Monde

« Une urgence pour Haïti : aider les Haïtiens de France »

Lettre ouverte au ministre de l’immigration

Témoignages.re / 12 février 2010

Dans une lettre adressée à Eric Besson, un collectif demande au gouvernement de mettre en œuvre des mesures exceptionnelles pour tenir compte des conséquences du tremblement de terre à Haïti. La catastrophe a en effet totalement mis hors service l’état-civil haïtien, ce qui compromet toute demande de regroupement familial sollicitée selon les règles actuelles, dit en substance le GISTI. Voici des extraits de cette lettre.

« “Compte tenu de l’ampleur et de la gravité de la catastrophe naturelle en Haïti”, vous annonciez le 14 janvier un “dispositif exceptionnel et temporaire d’accueil des victimes en France” concernant “un allègement des conditions du regroupement familial” et “des facilités accordées pour la délivrance des visas pour visites familiales”.
Concrètement, seul un dispositif de dispense de visa pour évacuations sanitaires ou pour des familles bénéficiaires d’un regroupement familial déjà accordé a été envisagé. Vous avez “gelé” les expulsions, mais des décisions de reconduite à la frontière ont continué à être prises à l’encontre de Haïtiens.
De nombreux Haïtiens résidant en France ont tenté des démarches pour accueillir leurs proches. Leur déception actuelle est à la hauteur des espoirs qu’ils avaient placés dans la promesse d’une prise en compte compréhensive du drame qu’ils vivent : l’administration continue à leur opposer les mêmes critères restrictifs de ressources ou d’état civil que ceux qui prévalaient avant le séisme, la cellule d’urgence, difficilement joignable tant elle a été sous-dimensionnée, permettant tout au plus l’accélération de certaines procédures. Ces obstacles administratifs posés au droit à une vie privée et familiale normale ont des conséquences encore plus tragiques dans le contexte actuel : enfants isolés, proies potentielles de trafics, personnes vulnérables laissées sans soins, hommes et femmes ayant tout perdu et n’aspirant qu’à rejoindre le peu de famille qu’il leur reste…
Bien avant ce mois de janvier, les failles de l’état civil haïtien rendaient déjà souvent impossibles les regroupements familiaux. Au cours de cette catastrophe des milliers de personnes ont perdu leurs papiers d’identité et la fermeture des archives nationales d’Haïti, menacées d’écroulement, rend impossible la délivrance d’éventuels documents de substitution. Laisser les administrations chargées de cette procédure sans nouvelles consignes ministérielles à ce sujet revient à bloquer concrètement un droit garanti par les textes nationaux et internationaux.
Dans leur désarroi et face à l’inertie de l’administration des centaines d’Haïtiens s’adressent aux associations communautaires ou de défense des droits des étrangers. Ils voudraient voir aboutir des procédures de regroupement familial entamées en vain depuis des années, accueillir des membres de leur famille qui n’entrent pas dans les critères du regroupement familial, ou encore venir en aide à des compatriotes, souvent sans papiers et sans ressources. »

Collectif de défense des droits des Caribéens et Caribéennes en Martinique
Collectif Haïti de France
Collectif Migrants Outre-mer (Mom)
Fédération des associations franco-haïtiennes de Guadeloupe
LDH, section de Cayenne
LDH-Guadeloupe
Plate-forme d’associations franco-haïtiennes (PAFHA)
Réseau éducation sans frontières (RESF)
RESF - Guyane


Les Européens maintiennent leur engagement : 420 millions d’euros

Selon la porte-parole européenne Cristina Gallach, les Vingt-Sept examinaient les moyens de renforcer l’efficacité de l’aide d’urgence de l’UE en vue de prochaines catastrophes.
Le Traité de Lisbonne, entré en vigueur en décembre dernier, prévoit la création d’un Corps volontaire européen d’aide humanitaire dont on ne sait pas encore s’il sera placé sous un commandement civil ou militaire. On ignore également si cette structure intégrera des équipes nationales d’aide d’urgence et dans quelle mesure elle coopérera avec les organisations non-gouvernementales.
Les Vingt-Sept se sont engagés à verser quelque 420 millions d’euros d’aide à Haïti à la suite du tremblement de terre qui a dévasté ce pays le 12 janvier, faisant jusqu’à 230.000 morts.
Mme Gallach a ajouté que les dirigeants européens devaient également évoquer la préparation du Sommet des donateurs pour la reconstruction d’Haïti, qui doit se tenir en mars à New York sous l’égide des Nations Unies.



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  • La volonté constante d’empêcher Haïti de se développer.
    La politique de la France à l’égard d’Haïti depuis 1802 est de s’en servir comme d’un épouvantail pour les Français d’outre mer qui songeraient à l’indépendance. De ce fait, la prétendue « coopération » n’a toujours été qu’un mélange de saupoudrages, de mesures factices, et d’actions de déstabilisation. On notera que les Français descendants d’esclaves sont systématiquement écartés depuis 1802 de toutes responsabilités liées à la politique française à l’égard d’Haïti.

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  • Le général Dumas avait reçu un sabre d’honneur lors de la prise d’Alexandrie en juillet 1798. La remise de ce sabre est attestée, de manière incontestable, par un document autographe, tracé de la main du général Dumas et conservé au musée Dumas de Villers-Cotterêts. La remise de ce sabre d’honneur par Bonaparte faisait du général Dumas un membre de droit de l’ordre de la Légion d’Honneur. Un second document, daté de 1804, et signé de la main du maréchal Murat, également conservé au musée de Villers-Cotterêts, établit que le général Dumas a accompli la démarche pour que ce droit lui soit au moins reconnu. Même le maréchal Murat, beau-frère de Napoléon, dès 1804, soutenait publiquement le général Dumas, dans cette démarche légitime.

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