Monde

Xi Jinping aux Etats-Unis pour tenter l’apaisement

Le président de la Chine en visite officielle

@celinetabou / 23 septembre 2015

La visite de Xi Jinping aux Etats-Unis, du 22 au 25 septembre, vise à apaiser les tensions entre les deux pays, qui restent dépendants l’un de l’autre. En effet, les soubresauts de l’économie chinoise ont affolé les marchés durant plusieurs jours, bien que les autorités aient tout mis en place pour éviter une dégringolade plus importante.

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Le président chinois Xi Jinping et son épouse sont arrivés à Seattle, première étape de la visite d’État. Une rencontre est prévue avec les responsables de Microsoft. (Photo Xinhua/Huang Jingwen)

Pour de nombreux observateurs, ce sommet bilatéral entre Chine et États-Unis ne devrait pas apaiser la tension, tant les dossiers sont sensibles : les différends territoriaux de Pékin en mer de Chine méridionale, le cyber-espionnage, les droits de l’homme, la dévaluation du yuan, etc.

Malgré les frictions, Pékin souhaite minimiser les points de tension, assurer un taux de croissance de 7 % et réconforter les investisseurs que la conjoncture actuelle est passagère. De nombreux représentants chinois ont assuré que la relation sino-américaine entrait dans une nouvelle dynamique, plus sereine et confiante.

Eviter le conflit

Dans un article Le Quotidien du Peuple a indiqué que la rencontre entre Barack Obama et Xi Jinping pouvait « soit succomber à la prédestination du « piège Thucydides » [1], où se frayer un nouveau chemin et montrer qu’une montée en puissance dans une collaboration existante ne doit pas nécessairement entrer dans une confrontation ». Mais une telle confrontation ne serait dans l’intérêt de personne, raison pour laquelle, le gouvernement chinois tente de prouver qu’il n’a aucune volonté hégémonique, préférant laisser la place à Washington.

De son côté, la Maison-Blanche a indiqué que les deux dirigeants allaient tout d’abord « aborder les points de désaccord de manière constructive », pour ensuite établir des accords. Un partenariat vivement attendu par plus d’une centaine d’entrepreneurs, dont Mark Zuckerberg (Facebook), Tim Cook (Apple) ou le magnat des affaires Warren Buffett, qui ont appelé les deux présidents à bâtir une relation “durable”. Ces derniers souhaitent que les deux pays s’entendent sur un traité d’investissements bilatéral de « haute qualité » qui aurait un « impact immédiat et tangible » sur les économies » des deux pays, étroitement imbriquées.

Jeudi dernier, Xi Jinping a assuré devant une délégation d’hommes d’affaires américains venus à Pékin, qu’il était prêt à « un échange approfondi de vues » avec Barack Obama, afin de bâtir « un nouveau modèle de relations entre grands pays ». Au-delà de la coopération attendue sur le climat pour la conférence de Paris en décembre, Barack Obama a prévenu que les cyber-attaques de la Chine n’étaient « pas acceptables » et qu’il en discuterait avec son homologue.

Sur le dossier des conflits territoriaux, les Etats-Unis craignent la montée en puissance militaire de la Chine dans la région. La flotte américaine reste très présente sur les côtes asiatiques, notamment au Japon et en Corée du Sud. Mais, les relations économiques et financières restent primordiales pour ces pays, qui estiment tout de même la Chine comme un allié économique incontournable.

Cependant, la rencontre entre les deux hommes ne devaient pas avoir plus d’effet qu’attendu, car Barack Obama est sur le départ avant les élections de 2016, alors que Xi Jinping a encore un mandat supplémentaire devant lui.

Pékin rassure sur son économie

À la veille de sa visite aux Etats-Unis, le président chinois Xi Jinping a exprimé sa confiance dans les perspectives économiques de son pays. Ce dernier a expliqué au journal The Wall Street Journal que l’économie chinoise est semblable à un grand navire traversant des mers agitées, qui tangue mais « va dans la bonne direction ».
Depuis deux ans, Pékin tente de changer de modèle économique, pour le concentrer sur la consommation et l’investissement intérieur, tout en mettant en place des mesures alternatives avec des effets sur le long terme dans l’économie verte, la recherche et l’innovation ainsi que l’entreprenariat.

D’autres décisions ont été prises d’urgence pour éviter une nouvelle chute des bourses, avec des allégements fiscaux, une augmentation des dépenses publiques, une réforme des entreprises d’Etats. Le but est de relancer la dynamique, tout en sortant d’un système économique basé sur les exportations, dont les chiffres ne cessent d’alarmer (baisse de plus de 8 % en juillet.)

Xi Jinping a dons assuré que « le développement des marchés financiers est un objectif clé pour les réformes » économiques entreprises. Ce dernier a toutefois ajouté que « cet objectif ne va pas être modifié simplement à cause de l’instabilité des marchés », selon l’agence de presse Reuters. Ainsi, le président chinois assoit ses positions à quelques heures de sa rencontre avec Barack Obama.

Pékin ne compte pas se laisser imposer des mesures économiques, avantageuses pour les Occidentaux, qui sont encore malmenés par les crises économique, financière et désormais politique. Mais, Xi Jinping tient à rassurer les marchés, en annonçant une croissance proche de 7 %. C’est le seuil indispensable pour créer plus de 10 millions d’emploi par an en Chine et ainsi conserver la paix sociale, mais également s’assurer du maintien de son statut sur la scène internationale. Pour Xi Jinping, « l’économie chinoise continue d’évoluer dans une fourchette convenable.

[1De manière très simpliste, le « piège de Thucydides » signifie la guerre.


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