Monde

Une meilleure représentation des pays en développement

Banque mondiale et FMI

Sanjiv Dinama / 7 octobre 2009

Les ministres des Finances de pays en développement ont revendiqué un pouvoir de vote accru à la Banque mondiale et au FMI. Ils estiment que ces institutions seraient plus crédibles si elles étaient plus représentatives des forces économiques mondiales.

Les ministres russe, indien, indonésien, brésilien et vénézuélien se sont exprimés lors des assemblées générales de la Banque mondiale et du FMI, tenues à Istanbul. Selon eux, la crédibilité de la banque, qui vient en aide aux pays en développement, sera à terme mise à mal si ses pays membres ne sont pas représentés de manière proportionnelle à leur poids dans l’économie mondiale.

La commission de développement de la Banque mondiale, qui fixe la stratégie de l’institution, a fait savoir qu’elle était prête à voter sur une réforme de ce type d’ici le printemps 2010. Dans un communiqué, elle avance qu’il sera important de protéger le poids du vote des plus petits pays pauvres.
L’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique font valoir, à juste titre, leurs performances économiques pour demander plus de poids. Comme l’a dit Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, « les chiffres récents montrent que la Chine et l’Inde ont aidé à sortir l’économie mondiale de la récession ».

A Istanbul, les pays en développement regroupés au sein du G24 piloté par la Syrie, le Brésil et l’Afrique du Sud ont estimé que pour remédier « au déficit démocratique », ce transfert devait être à leur seul profit et que le pourcentage des droits de vote transférés devait même être porté à 7% au FMI et à 6% à la Banque. « Il faut qu’il y ait au moins une place pour le presque milliard d’Africains qui ont besoin d’être entendus », a dit le ministre camerounais des Finances, Lazaze Essimi Menye, qui s’exprimait au nom du groupe des Pays pauvres très endettés (PPTE). « Le nombre de places est limité, a-t-il reconnu, mais nos partenaires devraient accepter que nous sommes les mieux placés pour leur expliquer ce qui pourrait être le mieux pour l’Afrique ».
Mais les Etats-Unis (avec 16,7% des droits de vote) et l’Union Européenne (avec environ 32%) sont très retissant à céder leurs voix.

Sanjiv Dinama


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