le président ukrainien.

Un conflit armé et économique

Depuis le début du conflit, près de 3.600 personnes ont péri dans le conflit entre l’armée ukrainienne et les séparatistes, selon les Nations Unies. Alors que les Occidentaux, les Américains en tête, accusent la Russie, le président ukrainien a expliqué qu’ « il est difficile d’évaluer le rôle de la Russie dans ce processus ».
Concernant le dossier gazier russo-ukrainien, Petro Porochenko a assuré être « très proches d’un règlement du différend gazier. J’espère que des progrès considérables seront faits ». Les deux pays sont en conflit depuis que Gazprom a augmenté le prix du gaz russe de manière considérable, alors que les pro-occidentaux sont arrivés au pouvoir en Ukraine. Par la suite, la société a mis fin à ses livraisons vers ce pays depuis juin.

De nouvelles négociations sont prévues le 21 octobre à Berlin entre l’Ukraine, la Russie et l’Union européenne. D’ici là, les yeux se tournent vers le projet de protocole relatif aux conditions de la reprise des livraisons de gaz russe à l’Ukraine, daté du 6 octobre. Le protocole s’étend sur une période de six mois, permettant aux pays passer la période automne-hiver et d’assurer la sécurité d’approvisionnement en gaz des consommateurs européens. Selon le ministre russe de l’énergie Alexandre Novak, le projet est examiné par la partie ukrainienne et pourrait être au centre des débats le 21 octobre prochain.


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