Monde

Un spécialiste de la lutte contre la faim à la tête de la FAO

José Graziano da Silva élu directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation

Témoignages.re / 28 juin 2011

Le Brésilien José Graziano da Silva a été élu dimanche directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Âgé de 61 ans, Graziano da Silva a obtenu un total de 92 voix sur les 180 bulletins exprimés, l’emportant ainsi devant l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos Cuyaubé, qui a obtenu 88 voix. Il n’y a pas eu d’abstentions. C’est le représentant d’un pays émergent qui accède donc à la tête de l’organisation. Voici son portrait au travers d’extraits de son acte de candidature.

José Graziano da Silva, 61 ans, est titulaire d’une Licence en Agronomie, d’une Maîtrise en Économie et Sociologie rurales de l’Université de São Paulo (USP) et d’un Doctorat en Sciences économiques de l’Université d’État de Campinas (UNICAMP). Il a également obtenu deux diplômes postdoctoraux en études latino-américaines (University College of London) et en études environnementales (University of California, Santa Cruz).
José Graziano da Silva a mené une carrière brillante dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’agriculture et du développement rural. Il convient de noter en particulier sa contribution marquante en tant que ministre extraordinaire de la Sécurité alimentaire et de la Lutte contre la faim, chargé de la mise en œuvre du programme “Faim zéro” (“Fome Zero”) au Brésil. Depuis 2006, il est représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes et sous-directeur général de la FAO.
La candidature de José Graziano da Silva au poste de directeur général de la FAO a été proposée par le Président Luiz Inácio Lula da Silva et par son successeur, la Présidente Dilma Rousseff.

Lutte contre la faim

Depuis 1977, José Graziano da Silva se consacre au développement rural et à la lutte contre la faim, en parallèle de ses activités dans le milieu universitaire, au niveau politique et aux côtés de syndicats.
En 2001, il a coordonné la formulation du programme “Faim zéro”, avant d’être nommé ministre extraordinaire de la Sécurité alimentaire et de la Lutte contre la faim par le Président du Brésil, Inácio Lula da Silva, et de devenir ainsi le principal responsable de la mise en œuvre du programme.
Plus qu’un simple écho à la priorité absolue du Président Lula, le programme “Faim zéro” représente une innovation majeure en matière de formulation de politiques de lutte contre l’extrême pauvreté par les pouvoirs publics. Parmi les aspects particulièrement importants de ce programme, on peut souligner qu’il adopte une stratégie globale et intégrée, qu’il est ouvert à la participation de la société civile à la planification des politiques, à l’allocation des ressources et au suivi de celle-ci, et qu’il met l’accent sur les questions d’égalité hommes-femmes, comme en témoignent les transferts monétaires aux femmes dans les foyers, un moyen de les rendre plus autonomes et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources.
Le programme “Faim zéro” a contribué à sortir 24 millions de personnes de l’extrême pauvreté en cinq ans et à réduire de 25 pour cent la sous-alimentation au Brésil.

Activités à la FAO

En 2006, José Graziano da Silva est devenu représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes et sous-directeur général de la FAO.
À ce poste, il s’est employé à renforcer l’agriculture familiale et le développement rural comme moyen d’améliorer la sécurité alimentaire. José Graziano da Silva a par ailleurs joué un rôle de premier plan dans l’initiative l’“Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim”, qui a fait de la région la première au monde à s’engager à éliminer la faim d’ici à 2025.
José Graziano da Silva promeut par ailleurs un ordre du jour concret sur la question rurale, il prône le renforcement des institutions du secteur et soutient que les politiques des pouvoirs publics doivent garantir un développement des campagnes complet et sans laissés-pour-compte, en mettant l’accent sur l’emploi rural. À ce sujet, on peut citer trois études réalisées par le bureau régional de la FAO : Boom Agrícola y Persistencia de la Pobreza Rural (Agricultural Boom and the Persistence of Rural Poverty), La Institucionalidad Agropecuaria en América Latina, Estado Actual y Desafíos (Agricultural Institutional Framework in Latin America, Current Status and Challenges), et Políticas de Mercado de Trabajo y Pobreza Rural en América Latina (Employment Market Policies and Rural Poverty in Latin America).
José Graziano da Silva a participé activement à des initiatives conjointes avec d’autres institutions spécialisées des Nations Unies, y compris la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation internationale du Travail (OIT), ainsi qu’avec des organismes internationaux comme l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), en plus d’avoir soutenu des initiatives de coopération Sud-Sud.
En sa qualité de représentant régional, il a beaucoup contribué à la mise en œuvre de réformes internes à la FAO, en particulier la décentralisation et les réformes visant à renforcer le rôle des organes nationaux et à donner aux gouvernements un rôle plus important dans la définition des priorités. Autre aspect tout aussi important, l’ouverture à l’égard de la société civile, dont de multiples organisations politiques, sociales, professionnelles et syndicales ont été associées aux activités de la FAO.


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