Monde

Trois axes pour le gouvernement de Xi Jinping

Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois

Céline Tabou / 14 mars 2014

Débuté mercredi 12 février, le 12e Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC), s’est clôturé, jeudi 13, avec trois axes centraux : la croissance économique, la lutte contre la corruption et la pollution.

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La Chine s’engage à lutter contre la pollution très importante, ici dans une rue de Pékin. (photo Berserkerus)

La veille de l’ouverture de la session, le président chinois, Xi Jinping, a appelé « à améliorer le système de gouvernance ». Déclarant aux ministres et gouverneurs de province, le président chinois a souhaité que l’ensemble du gouvernement trouve « un système stable et efficace pour le développement, le bien-être du peuple et la stabilité à long terme de la société », a indiqué l’agence de presse, Xinhua, lors d’un atelier à l’Ecole du parti du Comité central (CC) du Parti communiste chinois (PCC) sur l’avancement global de la réforme.

Pour sa part, le président chinois a affirmé que pour moderniser le Parti Communiste Chinois, « on doit gouverner d’une manière scientifique, démocratique et légale ». « Un système de gouvernance est déterminé par l’histoire, la tradition culturelle, le développement économique ainsi que la volonté du peuple », a indiqué Xi Jinping.

« Assurer l’emploi »

Le gouvernement prévoit 7,5% de croissance pour cette année, un taux à son plus bas niveau depuis près d’un quart de siècle. Il s’agit là selon Li Keqiang, Premier ministre, d’une indication « souple », en raison d’un contexte international et chinois « plus complexe » que l’an dernier. Le souci principal pour l’administration chinoise est « d’assurer l’emploi, l’amélioration du niveau de vie des gens et des revenus à la ville et à la campagne », a cité l’Agence France Presse, lors de la conférence de Li Keqiang, au Palais du Peuple à Pékin.

Le pays doit créer 10 millions d’emplois urbains par an, pour cela « l’objectif ultime de toutes les réformes est de pleinement dynamiser le marché et la créativité de la société », a-t-il indiqué. Il s’agira de simplifier le système administratif et de décentraliser les compétences du gouvernement pour « assurer que le marché joue pleinement son rôle d’une manière efficace et bien régulée », a-t-il indiqué.

D’autres pistes sont mises en avant comme la réduction de l’impôt sur les micros et petites entreprises, l’approfondissement de la réforme des entreprises d’Etat et le développement de l’économie de propriété mixte.

« Tolérance zéro » vis à vis de la corruption

« Nous ferons preuve d’une tolérance zéro à l’égard des responsables et des comportements corrompus », et ce « envers qui que ce soit et quelle que soit sa position », affirmé Li Keqiang devant la presse chinoise et internationale. Une position du nouveau gouvernement, qui lors du lancement de la campagne anti-corruption, Xi Jinping, lui-même, avait assuré que la corruption est une « menace pour la survie du régime ».

« Cette année, nous allons réduire encore l’administration, et déléguer des pouvoirs du gouvernement (central). Nous allons en publier une liste le plus rapidement possible, fixant une limite claire à leur exercice », a assuré Li Keqiang. En effet, depuis plusieurs années, l’abus de pouvoir et la corruption ont été le sujet de tension sociale, de l’expropriation aux frasques des enfants de cadres du parti, la tension est telle contre certains hauts responsables, que le gouvernement a décidé de sévir, rapidement.

Avec la décision de décentraliser, Li Keqiang a assuré que « la corruption est un ennemi naturel du gouvernement et du peuple », raison pour laquelle « nous devons placer l’exercice du pouvoir et l’utilisation des fonds publics sous supervision institutionnelle ».

Lutte contre la pollution

Le vice-ministre de la Protection de l’environnement Wu Xiaoqing, a annoncé, samedi 8 février, l’investissement de 817 milliards de dollars dans la protection de l’environnement durant la période du 12e plan quinquennal (2011-2015). Une démarche de nouveau mise en avant par le Premier ministre, qui a déclaré « la guerre au smog », cependant cela « ne signifie pas que nous déclarons la guerre contre la nature mais plutôt que nous allons déclarer la guerre contre notre modèle de croissance et notre mode de vie qui sont inefficaces et non durables ».

La pollution dans les grandes villes est un réel sujet de préoccupation, d’autant plus que les smogs se voient à l’œil nu. Pour répondre aux inquiétudes croissantes, le gouvernement a décrété que « les pollueurs qui nuisent à la nature et à la santé humaine seront sévèrement punis ». De plus, « les autorités de la surveillance qui ferment les yeux sur les activités polluantes et échouent à remplir leurs devoirs seront tenues pour responsables ».

 Céline Tabou 

Un changement de style


Pour le sinologue Jean Philippe Béja, cité par Le Monde, « On a l’impression d’être face à un fondé de pouvoir, un chef de cabinet, qui met en œuvre les grandes décisions du camarde Xi », en parlant de Li Keqiang. Cela s’explique par le fait que « le pouvoir sous Xi Jinping veut montrer qu’il est capable d’initiatives ambitieuses. Il faut « servir le peuple », s’attaquer aux problèmes concrets – dont ceux de la vie quotidienne, comme le smog par exemple. C’est le principe de la « ligne de masse » chère à Mao et ressuscitée par Xi Jinping : on essaye de récupérer une majorité en faisant des gestes relativement populistes ».


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