Monde

Trois ans après le séisme : relèvement en Haïti

Reconstruction d’un pays en marche

Témoignages.re / 15 janvier 2013

Depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, d’énormes efforts ont été consentis pour aider le gouvernement à atteindre ses objectifs et améliorer les conditions de vie des Haïtiennes et Haïtiens. Après la Croix-Rouge (voir “Témoignages” du 11 janvier 2013), c’est au tour du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui consacre un dossier à ses actions pour reconstruire le pays.

Les séquelles du tremblement de terre qui a fait plus de 200.000 morts, endommagé ou détruit plus de 300.000 bâtiments et laissé 1,5 million de personnes déplacées sont encore visibles dans la capitale et dans les régions avoisinantes. De plus, Haïti a été frappé au cours de l’année 2012 par le passage de la tempête Isaac et de l’ouragan Sandy qui ont provoqué des pertes en vies humaines et des dégâts considérables, notamment dans le secteur de l’agriculture.

Cependant Haïti avance. Le gouvernement, le secteur privé, les organisations internationales ne sont pas les seules forces motrices de la reconstruction. Les familles, les communautés et les femmes sont elles-mêmes au premier rang des efforts communs et jouent un rôle clé pour rendre les communautés, les villes, plus résilientes en Haïti.

Relèvement et réduction de la pauvreté
Aujourd’hui, 80% des dix millions de mètres cubes de débris générés par le tremblement de terre ont été dégagés des rues. Une initiative des Nations Unies gérée par le PNUD a non seulement déblayé un million de mètres cube de débris, mais aussi réussi à recycler ces décombres et les transformer en pavés, escaliers, corridors, maisons et places publiques.
Le nombre de personnes vivant dans les camps est passé de 1,5 million à 358.000 aujourd’hui. Le PNUD a contribué à ces efforts aux côtés du gouvernement haïtien et de ses partenaires à travers le programme 16 quartiers/6 camps. Des quartiers, des routes, des maisons ont été réhabilités ; plusieurs milliers d’emplois ont été créés pour les communautés qui souffrent de chômage chronique. Plus de 40% de femmes ont été employées ce qui a permis de revitaliser l’économie locale.

Renforcement des capacités
Mettre le peuple haïtien et leurs communautés au centre du processus de relèvement reste la clé du succès. Au sein des quartiers, les plateformes communautaires ont permis aux membres de la communauté de décider des priorités de planification de leurs quartiers, sans omettre la mise en place cruciale d’infrastructures résistantes aux risques urbains pour renforcer davantage la résilience des communautés.

Réduction des risques de désastres
Le Système national de gestion des risques de désastre a été renforcé grâce à l’accompagnement constant du PNUD et des partenaires, surtout lors du passage de la tempête tropicale Isaac et de l’ouragan Sandy fin 2012.
Le PNUD a aussi développé une méthodologie de prévention des risques en milieu urbain. Une analyse cartographique complète a déjà été réalisée dans huit quartiers à risques de Port-au-Prince. Plus de 9.000 écoliers et 500 enseignants dans le Nord ont été sensibilisés en 2012 sur les tremblements de terre et tsunami, grâce notamment à des exercices de simulations

Protection de l’environnement
Les programmes de protection de l’environnement ont aussi été intensifiés dans certaines régions vulnérables du pays et les femmes, notamment dans le sud à Aquin, ont participé directement à ces projets de reboisement.

Gouvernance démocratique
Plus de 80% des détenus de différents centres carcéraux sont en détention préventive prolongée. Face à un tel constat alarmant, le PNUD a travaillé aux côtés du Ministère de la Justice et de la Sécurité publique pour obtenir la tenue des inspections judiciaires dans les 18 juridictions du pays en vue d’améliorer la situation.

Au-delà des montagnes, un meilleur avenir pour les Haïtiens

« Au-delà des montagnes, encore des montagnes », dit un vieux proverbe haïtien, en rappel des défis démesurés que cette demi-île caribéenne a dû relever depuis la nuit des temps.

