Monde

Ukraine : les pro-européens déboutés

Signature d’un accord économique entre l’Ukraine et la Russie

Témoignages.re / 24 décembre 2013

Après les accords de Moscou passé entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, les manifestations pro-européennes s’essoufflent, en dépit de la volonté de l’opposition de maintenir le rapport de force.

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L’Union européenne prévoyait de continuer à s’étendre vers l’Est. Le choix du gouvernement ukrainien de signer avec la Russie plutôt qu’avec l’Europe donne un coup d’arrêt à cette dynamique. De quoi faire réfléchir les autres Etats de l’Est de l’Europe en discussion avec Bruxelles.

Dimanche 22 décembre à Kiev, la mobilisation pro-européenne a beaucoup moins rassemblé que les fois précédentes. Près de 40.000 personnes se sont réunies à l’appel de l’opposition sur Maïdan, place de l’Indépendance dans le centre de la ville. Un faible rassemblement, comparé aux centaines de milliers de personnes présentes les trois dimanche précédents.

Continuer « de défier le régime"

L’opposition a demandé aux manifestants de continuer « de défier le régime dans la rue ». « Nous allons continuer de nous battre, nous n’abandonnerons pas Maïdan », place occupée depuis plus d’un mois par des manifestants qui l’ont entourée de barricades, a déclaré devant les manifestants le boxeur Vitali Klitschko, l’un des leaders de l’opposition. Ajoutant « nous allons fêter sur Maïdan le Nouvel An et Noël » (orthodoxe le 7 janvier, ndlr), Vitali Klitschko a rappelé que l’objectif du mouvement de contestation était l’organisation d’une présidentielle anticipée, à laquelle il souhaite être candidat, a expliqué l’Agence France Presse.

Le "Mouvement populaire Maïdan" a été créé par les leaders de l’opposition, souhaitant réunir tous ceux qui sont « contre la corruption » et « le retour au passé » au sein des structures menées par Moscou. Cependant, pour des manifestants interrogés par l’AFP, « Maïdan est dans l’impasse. Les manifestants ont fait tout ce qu’ils pouvaient. Maintenant c’est l’opposition (ses leaders, ndlr) qui doit travailler en coulisse pour affaiblir le pouvoir », a indiqué Ostap Nikitine, étudiant à Kiev.

Désormais l’essoufflement de la mobilisation et l’accord signé avec Moscou ont renforcé le gouvernement de Viktor Ianoukovitch a expliqué Volodymyr Fessenko, analyste politique indépendant. En effet, avec les accords de Moscou, « les tentatives de (...) signer un accord d’association avec l’UE ne sont plus d’actualité. La révolte des oligarques est étouffée par le gaz bon marché », a souligné l’ex-ministre de l’Intérieur et opposant Iouri Loutsenko. Ces accords n’ont pu être rivalisé avec ceux préparés depuis trois ans avec Bruxelles.

15 milliards sur la table

Mardi 17 décembre, Vladimir Poutine a apporté son soutien au président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, en réduisant entre autre d’un tiers les tarifs de livraison de gaz russe. Facturé près de 400 dollars les 1.000 mètres cubes, le gaz russe devrait passer à 268,5 dollars à compter du mois de janvier 2014, a annoncé Vladimir Poutine. De plus, la Russie va acquérir pour 15 milliards de dollars (13,3 milliards d’euros) d’obligations émises par Kiev.

En dépit des semaines de mobilisation et de l’appel au calme du gouvernement ukrainien, qui laissait entendre un possible rapprochement avec Bruxelles, Viktor Ianoukovitch aura choisit son voisin russe. Une décision analysée par Edouard Birov, dans le quotidien russe "Vzgliad", cité par Courrier International : « il faut reconnaître la nouvelle et très habile victoire de Vladimir Poutine et de la diplomatie russe dans le combat contre l’Occident ».

Au delà des aspects industriels et économiques, Edouard Birov parle d’un rapprochement politique avéré à travers un bloc, défendu par Vladimir Poutine : « Il a été convenu une coordination plus étroite des politiques étrangères, essentiellement en ce qui concerne la stabilité stratégique et la sécurité en Europe, ainsi qu’une lutte contre les nouveaux défis mondiaux, dont le trafic de drogues ». Le journaliste russe conclut en expliquant que le rattachement de l’Ukraine à la Russie « sera un événement historique annonçant la restauration de l’empire Russe sous une forme moderne ».


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