Monde

Solidarité aux peuples du Maghreb

Témoignages.re / 10 février 2011

Voici le texte de la Déclaration adoptée par la Commission exécutive confédérale de la CGTR le 7 février 2011.

« Les évènements qui se déroulent en Tunisie et en Égypte sont riches d’enseignements.

Ils témoignent que « la fin de l’histoire » n’est qu’une imposture et que le capitalisme et le néolibéralisme sont de plus en plus rejetés par les peuples.

La crise profonde, grave et durable du capitalisme est totale en ce sens qu’elle touche tous les compartiments de la vie socioéconomique et tous les continents.

Le “partenariat” euro-méditerranéen ainsi que les Accords de partenariat économiques se fondent sur « la concurrence libre et non faussée » qui induit de peser toujours plus sur le Social. Des salaires toujours plus bas, des conditions de travail de plus en plus précaires, une mise en concurrence des travailleurs de tous les pays, des inégalités sociales criantes et croissantes, la casse des services publics pour une privatisation effrénée, favorisant corruption et prévarication… et empêchant tout développement.

Et s’il le faut, le soutien des États-Unis, de l’Europe, de grands organismes internationaux et des théocraties du Maghreb est acquis aux dictatures comme en Tunisie et en Égypte.

Le gouvernement français s’est révélé comme le complice de ces dernières.

Les revendications de démocratie et de liberté, d’égalité et de respect des droits humains, l’exigence du Social mises en avant ; l’universalisme des mots d’ordre et slogans des manifestants mettent à mal l’argument gouvernemental de la nécessité de soutenir ces dictatures remparts contre le fondamentalisme islamique.

Invoquer la non-ingérence dans un pays souverain comme l’a fait le président de la République est un argument spécieux dans la mesure où l’ingérence de la France en Côte d’Ivoire est patente.

La volonté de Mme Alliot-Marie de mettre l’expertise des forces de répression française au service des bourreaux tunisiens, sa collusion avec le clan Ben Ali ne font pas honneur à la France.

L’Union européenne a refusé de voter une résolution en faveur de la révolution tunisienne proposée par la GUE (Gauche unitaire européenne).

Ben Ali (et sa politique) a été adoubé par la Banque mondiale et le FMI dont le représentant n’est autre que Dominique Strauss Khan.

Le silence de l’Internationale socialiste se comprend quand on sait que le parti de Ben Ali (le RCD) en a été membre jusqu’à tout récemment.

La CGTR apporte sa solidarité aux peuples en lutte de la Tunisie et d’Égypte.

Elle apporte sa fraternité syndicale à l’Union générale tunisienne du travail, fer de lance de la révolution.

Les peuples en lutte ne se laisseront pas voler leur révolution. L’aspiration à la dignité, à la liberté et au progrès est incontournable. Elle passe notamment par une autre répartition des richesses au sein de chaque pays et entre les pays et continents. Elle appelle à d’autres projets de société pour un monde plus solidaire. »


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