Monde

Un vaccin contre Ebola expérimenté par l’OMS

L’épidémie a déjà tué plus de 3,300 personnes

Céline Tabou / 3 octobre 2014

La récente note d’information de l’Organisation Mondiale de la Santé fait état d’une consultation de l’organisation sur des vaccins contre le virus Ebola. Le récent bilan de cette dernière dénombre plus de 3.300 morts sur 7.178 cas recensés.

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Un travailleur de la santé gouvernementale s’occupe d’un patient en Sierra Leone. (photo Tommy Trenchard – IRIN)

Les 29 et 30 septembre, l’OMS a organisé une large consultation d’experts afin d’évaluer l’état d’avancement des tests réalisés sur des licences de deux vaccins pouvant soigner un virus Ebola. Plus de 70 spécialistes, venant des pays touchés et des pays voisins d’Afrique de l’Ouest, ont assisté à l’événement, a indiqué le communiqué de l’organisation.

Trouver des solutions rapides et efficaces

Lors de cette assemblée, des experts venus du monde entier et de toutes les branches médicales relatives aux maladies infectieuses ont tenté d’expertiser les vaccins en cours de création, mais également tenter de trouver des traitements innovants pour lutter contre cette maladie, qui a fait plus de 3300 morts.
L’objectif principal de ces experts était d’évaluer le rapidement possible ces vaccins en tant en matière de sécurité que d’efficacité. Une fois validés, les médicaments devront être fournis rapidement, et en quantités suffisantes, afin de protéger le personnel médical en premier lieu et parvenir à ralentir la progression de la maladie. L’ensemble des participants sont unanimes que sur la nécessité d’avoir un « produit entièrement testé et agréé » qui peut être distribué largement.
L’ambition de cet événement aura été de « réaliser d’ici quelques mois, un travail qui prend normalement de deux à quatre ans, sans compromettre les normes internationales pour la sécurité et l’efficacité », a indiqué la note de l’OMS. Il s’agit de « donner aux peuples africains et à leurs autorités de santé le meilleur produit que les scientifiques du monde entier, qui travaillent collectivement, ont à offrir ».

Deux vaccins prometteurs

Le premier vaccin pouvant être rapidement commercialisé est le CAD3-ZEBOV, développé par la firme britannique GlaxoSmithKline (GSK) et les Instituts de la santé (NIH). Plusieurs milliers de doses de ce vaccin expérimental devraient être disponibles début 2015, selon l’annonce de l’OMS, le 26 septembre.
Le second est le rVSV-ZEBOV, développé par l’Agence de santé publique du Canada à Winnipeg. La licence de commercialisation de ce vaccin est détenu par une société américaine, la société NewLink génétique, situé à Ames, dans l’Iowa. Le vaccin utilise un virus de la stomatite vésiculaire. Il s’agit d’un agent pathogène découvert dans le bétail, dont l’un des gènes a été remplacé par un gène du virus Ebola, lui permettant d’être atténué et affaibli, afin de lutter contre le virus.
Les deux vaccins ont passé le stade de l’évaluation et vont désormais passer en Phase 1 (sécurité et immunogénicité) afin de savoir s’ils peuvent être utilisés sur des patients atteints. Une fois ces tests conclus, les deux vaccins passeront en phase de production.

De multiples défis

En plus des aspects logistiques complexes dans les pays concernés, il faudra parvenir à toucher toutes les populations touchées par le virus, raison pour laquelle les experts ont mis en évidence plusieurs défis et incertitudes quant à la mise en place et l’évaluation de ces deux vaccins. D’autres doutes ont été soulevés allant de la mise en œuvre rapide de la branche Recherche et Développement, « à la conception des essais et leur utilisation pour guider une éventuelle vaccination généralisée ».
Il a également été soulevé « les perceptions des communautés » vis-à-vis de la vaccination, et des études menées sur les vaccins. En effet, plusieurs populations doutent de l’existence du virus et certaines des possibilités médicales de lutter contre, préférant des remèdes ancestraux.
De plus, la capacité des organismes à satisfaire aux attentes du public et à pouvoir répondre aux besoins de vaccins pour un usage répandu et accessible à tous reste floue. Au-delà des défis techniques de conservation du vaccin, il a été posé la nécessité d’identifier le personnel pouvant effectuer ces essais conformes aux normes internationales.
Pour l’heure, les experts continuent à tester les deux vaccins possibles et d’ici janvier-février 2015, la Phase 2 des études approuvées, la production de masse des vaccins sera lancée dans les pays touchés et non touchés, le cas échéant.


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