Monde

Un Sommet européen consensuel

Crise en Europe

Céline Tabou / 17 décembre 2012

Le dernier Sommet européen de l’année s’est clôturé le 14 décembre sur l’accord par les chefs d’État des 27 pays membres d’un mécanisme de supervision unique des banques de la zone euro et du versement d’une nouvelle tranche d’aide à la Grèce.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a ouvert ce Sommet par des perspectives pour l’an prochain, sous la présidence de l’Irlande. Ce dernier a mis l’accent sur la politique européenne de sécurité et de défense avec notamment l’envoie de missions civiles, ainsi qu’une « coopération plus systématique entre les États membres concernant les moyens militaires ».

Quelques jours seulement après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix, le président du Conseil européen trace les grandes lignes des pays membres à travers le renforcement de l’industrie de défense, ce qui « aidera à l’innovation et la compétitivité, et soutiendra la croissance et l’emploi à travers l’Union européenne », a-t-il indiqué.

Un Sommet plus économique que politique

Les chefs d’État ont défini leur feuille de route jusqu’aux prochaines élections européennes de 2014. Ce document vise aussi à renforcer l’union monétaire et, après les élections, la possibilité d’une révision des traités. Parmi les dispositifs décidés, les 27 ont acté la création de « contrats de compétitivité et de croissance » pouvant être passés entre les États de l’UE et les institutions européennes.

L’objectif, cité par Herman Van Rompuy, est d’améliorer la coordination des politiques économiques. D’après la chancelière allemande Angela Merkel, ces contrats sont des soutiens liés « à des améliorations de compétitivité. Nous parlons d’un budget très limité, pas un nombre de milliards à trois chiffres, plutôt 10, 15 ou 20 milliards d’euros » .

Cette dernière n’a d’ailleurs pas souhaité entendre parler d’un budget propre à la zone euro, prédisant des temps difficiles.

Contrairement aux déclarations de François Hollande d’une fin de crise, Angela Merkel martèle dans la presse que « les changements que nous traversons sont très douloureux. On a beaucoup parlé d’un grand pas, que ce soit une annulation de dette, des obligations européennes ou toute autre mesure qui réglerait tout. Ça ne sera pas le cas ».

Malgré les avis divergents, les 27 se sont accordés sur le principe de mécanismes uniques de résolution des crises bancaires et de garanties des dépôts. Ces dispositifs devraient être mis en place respectivement fin 2013 et début 2014 afin de compléter le mécanisme de supervision sur lequel leurs ministres des Finances se sont entendus. L’ensemble des projets d’intégration politique et budgétaire a été renvoyé « après 2014, il y aura un débat politique pour savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller. C’est là que reviendront les questions du fonds d’absorption des chocs et les euro-obligations » , a déclaré François Hollande.

L’aide à la Grèce débloquée

Bien avant l’ouverture du Sommet européen, la zone euro s’était mise d’accord pour débloquer l’aide financière à la Grèce gelée depuis des mois. La zone euro va débloquer 49,1 milliards d’euros d’ici fin mars 2013 à travers son fonds de secours, dont 34,3 milliards seront versés dès la semaine prochaine, a précisé le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Cette décision survient après la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui, après avoir évalué les résultats de l’opération de rachat de dette menée par Athènes, se sont décidés à débloquer l’aide. En effet, le rachat de la dette par les Grecs a pour objectif de réduire la dette publique qui devrait atteindre 124% du PIB en 2020.

Le programme de redressement conclu au printemps « est à nouveau sur des rails solides » et « l’argent arrivera en Grèce dès la semaine prochaine », a indiqué Jean-Claude Juncker. Contentant ses créanciers, le gouvernement grec est parvenu à convaincre Christine Lagarde, Directrice du Fonds monétaire international, qui a recommandé le déblocage de l’assistance promise par le FMI.

Selon l’agence de presse grecque “Ana”, le Ministère grec des Finances va joindre à ces requêtes des « certificats de conformité » avec les objectifs du plan de redressement convenu entre Athènes et la troïka. En cas de dépassement des objectifs des privatisations prévues, pour un total de 9,5 milliards d’euros d’ici à 2016, les revenus iront en priorité au Fonds européen de Stabilité financière pour rembourser la part des prêts européens, soit 11,3 milliards d’euros, absorbés par le pays pour racheter une partie de sa dette, a relevé “France 204” en lien avec “Ana”.

Céline Tabou

0,8% de croissance confirmée par le gouvernement

Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a réitéré les chances pour la France d’atteindre la prévision du gouvernement de 0,8% de croissance en 2013 sous certaines conditions. Dans une interview au “Journal du Dimanche”, le ministre s’est inquiété du ralentissement de l’économie allemande. En septembre, le gouvernement prévoyait une croissance de +0,8% de progression du PIB en 2013, aujourd’hui, Pierre Moscovici parle d’une prévision « volontariste, mais nous pouvons encore l’atteindre à trois conditions ». Ce dernier a évoqué « la levée des incertitudes dans la zone euro », suite au Sommet européen qui a conclu par « le pacte de croissance le sauvetage de la Grèce et la supervision bancaire ». Seul bémol pour la croissance allemande, premier partenaire commercial de la France. Le pays a enregistré une croissance de 0,2% au 3ème trimestre 2012.

Seconde condition pour atteindre l’objectif de 0,8% : « encourager l’investissement et doper la compétitivité » avec le choc de compétitivité mis en place par Bercy.

Dernière condition, une consommation soutenue.
La dette italienne explose

La dette de l’Italie s’est établie à 2.014,693 milliards d’euros en octobre 2012 contre 1.995,143 milliards en septembre 2012, selon la Banca d’Italia.

En dépit de la politique de rigueur de Mario Monti, la dette n’a eu de cesse de grimper. La politique mise en place depuis novembre 2012 devait permettre de réduire le déficit public italien, attendu à 2,6% cette année et à 1,8% du PIB en 2013, et, à terme, la dette publique, qui est l’une des plus élevées d’Europe par rapport au PIB. Après avoir bénéficié ces derniers mois d’une tendance à la baisse des taux d’intérêt lors des opérations de refinancement de sa dette, ceux-ci sont restés élevés par rapport à ceux d’autres pays de la zone euro, a annoncé l’“AFP”.

L’Espagne, de son côté, n’est pas en reste. La dette publique a atteint fin septembre 77,4% du PIB, suite à l’augmentation du niveau de l’administration centrale (61,2% du PIB) et à celui des 17 régions autonomes (15,9% du PIB), a annoncé la Banque d’Espagne. Le niveau de la dette espagnole devrait progresser en 2012, pour atteindre, selon le gouvernement, 85,3% du PIB en fin d’année. 


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