En tête de liste, le séisme de 2010 qui a fait plus de 200.000 morts, déplacé 1,5 million de personnes et ébranlé ou rasé quelque 300.000 bâtiments. Son impact a été le plus dévastateur dans la capitale hyper-urbanisée et surpeuplée du pays où il a provoqué des ruines inimaginables et détruit environ 80 pour cent de l’économie de la ville.

Mais les Haïtiens sont habitués à escalader les montagnes.

Le gouvernement, le secteur privé et les organisations internationales travaillent avec les familles et les communautés à reconstruire le pays et à relancer l’économie. Les femmes, qui dirigent presque 50 pour cent des ménages, jouent un rôle clé.

Placer les Haïtiens et leurs communautés au cœur du processus de relèvement est essentiel. Dans les quartiers, ce sont les résidents qui fixent les priorités en termes de reconstruction des maisons et des infrastructures, avec une attention toute particulière aux risques spécifiques aux citadins.

Pour permettre aux familles de prendre elles-mêmes en charge la réparation et la reconstruction de leurs maisons, le PNUD a mis sur pied des centres communautaires d’appui dont 30.000 personnes bénéficient.

Plus de 1.000 familles ont reçu un appui financier de 500 dollars américains pour la réparation de leurs maisons — à travers le tout premier mécanisme de transfert d’argent par téléphonie mobile pour des projets de reconstruction.

Il a également aidé à former plus de 7.000 personnes à faire de la reconstruction de qualité, à renforcer le système national de gestion des risques de catastrophes et à lancer des programmes de protection de l’environnement.

Les résultats en Haïti sont importants et tangibles, un effet direct de la vague de sympathie internationale qui a suivi le séisme et demeure un soutien indispensable. Un horizon aux montagnes moins nombreuses et impressionnantes est en vue.

Haïti reconstruit à partir des décombres

Gera, une jeune femme enceinte vivant sur les hauteurs de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince, Haïti, est soulagée de voir la reconstruction du chemin menant à sa maison terminée.

« Avant, c’était impraticable pour se déplacer et aller à l’hôpital, surtout pour les femmes enceintes », dit-elle.

La réfection des chemins de Carrefour-Feuilles fait partie d’un projet pilote appuyé par le PNUD visant à réutiliser les débris du séisme pour la construction de maisons résistantes aux catastrophes, de routes et de barrières de protection pour les berges des rivières.

Plus de 20% de ces débris sont recyclés pour fabriquer des tuiles, des escaliers et des pavés. Jusqu’ici, 80% des 10 millions de mètres cubes de décombres du tremblement de terre ont été dégagés des rues grâce à des initiatives haïtiennes avec l’appui de la communauté internationale. Le projet conjoint de l’ONU pour la gestion des débris a contribué à l’enlèvement d’un million de mètres cubes. Ce programme a permis à plus de 20.000 personnes, dont près de 40% de femmes, de trouver des emplois temporaires.

Pour permettre aux familles de prendre elles-mêmes en charge la réparation et la reconstruction de leurs maisons, le PNUD a mis sur pied des centres communautaires d’appui pour le renforcement des maisons endommagées dans quatre quartiers de la capitale haïtienne et de Léogâne. Trente mille personnes en bénéficient.

Plus de 1.000 familles ont reçu un appui financier de 500 dollars américains pour la réparation de leurs maisons — à travers le tout premier mécanisme de transfert d’argent par téléphonie mobile pour des projets de reconstruction. Près de 7.000 personnes ont directement été formées sur des thèmes pratiques relatifs à la réparation et la construction des maisons ainsi que sur la planification urbaine et le régime foncier haïtien.

Parallèlement, à travers le projet 16/6 du gouvernement, supporté par le PNUD et d’autres partenaires, 50 camps de déplacés ont été fermés et plus de 11.000 familles ont pu retourner dans leurs quartiers d’origine. Le but du projet est de permettre le retour des familles déplacées en toute sécurité en se concentrant sur la réhabilitation des quartiers sinistrés, la création d’activités génératrices de revenus, l’amélioration de services de base et l’appui aux petites et moyennes entreprises.

« La reconstruction des chemins a beaucoup amélioré notre mode de vie », dit Gera. « Quand il pleut, les écoliers peuvent maintenant se rendre à l’école sans salir leurs chaussures, et les enfants peuvent jouer au foot dans la rue ».


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