Monde

Victimes d’une politique étrangère alignée sur celle de l’OTAN

Les citoyens de la République de plus en plus vulnérables aux attaques terroristes

Céline Tabou / 10 janvier 2011

Le décès de deux otages français enlevés quelques heures plus tôt dans la capitale du Niger, suivi par la mort d’un 53ème soldat français en Afghanistan, et cela quelques jours après un attentat visant l’ambassade de France au Mali : des citoyens de la République paient le prix de la politique étrangère de ce gouvernement.

Le ministre de la défense, Alain Juppé, a annoncé samedi la mort des deux Français kidnappés au centre ville de Niamey, au Niger. Les informations fournies par le Quai d’Orsay indiquent que les deux hommes sont morts au cours d’une opération militaire menée par la garde nationale nigérienne et l’armée française à la frontière du Mali.
Le Premier ministre François Fillon a prévu une réunion, le 10 janvier, entre les présidents des deux assemblées du Parlement, des groupes parlementaires et des commissions de la défense aura lieu lundi 10 janvier à Matignon, pour tenter d’expliquer les raisons de leurs décès. De même, Alain Juppé se rendre au Niger, pour comprendre comment Antoine de Léocour et Vincent Delory sont morts, et pour quelles raisons l’opération de sauvetage des deux hommes a été un échec.

Recrudescence des enlèvements

Depuis la mise en place par Nicolas Sarkozy d’une politique étrangère plus alignée sur celle des Etats-Unis, le nombre de citoyens de la République enlevés à l’étranger est en hausse, et pour un certain nombre, l’issue a déjà été fatale.
Auparavant, seul le gouvernement américain avait à faire face à de nombreux kidnappings mais aujourd’hui, les Français ne sont plus à l’abri de rapts qu’il soit politique ou commercial. Il est possible de citer la mort en en juillet 2010, lors d’un raid franco-mauritanien en territoire malien, de Michel Germaneau, militant humanitaire de 78 ans enlevé le 19 avril 2010 dans le Nord du Niger. Ou encore avec l’affaire Florent Lemaçon, jeune propriétaire du voilier Tanit, otage de pirates somaliens. Celle-ci est décédée lors d’une intervention de "libération", en avril 2009.
Non seulement, la politique étrangère du gouvernement porte préjudice aux Français dans le monde, notamment au Nigéria, en Somalie, au Sahel, ou en Afghanistan, mais les mesures de politique intérieure ont également eu des conséquences.
En effet, les mesures sur l’immigration, la déchéance de nationalité, la loi sur le port du voile, ou encore la polémique sur les minarets, ont conduit des groupes terroristes à menacer la France en utilisant ces mesures pour se justifier. Force est de constater qu’avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, les Français ne sont pas à l’abri d’enlèvements, ou d’assassinats. Si la politique interne et externe de la France continue dans ce sens, il y a des chances que des tragédies comme celle d’Antoine de Léocour et Vincent Delory se reproduisent.

La France, victime de sa position

La République est revenue dans le commandement intégré de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), 35 ans après l’avoir quitté. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a conduit ses ressortissants à vivre dans la crainte de représailles. Particulièrement les Français vivant dans des pays en voie de développement, qui subissent la politique impérialiste occidentale.
Rappelons qu’avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la France avait été en pointe dans le refus d’entrer en guerre, avec les Etats-Unis, contre l’Irak. Mais ce gouvernement a une autre politique. Il augmente le nombre de militaires en Afghanistan, et ces derniers vont sur des théâtres plus exposés. Le résultat, ce sont 53 victimes.
Fait troublant, les USA et la Grande-Bretagne voient d’ailleurs le nombre d’otages kidnappés se réduire, alors que de plus en plus de français sont enlevés.

Céline Tabou


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