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Vers la transformation de notre région en vaste union douanière

Quelle place pour La Réunion dans un environnement en plein changement ?

Témoignages.re / 13 août 2009

L’Union douanière de l’Afrique australe (SACU), la plus ancienne union douanière du monde, pourrait jouer un rôle déterminant dans le processus d’intégration régionale, mais elle doit repenser sa stratégie pour s’engager dans la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), plus vaste, a déclaré sa secrétaire exécutive, Tswelopele Moremi. La SACU est composée du Botswana, du Lesotho, de la Namibie, du Swaziland et de l’Afrique du Sud.

Clôturant les discussions sur l’avenir de l’union douanière vieille d’un siècle, Tswelopele Moremi a déclaré qu’elle n’allait pas s’effondrer, contrairement aux spéculations que l’avenir de la SACU est incertain après que trois de ces États membres ont signé des accords commerciaux séparés avec l’Union Européenne (EU), dans les Accords de partenariat économique (APE) controversés.
Les négociations commerciales avec l’UE ont entraîné des ruptures entre les membres de l’union, suscitant des craintes que la SACU pourrait éclater.
Mais Mme Moremi a déclaré, lundi, que la SACU pourrait fédérer les efforts régionaux pour aboutir à une seule union douanière, mais a averti que le cadre de l’Accord de 2002 de la SACU ne permet pas aux États membres d’appartenir à plus d’une union douanière.
« Cela signifie alors que la SACU doit repenser sa stratégie pour s’intégrer dans la région, tout en se focalisant sur la consolidation de la mise en œuvre de son Accord de 2002 ».
La SACU est composée du Botswana, du Lesotho, de la Namibie, du Swaziland et de l’Afrique du Sud, des pays qui sont membres de la SADC.

Approfondir l’intégration au sein de la SADC

Mme Moremi a reconnu que les appels à une intégration plus poussée et à une libéralisation commerciale, ainsi que la feuille de route de la COMESA et de la SADC pour une union douanière « ont des implications pour les États membres de la SACU puisqu’ils sont aussi membres de ces organisations ».
« Un aspect important de cette instance, c’est le fait que, techniquement, un pays ne peut pas appartenir à deux unions douanières »,
a déclaré Mme Moremi.
L’importance de la SACU, c’est sa capacité à être transformée en véhicule pour faire avancer et approfondir l’intégration au sein de la SADC. En outre, la SACU pourrait aussi constituer une pierre angulaire pour la production dans les États membres dans les secteurs tels que l’agriculture.
« Les États membres doivent commencer à envisager la façon dont ils voudraient approcher une union douanière au sein du cadre régional plus vaste — ils sont conscients qu’ils ne peuvent appartenir à deux unions douanières et qu’ils doivent s’engager dans la SADC », a ajouté Mme Moremi.

Les APE bientôt signés

« Nous sommes tout à fait conscients des obligations des États membres envers la SADC. Il n’y a pas nécessairement de conflit, c’est une décision politique qu’ils ont finalement à prendre, ils veulent avancer au rythme de la SADC, c’est une bonne chose, mais il doit y avoir cette reconnaissance de la SACU ».
« En avançant, il est nécessaire de renforcer l’organisation pour qu’elle joue un rôle significatif dans l’approfondissement de l’intégration et serve bien la région, mais en même temps, on doit reconnaître que l’Accord de 2002 doit être pleinement appliqué »,
a dit Mme Moremi.
Elle a déclaré que l’action du Botswana, du Lesotho et du Swaziland consistant à initier des accords avec l’UE ne doit pas être perçue comme un éclatement de la SACU.
« Notre souhait est de faire en sorte que les négociations sur les APE se poursuivent pour qu’il y ait une conclusion qui sera l’APE final dont tous nos États membres pourront faire partie », a-t-elle dit.


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