Monde

Un résultat mitigé

Sommet du G20

Témoignages.re / 13 novembre 2010

Les économistes avaient prévu l’absence d’avancées sur les questions monétaires et commerciales. Le G20 s’est clôturé sur le renforcement des positions passées. Alors que Nicolas Sarkozy prend la présidence du G20 pour une année, les thèmes majeurs ont été mis de côté, pour un « renforcement de la coopération multilatérale ».

En dépit des déclarations des chefs d’État, les spécialistes restent pessimistes sur l’avenir du Groupe des 20 pays. L’économiste Elie Cohen a d’ailleurs ironisé auprès de l’AFP : « C’est un G20 pour rien. Simplement, tant qu’on discute, on ne se fait pas la guerre ». Plus diplomatique, Dominique Strauss-Kahn a expliqué que les pays du G20 avaient encore à « apprendre en matière de coopération ».

Malgré les bonnes intentions de départ, les conflits monétaires n’ont pas pu être réglés. En effet, chacun campant sur ses positions, les chefs d’État se sont renvoyé la balle sur les décisions prises de réévaluer ou sous-évaluer leurs monnaies.

Un Sommet campé sur ses positions

Six points principaux ont été édictés par le G20, ceux-ci concernent des mesures afin « d’éviter le risque de récession mondiale, mais des risques persistent », « d’identifier les grands déséquilibres commerciaux », « d’aller vers des systèmes de taux de change déterminés par le marché », de « s’opposer au protectionnisme », de « combattre le changement climatique », de mettre en place de « nouvelles réglementations bancaires » et de « venir en aide aux pays à faibles revenus ».

Ce compromis ne satisfait aucune partie, car comme l’a indiqué le Premier ministre canadien, Stephen Harper, « la crédibilité du G20 dépend vraiment de la production de résultats (...). On ne peut pas s’en sortir en faisant du chacun pour soi. Il faut au contraire continuer à coordonner nos actions ; la reprise est fragile ».

Axés sur les tensions et points faibles économiques et financiers, qui auraient pu aboutir sur une guerre monétaire, les chefs d’État ont tenté de désamorcer les conflits, en annonçant « un large consensus sur la voie à suivre ».

Tension sino-américaine

La tension est restée vive entre les deux puissances. En effet, la Chine ainsi que l’Allemagne avaient accusé les États-Unis de protectionnisme, après que la FED ait injecté 600 milliards de dollars sur le marché, quelques jours avant le Sommet de Séoul. En réponse, le président Barack Obama a indiqué qu’« une relance solide était bonne pour la croissance mondiale ». Les Américains ont également fait pression sur la Chine pour qu’elle réévalue sa monnaie, afin que ses exportations se relancent. La Chine a promis de faire un effort pour réévaluer sa monnaie, et Barack Obama a promis qu’il surveillerait les agissements des Chinois.

Du côté des Européens, les présidents de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, et de la Commission, Jose Barroso, se sont déclarés « satisfaits des résultats » du Sommet du G20 à Séoul. Ces derniers ont également exprimé leurs félicitations aux engagements du G20 pour « combattre le protectionnisme », « finaliser les négociations du Cycle de Doha » sur les échanges, ainsi que son appel à obtenir un résultat positif au Sommet sur le Climat prévu à Cancún (Mexique) à la fin du mois de novembre.


Nicolas Sarkozy, nouveau président du G20

Le chef de l’État Nicolas Sarkozy a pris la présidence du G20 pour un an. Ce dernier a assuré que les réformes structurelles « dont le monde a besoin » étaient toujours d’actualité, malgré les dissensions entre les pays du G20. Il a promis de conduire cette présidence avec « réalisme et responsabilité », soulignant que les chantiers que la France entendait mener à cette occasion étaient « colossaux ».


Kanalreunion.com