Monde

Vol MH370 : terrible épreuve pour les familles des passagers

Après la découverte d’un débris d’avion à La Réunion

Manuel Marchal / 31 juillet 2015

L’existence d’un numéro partiel sur le débris d’avion découvert samedi indique que la pièce vient d’un Boeing 777. Le vol MH370 est le seul Boeing 777 à avoir disparu corps et biens dans l’océan Indien. Les soupçons se renforcent donc autour de ce vol, ce qui diminue l’espoir de retrouver des survivants, 15 mois après la disparition de l’avion des écrans des radars. C’est une terrible épreuve pour les familles et les proches des passagers.

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La Réunion ne se situait pas sur l’arc des recherches du Boeing 777 du vol MH370 de la Malaysia Airlines.

Le 8 mars 2014, le vol MH370 de la Malaysia Airlines décolle de l’aéroport de Kuala Lumpur avec 239 personnes à bord. Il doit rejoindre quelques heures plus tard l’aéroport de Beijing. Mais à l’heure prévue, il n’est pas là. L’aéronef est alors porté disparu, les recherches commencent. Elles montrent que le transpondeur a été coupé. Cette balise permet de localiser plus facilement l’avion. Malgré tout, le vol MH370 est localisé par un radar militaire à l’opposé du trajet prévu. Au lieu de voler vers la Chine au Nord, il se déplaçait vers le Sud-Ouest, au large des côtes du Vietnam.
Quelques heures plus tard, des témoins disent avoir vu un avion de ce type survoler une île de l’archipel des Maldives, au Sud de l’Inde.

Les informations ont flitré au compte-goutte. Quelques jours plus tard, l’enquête annonçait que l’avion avait continué à voler plusieurs heures après avoir disparu des écrans des radars, sur la base de communications automatiques entre des capteurs et un satellite situé au-dessus de l’océan Indien. C’est alors que les recherches se sont concentrées au large de l’Australie. Pendant 14 mois, rien n’a été trouvé.

Les familles dénoncent l’opacité

Dès le départ, les familles dénoncent l’opacité qui règne autour de l’enquête, et les informations contradictoires. La majorité des passagers sont des Chinois, et ils ne croient pas la version avancée par la Malaisie en charge de l’enquête.

18 jours après la disparition du vol, le Figaro avait recueilli les témoignages de familles chinoises rassemblées à Tianjin : le gouvernement malaisien leur cache « la vérité », disaient-elles. « Quand le Vietnam a annoncé avoir une piste, la Malaisie a dit immédiatement que c’était faux, s’emporte Mr Li. Cela veut dire qu’il savait où se trouvait l’avion. Il ne faut pas nous prendre pour des idiots. » Et sa sœur d’ajouter : « Nous sommes prêts à accepter la mort de notre mère. Mais comment faire notre deuil dans ces conditions ? Nous ne pourrons pas nous rendre au milieu de l’océan Indien à 3000 mètres de fond pour nous recueillir devant elle. Les Malaisiens doivent nous rendre nos proches. »

Indignation en janvier dernier

En janvier dernier, le Premier ministre malaisien avait déclaré le vol MH370 perdu, et donc que les passagers étaient probablement tous morts. Cette déclaration avait fait l’effet d’une bombe chez les proches des victimes, qui demandaient des preuves pour prendre une telle décision. Le Premier ministre chinois Li Qekiang était intervenu, souhaitant que la Malaisie allait tenir « ses promesses de poursuivre ses investigations ». « Le plus important est qu’elle utilise tous les moyens nécessaires pour retrouver les victimes », avait déclaré à l’époque le responsable chinois.

La découverte d’un débris d’avion mercredi à Bois-Rouge a relancé l’enquête. Un numéro inscrit sur la pièce semble trahir la provenance de la pièce : un Boeing 777. Le seul Boeing 777 disparu dans la région est le vol MH370 de la Malaysia Airlines.

La Malaisie et la Chine continuent de se rencontrer pour renforcer leurs relations. En marge de la réunion du Comité international olympique qui a attribué à Pékin les JO d’hiver 2022, la vice-Première ministre chinoise Liu Yandong, a rencontré le Premier ministre malaisien Najib Razak jeudi à Kuala Lumpur.

Aujourd’hui, c’est le vice-ministre des Transports de la Malaisie qui annonce que le débris retrouvé à La Réunion « pourrait être une preuve convaincante que le MH370 s’est abîmé dans l’océan Indien. » Quant à l’Australie, le directeur du Bureau de la sécurité des transports affirme que « nous sommes de plus en plus convaincus que les débris sont ceux du MH370 ». La pièce doit partir en France pour être expertisée.
S’il s’avérait que le débris provenait du vol MH370, alors ce serait sans doute la fin des espoirs de retrouver des survivants.


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