Monde

Un sommet sino-européen sous tension

En pleine crise économique

Céline Tabou / 21 septembre 2012

Le 20 septembre s’est ouvert à Bruxelles, le 15ème sommet annuel entre l’Union européenne et la Chine, en pleine crise économique et financière internationale. L’Europe espère un soutien de la Chine, qui en contrepartie attend des mesures économiques et diplomatiques en sa faveur.

Le Premier ministre Wen Jiabao, a assisté à son dernier sommet, dont le prochain départ « aura un impact énorme sur les relations de la Chine », notamment avec les dossiers nationaux qu’internationaux. Wen Jiabao a indiqué que ce sommet n’était pas « un sommet de grandes décisions, plutôt de consolidation » des relations.

Ralentissement des échanges

Le communiqué de presse de l’Union européenne a indiqué que ce sommet arrivait « à un moment important pour l’Europe comme pour la Chine, durant une période de ralentissement économique mondial et dans un contexte international de plus en plus difficile ». D’autant plus que l’UE est la première destination des exportations chinoises et le deuxième fournisseur de la Chine. L’Empire du Milieu est également le deuxième partenaire commercial de l’Europe, « pourtant, cette relation s’affaiblit », a précisé Jonathan Holslag, de l’Institut d’études sur la Chine contemporaine de Bruxelles (BICCS), à l’Agence France Presse.
En effet, les exportations chinoises vers l’UE ont reculé de 4,9% entre janvier et août 2012, tandis que les importations en provenance de l’UE ont augmenté de 3,1%, selon les douanes chinoises. Les principaux pays européens touchés par la diminution des exportations sont l’Italie avec un recul de 26%, la France avec 8,6% et l’Allemagne avec 7,9%. Wen Jiabao a affirmé sa bonne volonté face à la chancelière allemande Angela Merkel, en août dernier, assurant que Pékin allait continuer à acheter des obligations d’État des pays de l’UE « à condition d’évaluer pleinement les risques ».
Le président de l’UE, Herman Van Rompuy et le président de la Commission, José Manuel Barroso, comptent sur les réserves de change, évaluées à plus de 3.200 milliards de dollars, afin de les aider à résoudre la crise de la dette. De son côté, Wen Jiabao a indiqué que la Chine allait continuer « à jouer son rôle pour aider à résoudre la crise de la dette en Europe par les moyens appropriés ». La Chine a renforcé sa contribution au Fonds monétaire international en échange d’un renforcement de sa quote-part et Pékin n’a jamais cessé, ces derniers mois, d’acheter des obligations d’État des pays de la zone euro, tout en « discutant activement de moyens de coopération » avec le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, a rappelé le Premier ministre chinois.

Achat d’obligations européennes

Aucune décision n’a été arrêtée, lors de ce sommet, sur de nouveaux achats d’obligations ou sur une participation chinoise au fonds de sauvetage de la zone euro. Pour Jonathan Holslag, la décision « ne sera prise pas avant le sommet européen des 18 et 19 octobre, qui déterminera entre autres le destin de la Grèce ».
Il existe de nombreuses zones de conflit entre la Chine et l’Europe, notamment dans le secteur de l’énergie solaire. La Chine est accusée d’avoir détruit une grande partie du secteur européen en racheter des sociétés européennes, notamment allemandes. De plus, l’UE a lancé une enquête anti-dumping sur les fabricants chinois de panneaux photovoltaïques. Le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Shen Danyang, a annoncé la veille du sommet, mercredi 19, qu’une délégation envoyée par la Chine en Europe sur ce sujet était « parvenue à des résultats assez positifs ». Cette déclaration est destinée à apaiser les tensions et développer un partenariat économique et commercial solide face à la crise économique et financière internationale.

Céline Tabou


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