Monde

Un Agenda 2063 consensuel est destiné au succès

Union africaine

Témoignages.re / 29 mars 2015

L’Agenda 2063 a plus de chances de succès que les OMD 2015, car il a été développé en consultation avec les parties africaines concernées, dont la société civile et le secteur privé.

L’Agenda 2063 a plus de chances de succès que les OMD 2015, car il a été développé en consultation avec les parties africaines concernées, dont la société civile et le secteur privé. Fort et clair, ce message a été émis à l’occasion de la Réunion conjointe du Comité technique spécialisé de l’Union Africaine sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration et la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique dont les travaux se déroulent actuellement à Addis Abeba (Ethiopie). Les participants ont convenu de la nécessité pour l’Afrique de s’approprier cet agenda aux niveaux national, régional et continental. Selon les experts d’ailleurs, les objectifs de développement post 2015 constitueront un sous-ensemble de l’Agenda 2063.

Réitérant ce message, M. Anthony Mothae Maruping, Commissaire aux Affaires Economiques à la Commission de l’Union Africaine (CUA) a déclaré : « une approche inclusive serait caractérisée par une plus forte volonté de passer à l’action et de plus grandes chances de succès. Une action collective s’impose donc pour garantir la réussite de ce projet, sous la forme d’une stratégie appropriée et d’une planification aux niveaux national, régional et continental. Il est également attendu des secteurs privés et des sociétés civiles qu’ils assimilent l’Agenda 2063 : ces derniers ont d’ailleurs apporté des contributions substantielles aux discussions ».

« Permettez-moi de complimenter l’essor de l’Afrique : au cours des deux dernières décennies, nous avons bénéficié de taux de croissance constants. Notre région connait d’ailleurs l’une des croissances les plus rapides au monde [...], grâce à des politiques prudentielles, à une classe moyenne grandissante, et à la demande de matériaux des pays émergents », a ajouté M. Abdalla Hamdock, Secrétaire Exécutif Adjoint de la CEA, « Afin d’inscrire ces avancées dans la durée, les différentes parties concernées sont invitées à continuer à la mise en place de stratégies. C’est d’ailleurs avec fierté que je note que nous avons parmi nous aujourd’hui certains des esprits les plus brillants de l’Afrique actuelle. Votre présence témoigne de l’importance que vous accordez au développement économique du continent ».

Par ailleurs, les experts ont convenu de la nécessité de lever les fonds nécessaires à l’application de l’Agenda. « Comment peut-on lever les financements nécessaires à l’application de l’Agenda 2063 ? En effet, son succès dépend de l’accès à un financement fiable et adéquat. De même, la reconnaissance des objectifs de développement aux niveaux national et local joue un rôle tout aussi important, d’où, l’application d’un plan sur dix ans aux échelles nationale et régionale », a ajouté M. Hamdock.

A l’occasion de leurs discussions sur l’Agenda 2063 de la CUA, à l’occasion desquelles ils se sont focalisés sur la planification, la mobilisation et le financement du développement, les délégués ont réfléchi aux moyens d’application de l’Agenda et convenu que la voie la plus sûre à prendre était de procéder à la mobilisation des ressources domestiques plutôt que de dépendre des donateurs externes. Les panelistes ont ainsi appelé les Africains à rechercher dans leurs propres épargnes de les financements recherchés dans les domaines de l’infrastructure, l’agriculture, l’intégration régionale, la manufacture, la santé et l’éducation.

A l’heure où le contexte mondial est en pleine mutation, comme le révèlent les crises financières, la faible croissance économique, et la lassitude des donateurs, les Africains doivent prendre en charge leur propre agenda de développement et mettre en place des stratégies innovantes, a indiqué M. Mandla Madonsela, Directeur de la Planification stratégique à la Commission de l’Union Africaines.

L’Agenda 2063 aspire à la prospérité, l’intégration, la bonne gouvernance, la sécurité, le développement en faveur des populations et une forte identité culturelle pour le continent, a d’ailleurs indiqué Dr. Hamisi H. Mwinyimvua, le Secrétaire permanent adjoint au Ministère des Finances de Tanzanie, qui présidait la rencontre. Toutefois, les panelistes ont prévenu que ces aspirations ne serviront pas à grand-chose sans des ressources africaines pour les financer.

Plusieurs méthodes ont été suggérées en vue de mobiliser les fonds africains, parmi ces derniers figure un élargissement de l’assiette fiscale, une modification du rôle des banques centrales, une amélioration de la collecte des impôts, la collaboration des secteurs publics et privés, l’optimisation de la collecte de l’épargne, la diversification des sources d’économies, le développement des chaînes de valeur et le soutien au développement des petites et moyennes entreprises.

Selon M. Hamdock, « La CEA a travaillé inlassablement à produire plusieurs index, pour mesurer l’intégration régionale africaine, l’intégration sociale et les sources de financement. Le forum Africain pour le Développement de la CEA a eu pour thème les financements innovants pour la transformation de l’Afrique, et a été l’occasion de se pencher sur les flux financiers illicites, la mobilisation des ressources domestiques, les capitaux privés et les nouvelles formes de partenariat. »


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