Monde

Vladimir Poutine en visite en Inde

Renforcement de la coopération entre deux membres des BRICS

Céline Tabou / 13 décembre 2014

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré jeudi 11 décembre le Premier ministre indien Narendra Modi afin de renforcer ses liens commerciaux avec le géant asiatique, alors que son pays subit d’importantes sanctions de la part des Occidentaux.

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La visite de Vladimir Poutine en Inde illustre la volonté des deux pays de renforcer leurs liens pour les décennies à venir.

Vladimir Poutine a évoqué le renforcement de la coopération dans le nucléaire, le pétrole, le gaz naturel et le secteur du diamant à l’occasion de sa première visite en Inde depuis l’accession au pouvoir de Narendra Modi en mai 2014.
Vladimir Poutine a déclaré, la veille de son départ pour New Delhi le 10 décembre, que « l’Inde est notre partenaire fiable de longue date. Le niveau élevé de la coopération bilatérale et de confiance réciproque nous permet de passer progressivement du schéma traditionnel fournisseur-client à la conception conjointe et à la coproduction d’armes modernes ». Pour le Premier ministre indien Narendra Modi, « la Russie était l’ami le plus proche de l’Inde » et son « partenaire stratégique privilégié ».

Gaz, pétrole et nucléaire au programme

La Russie et l’Inde coopèrent sur la production de missiles embarqués BrahMos et la création d’un chasseur multirôle de 5e génération. Globalement, 70 % d’armes et matériels de l’armée indienne sont de conception soviétique et russe, selon l’ambassadeur russe en Inde, Alexandre Kadakine. Si tant est qu’en 2013, la Russie a livré des armes et du matériels à l’Inde pour 4,78 milliards de dollars en 2013, selon le Service fédéral russe pour la coopération militaire et technique (FSVTS), cité par l’agence de presse russe, Ria Novosti.
Un accord a été signé vendredi 12 décembre entre les deux géants énergétiques russes, Rosneft et Gazprom, qui coopèrent avec les Indiens, afin de se développer sur le plateau continental arctique, en vue d’étendre les fournitures de gaz naturel liquéfié. En outre, la compagnie Rosneft a réalisé un contrat de fourniture à l’Inde de 10 millions de tonnes de pétrole par an.
Dans le secteur nucléaire, un accord a été signé afin de renforcer la coopération russo-indienne dans « l’utilisation pacifique de l’énergie atomique ». Ce document définit les projets de construction en Inde de plus de 20 réacteurs nucléaires par la Russie, la coopération dans la construction des centrales nucléaire, l’extraction conjointe de l’uranium naturel, la production du combustible nucléaire et le traitement des déchets, a expliqué le président Russe. Des contrats mirobolants vivement souhaité par New Delhi et réelle porte de sortie pour Moscou.

Renforcer l’image russe dans la région

Le président russe tente de trouver de nouveaux débouchés pour ses ressources naturelles, au moment où l’économie de son pays souffre des sanctions occidentales suite à la crise ukrainienne et à la chute des cours du pétrole.
Pour Nandan Unnikrishnan, expert de la Russie, cité par le journal La Croix, le président russe « veut montrer au monde qu’il n’est pas isolé et, dans une certaine mesure il ne l’est pas puisqu’il a toujours les BRICS » (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud en plus de la Russie). D’ailleurs, cette visite intervient alors que « l’’Inde est concentrée sur son développement et compte sur la Russie pour obtenir un partage de technologie dans le matériel militaire qui serait fabriqué » a expliqué l’analyste du think tank Observer Research Foundation à Delhi.
En dépit des rapprochements entre Barack Obama et Narendra Modi, ce dernier n’a pas tenu compte des mises en garde de Washington sur le commercer avec les Russes et surtout l’Inde n’a pas appuyé les sanctions contre la Russie. Une position à laquelle Vladimir Poutine a répondu, qu’il cherchait en Inde à renforcer « le partenariat stratégique privilégié ». De son côté, le Premier ministre indien a indiqué sur les réseaux sociaux que « le lien entre les peuples russe et indien est très fort » et qu’il espérait porter la relation avec Moscou « à de nouveaux sommets ».


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