Monde

Ukraine : la tension toujours palpable

Le drapeau de la République de Donetsk hissé à Kostiantynivka

Céline Tabou / 29 avril 2014

La crise ukrainienne s’est étendue dans la ville de Kostiantynivka, proche de Donetsk, où des pro-russes armés se sont emparés du bâtiment de la mairie. Dans l’est de l’Ukraine, la télévision régionale de Donetsk a été occupée par des pro-russes, sans que la police présente sur place n’intervienne pour les en empêcher.

Face au regain de tension, l’Occident devrait annoncer, lundi 28 avril, le durcissement des sanctions contre la Russie, accusée d’alimenter les mouvements des séparatistes dans l’Est de l’Ukraine, où une équipe d’observateurs de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) est toujours retenue.

Les pro-russes gagnent du terrain

Une vingtaine d’hommes en uniformes ont tenu la garde devant la mairie et le siège de la police à Kostiantynivka, ville de 80.000 habitants. Devant le bâtiment sur lequel a été hissé un drapeau de la « République de Donetsk », des militants s’activaient à construire des barricades, selon un journaliste de l’Agence France Presse. La plupart portait un uniforme camouflé et une brassard rouge sur lequel était écrit "Oplot" ("Rempart"), nom d’un groupe paramilitaire pro-russe.

Non loin, à Slaviansk, bastion des rebelles pro-russes dans l’Est, 12 militaires en mission de contrôle pour le compte l’OSCE ont été enlevé. L’un d’entre eux a été libéré pour des raisons de santé, ces derniers sont qualifiés de « prisonniers de guerre par le dirigeant séparatiste et maire autoproclamé de Slaviansk », Viatcheslav Ponomarev.

Depuis leur enlèvement dimanche 28 avril, « les négociations sont en cours avec l’OSCE » pour la libération des onze autres membres de la mission, sept étrangers et quatre Ukrainiens, a déclaré lundi à l’AFP une porte-parole des rebelles, Stella Khorocheva. Les insurgés de Slaviansk détiennent également trois militaires hauts gradés ukrainiens, accusés d’espionnage.

Les tensions entre pro-russes et pro-ukrainiens se sont manifestées dans plusieurs autres villes de l’Est de l’Ukraine, comme à Kharkiv où la guerre d’informations par médias interposés, alimente le malaise. Face à ce malaise, le siège de la télévision régionale de Donetsk a été saisi par des militants pro-russes, encore présents lundi 28 avril.

Confrontation entre l’Occident et la Russie

Les Occidentaux a accusé ouvertement la Russie de manœuvrer la situation, afin d’exacerber les séparatistes et d’inciter au rattachement de ses territoires à la Russie, comme la Crimée en mars. Face à cela, les Etats-Unis ont décidé d’isoler la Russie sur le plan international. Ces derniers devraient être suivis par les Européens, mais ces derniers doutent.

Certains Etats européennes ne souhaitent pas infliger de sanctions « individuelles », ni « économiques », selon une source citée par Le Monde. Les Européens ne souhaitent pas suivre les Américains qui maintiennent « une pression croissante », « pour que nous prenions davantage de sanctions », a constaté auprès du journaliste du Monde, un diplomate européen. Contrairement aux Américains, les Européens commercent avec la Russie et dépendent du gaz russe.

Pour sa part, le président américain Barack Obama a dit que « tant que la Russie suivra la voie des provocations plutôt que d’essayer de résoudre cette question par des moyens pacifiques et (de favoriser) une désescalade, il y aura des conséquences et ces conséquences iront crescendo ». Mais « pour Washington, c’est plus facile de monter au créneau car la Russie est loin », a résumé le ministre des affaires étrangères d’un grand pays européen, cité par Le Monde.

 Céline Tabou 


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