Monde

Un G8 axé sur la croissance

Premier Sommet international du nouveau président de la République

Céline Tabou / 21 mai 2012

Les dirigeants des pays du G8 ont plaidé, samedi 19 mai, pour une zone euro « forte et unie » et au maintien de la Grèce dans la zone. Les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Russie, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne se sont engagés à « encourager la croissance » tout en prenant des mesures contre les déficits lors d’un Sommet dominé par la crise de la dette européenne.

D’après la dépêche de l’“Agence France Presse”, les dirigeants se sont accordés en faveur de la croissance économique afin de compenser l’effet de l’austérité budgétaire. La croissance a été le sujet principal de la rencontre à Camp David, vendredi 18 et samedi 19 mai. Dans un communiqué de presse commun, ces derniers ont proposé une série de mesures destinées au rétablissement de l’économie mondiale, qui « montre des signes prometteurs, mais des vents contraires importants persistent ».

Barack Obama, médiateur

Le président américain est devenu le médiateur entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et les dirigeants français et italien, Mario Monti et François Hollande, qui souhaitent donner davantage priorité à la relance. « Tous les dirigeants sont d’accord aujourd’hui ici, la croissance et l’emploi doivent être notre priorité absolue », a déclaré le Président Barack Obama lors d’un point presse.
« Nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer et revigorer nos économies » et « nous saluons la discussion en cours en Europe sur la manière de créer de la croissance », a indiqué le communiqué de presse. Toutefois, chaque pays prendra des mesures contre les déficits lors d’un Sommet dominé par la crise de la dette européenne. Ayant des stratégies différentes, les dirigeants ont souligné dans le communiqué final du Sommet de Camp David (Maryland, Est) que les mesures à prendre « ne sont pas les mêmes pour chacun » d’entre eux.
En effet, pour « augmenter la productivité et le potentiel de croissance de nos économies, nous soutenons des réformes structurelles, de même que les investissements dans l’éducation et dans des infrastructures modernes », a expliqué le G8, ajoutant que de telles initiatives pourraient être financées par des « mécanismes variés », incluant le secteur privé.

Le cas de la Grèce

Le président français, François Hollande, a réaffirmé son appui à la Grèce devant les pays du G8 : « Le message que j’ai voulu porter (...), ça a été le souhait que la Grèce reste dans la zone euro, respecte ses engagements, mais soit appuyée, accompagnée par l’Europe pour stimuler sa croissance. C’est cette démarche qui se retrouvera dans le communiqué », a déclaré le chef de l’État devant la presse française. François Hollande a expliqué que les participants avaient « salué tous les éléments qui ont pu être faits ces derniers mois dans la plupart des pays pour redresser les finances publiques », mais qu’il restait « une incertitude pour la Grèce par rapport aux élections qui sont prévues le 17 juin », suite au blocage du Groupe Syriza, qui est contre les mesures d’austérité imposées à son pays.

Les dirigeants du G8 se sont mis d’accord sur « l’importance d’avoir une zone euro forte et unie pour la stabilité et la reprise (économique) mondiales et nous exprimons notre intérêt de voir la Grèce rester dans la zone euro tout en respectant ses engagements ». Pour lutter contre les déficits, comme c’est le cas actuellement, ces derniers se sont engagés à une « responsabilité budgétaire et, dans ce contexte, nous soutenons des politiques de consolidation budgétaire durables et intelligentes qui prennent en compte les situations économiques des pays ».

Cependant, pour éviter tout protectionnisme des États européens, pour relancer leurs croissances, le communiqué du G8 signale « l’importance de marchés ouverts et d’un système commercial équitable, robuste et fondé sur des règles ». Ils s’engagent également à respecter « notre engagement de nous abstenir de mesures protectionnistes ».

Nouvelle vague de promesses, les dirigeants du G8 ont fait preuve d’ouverture et de volonté, mais celles-ci vont-elles être mises en application. Alors que l’an dernier, des mesures avaient été prises pour protéger les emplois et réduire les déficits, ces dernières se sont avérées inexistantes. Le taux de chômage ayant grimpé en Europe, passant de près de 9% à 10% dans l’Union européenne.

Céline Tabou


Kanalreunion.com