Monde

Vers l’intégration économique de 300 millions d’habitants de l’Afrique de l’Ouest

Concertations CEDEAO, UEMOA et Banque mondiale

Témoignages.re / 16 juillet 2013

Les efforts pour l’accélération du processus d’intégration régionale au sein de l’espace Ouest africain ont franchi un nouveau pas avec la réunion tripartite entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire Ouest africain (UEMOA) et le Groupe de la Banque mondiale. Au terme de deux jours de concertations, du 11 au 12 juillet 2013 dans la capitale ivoirienne, les trois institutions ont décidé de renforcer leur coopération en vue d’impulser le développement intégré de l’Afrique de l’Ouest qui regroupe plus de 300 millions d’habitants.

« Les bonnes perspectives économiques que connaissent la plupart des États de cette région ainsi que l’existence d’un potentiel de ressources naturelles et une population jeune constituent de réelles opportunités. Cependant, il existe des défis majeurs, la zone souffrant notamment du faible degré de fiabilité des systèmes de transport, d’électricité, conjugués à l’existence de nombreux obstacles au mouvement des biens, capitaux et personnes au sein de la sous-région », estime Mme Marie-Françoise Marie Nelly, Directrice des Operations de la Banque mondiale pour le Nigeria et Coordonnatrice des programmes régionaux pour l’Afrique de l’Ouest.

A cela s’ajoutent les problèmes de développement et de sécurité transfrontalière, notamment dans la bande sahélo-saharienne, qui nécessitent un leadership et une volonté politique des dirigeants de la CEDEAO. A l’ouverture de leurs travaux, les participants ont suivi un message vidéo du vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Makhtar Diop, les exhortant à œuvrer pour une accélération de la mise en œuvre de l’agenda sous-régional afin de répondre aux attentes des populations en matière de développement.

« Accélérer le processus »

« Il y a eu beaucoup d’efforts qui ont été faits dans le domaine de l’intégration, en dépit des nombreuses contraintes. Il va falloir maintenant accélérer le processus, à travers des projets transformateurs et prioritaires pour notre région articulés notamment autour de la sécurité et la stabilité ; la libre circulation des biens et des personnes, l’amélioration des infrastructures telles que l’énergie et le transport, la relance de l’agriculture et le développement des capacités », a déclaré de son côté M. Kadré Desiré Ouedraogo, Président de la Commission de la CEDEAO.

Le représentant du président de la Commission de l’UEMOA, M. Christophe Joseph Dabiré, Commissaire en charge du département du Marché régional, du Commerce, de la Concurrence et de la Coopération, a pour sa part indiqué que son institution devra davantage s’impliquer dans la résolution des crises politiques et sécuritaires qui compromettent l’avenir de la sous-région.

A l’issue de leurs travaux, les parties prenantes ont salué les avancées enregistrées puis convenu d’intensifier leurs efforts dans six grandes thématiques, à savoir : l’énergie, l’agriculture et le commerce, le transport d’une manière globale, la question sécuritaire au Sahel, le Climat des Affaires et les Centres d’Excellence.

Les conclusions

La réunion a en particulier abouti à des conclusions spécifiques suivantes :

- Au titre du Transport aérien, les participants, préoccupés par les contraintes liées aux coûts et à la connectivité, ont relevé la nécessité de la mise en œuvre par les États des réformes déjà prises au niveau régional.

- Concernant l’Énergie, ils ont souligné la nécessité de libérer le potentiel de production énergétique de certains États membres et d’améliorer la performance des sociétés de distribution.

- Pour le Sahel, la réunion a souligné la nécessité d’une coordination des différentes approches et intervenions de développement dans le Sahel par les institutions régionales.

- S’agissant de l’Agriculture, l’urgence dans la mise en œuvre de politiques agricoles régionales favorisant la compétition et l’intégration des marchés a été relevée.

- Au titre de l’Environnement des Affaires et facilitation du commerce, les participants ont, pour favoriser un marché intra-africain, recommandé une forte volonté politique pour lever les barrières et entraves au mouvement des biens.

- Pour ce qui est des Centres d’Excellence, la réunion suggère de veiller à une cohérence entre le projet de la Banque mondiale des Centres d’Excellence africains et le programme de l’UEMOA.
« Un espace sans frontière, paisible et prospère »

La réunion d’Abidjan s’inscrit dans le cadre de l’appui à la mise en œuvre de la stratégie régionale de réduction de la pauvreté conjointement élaborée par la CEDEAO et l’UEMOA en 2006 et la vision 2020 de la CEDEAO aspirant à ériger « un espace sans frontière, paisible et prospère » .

Le Plan d’action pour la région Ouest africaine qui définit les priorités et programmes d’intervention de la Banque.

Les interventions de la Banque pour la région Ouest africaine sont consignées dans un plan d’action en cohérence avec les piliers stratégiques de la Stratégie d’aide à l’intégration régionale (RIAS) pour l’Afrique subsaharienne adoptée en 2008.

Pour rappel, l’appui de la BM à l’intégration régionale s’articule autour des 3 piliers du RIAS : infrastructure régionale ; coopération institutionnelle pour l’intégration régionale ; biens publics régionaux. Depuis 2001, la Banque mondiale a investi près de 1,8 milliard de dollars dans des projets et opérations sous-régionales en Afrique de l’Ouest, ce qui a permis de lever des co-financements auprès d’autres bailleurs et secteurs privés.


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