Monde

Syriza, un espoir pour la Grèce

Un programme alternatif à l’austérité favori des élections

Céline Tabou / 31 décembre 2014

Depuis la crise de la dette souveraine en 2009, la Grèce multiplie les cures d’austérité, sans pour autant parvenir à sortir de la crise. Dans un tel contexte le programme anti-austérité de Syriza plaît de plus en plus aux Grecs, appelés aux urnes pour les élections législatives le 25 janvier.

Donné gagnant, Syriza fait peur aux institutions de la Troïka – Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international – qui a annoncé la suspension de l’aide afin de faire pression sur le parti, qui considère les dettes du pays comme “illégitimes”.

Un programme anti-austérité

Pour Alexis Charitsis, membre du secrétariat de Syriza, « le programme de la Troïka et du gouvernement grec ont été un échec budgétaire total avec des conséquences sociales dévastatrices. Eux-mêmes ont dû l’admettre dans les évaluations périodiques qu’ils ont effectuées », a-t-il expliqué au magazine Regards.
Raison pour lesquelles, le parti souhaite annuler le mémorandum imposé par la Troïka à la Grèce, qui doit faire des économies et réformes pour obtenir un plan d’aide. Syriza a d’ailleurs annoncé qu’une fois au pouvoir, la dette sera renégociée au niveau européen, et que de nouvelles discussions allaient avoir lieu pour un moratoire sur le remboursement de la dette.
Le parti veut réaliser un audit de la dette, renégocier les prêts contractés et indexer les taux d’intérêts de la dette sur le taux de croissance. Pour pouvoir gérer au mieux son économie, le parti veut nationaliser les banques qui ont fait l’objet de recapitalisation, créer un mécanisme de contrôle des dépenses publiques, geler les réductions des dépenses sociales et surtout mettre fin aux mesures prises à l’encontre des intérêts des travailleurs.
D’autres propositions, sur la fiscalité et la relance de la production sont mises en avant, comme la réduction de la TVA pour les produits de première nécessité, annulation des taxes spéciales, particulièrement pour les personnes sans emploi et les retraités, l’établissement d’une liste des Grecs plaçant leur argent à l’étranger pour les taxer, mais aussi exploiter les ressources naturelles et minières, réduire la TVA les activités touristiques, soutenir la production agricole par des prêts à taux faibles mais aussi lutter contre la corruption dans le secteur public et entre les médias et l’Etat.
L’ensemble des mesures proposées contentent les Grecs fatigués des réformes et des réductions économiques qui pèsent principalement sur les plus démunis et les classes moyennes. Pour preuve, le parti de gauche Syriza frôle à lui seul les 35 % dans les intentions de vote (entre 31 et 34,5 selon les sondages).

Un programme qui plaît

Ce chiffre dépasse de 5 points, le résultat obtenu par la coalition au pouvoir, rassemblant droite libérale et sociaux démocrates. D’ailleurs, 35 % permettrait au parti d’obtenir la majorité au parlement, grâce au bonus de 50 députés offert au parti qui arrive en tête. Ce sondage pérennise la progression du parti, qui a eu de très bons scores aux dernières élections locales et bien plus aux Européennes. Syriza convainc par son discours de gauche, humaniste et radicalement anti-austérité, les législatives anticipées pourraient permettre l’accession d’un vrai parti de gauche et de changement au pouvoir.
Face à cette avancée, le Premier ministre Antonis Samaras tente de faire peur aux Grecs, assurant que « c’est nous ou le chaos ». Une position prise par les créanciers et la Droite, comme l’a expliqué Alexis Charitsis.
« Le parti de droite de la Nouvelle démocratie suivra la même stratégie qu’il a déjà utilisée pendant la campagne électorale de 2012. Au lieu de s’engager dans une discussion politique approfondie sur les effets de sa politique sur la société grecque et les alternatives qui devraient être suivies, il va essayer de cultiver un climat de peur dans la population sur la catastrophe qui nous attend si Syriza est élu », a-t-il expliqué.
D’autant que l’actuel Premier ministre tente d’imposer comme président l’ex-commissaire européen, Stavros Dimas qui devra recueillir au moins la majorité des trois cinquièmes, soit 180 voix sur 300, alors que la majorité dont dispose Antonis Samaras au parlement n’est que de 155 sièges.
Cette stratégie ne paie plus, selon Syriza, car : « l’expérience aidant, les gens dans leur majorité se rendent compte, maintenant, que la principale chose qu’ils doivent craindre, c’est la poursuite de la politique d’austérité actuelle et non le programme de Syriza de reconstruction productive et institutionnelle en faveur de la plus grande partie de la société ».
Pour Alexis Charitsis, « la politique de la peur sera le dernier recours infructueux d’un système politique en perdition. Syriza ne se battra pas sur ce terrain. Nous allons affirmer positivement nos propositions et préparer, ensemble avec la société, le programme de transformation sociale, économique et environnementale ».


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