Monde

Xi Jinping en Inde, un changement de ton

Trois nouveaux protocoles d’accord déjà signé entre l’Inde et la Chine

Céline Tabou / 18 septembre 2014

Le président chinois Xi Jinping effectue une visite de trois jours en Inde, afin de consolider les relations bilatérales en signant plusieurs accords de partenariats. Cette première visite depuis l’élection du nouveau gouvernement nationaliste hindou à la tête du pays en mai dernier marque un tournant entre les deux puissances.

La venue du président chinois était programmée depuis mai, lors de la nomination de Narendra Modi comme Premier ministre, afin d’engager de nouveaux rapports, dans un contexte mondial instable. Le conseiller d’Etat chinois Yang Jiechi avait indiqué, le 9 septembre, à Ajit Doval, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre indien que « la visite du président chinois en Inde était une priorité pour les relations bilatérales et que les deux parties devaient déployer des efforts conjoints afin qu’elle soit un succès ».

Une entente diplomatique et commerciale

L’accueil de Xi Jinping au Gujrat, bastion de Narendra Modi, marque selon les observateurs, une rupture avec le protocole et un signe d’entente entre les deux dirigeants. Cependant, le président chinois devrait entamer avec le Premier ministre indien des discussions sur les conflits territoriaux entre les deux pays. Depuis 1947, les deux pays se disputent le tracé précis de leur frontière himalayenne, entraînant une guerre entre les deux géants en 1962. Celle-ci a laissé l’Inde défaite face à la Chine, créant un statut quo depuis.

Les deux pays ont signé trois protocoles d’accord, entre tout d’abord, le gouvernement du Gujarat et la province du Guangdong en Chine du Sud, ainsi qu’un projet entre les villes de Guangzhou, capitale du Guangdong et la municipalité d’Ahmedabad. Le troisième a été signé entre la China Development Bank et iNDEXTb (Bureau Extension industrielle), qui est un organisme gouvernemental d’État destiné à faciliter les investissements.

Le but de ces trois protocoles d’accord est de partager les expériences en matière de gouvernance, mais aussi la construction d’un parc industriel et d’autres activités dans le domaine du commerce et de la coopération. Dans une tribune de The Hindu, Xi Jinping a indiqué que « la combinaison de l’usine de la planète et du back-office de la planète doit créer la base de production la plus compétitive et le marché de consommateurs le plus attractif ».

Chine, concurrente et partenaire

Le nouveau chef de l’exécutif indien avait indiqué que la Chine était un concurrent de poids, raison pour laquelle il mènerait « une politique étrangère plus musclée » que le précédent gouvernement. D’autant plus que la Chine est le premier partenaire économique de l’Inde, avec des échanges de plus de 65 milliards de dollars par an. Toutefois, l’Inde a un déficit de plus de 40 milliard depuis une dizaine d’années, contre 1 milliard entre 2001-02.

Malgré ces différends - territoriaux et budgétaire - la Chine se dit prête à « contribuer au développement de l’Inde » en matière de construction d’infrastructures. Secteur appauvrit en Inde. Ainsi, Pékin veut renforcer ses relations avec son voisin d’autant que « la relation Chine-Inde est devenue l’une des plus dynamiques et prometteuses relation bilatérale du XXIeme siècle », a écrit le président chinois.

Pour Rajrishi Singhal, analyste du think tank Gateway House, basé à New Delhi, « la teneur et la finalité de la visite du président Xi Jinping en Inde peuvent se mesurer à la taille de la délégation qui l’accompagne, avec la présence de ministres de haut rang conduisant une délégation d’hommes d’affaires importants et de banquiers ». Ce dernier a expliqué à l’Agence France Presse, qu’en dehors « des discussions politiques prévues, sur les frontières et la sécurité, le président chinois va probablement d’abord tenter d’apaiser les inquiétudes du gouvernement indien sur l’accroissement du déficit commercial entre les deux pays ».

En plus de s’associer à la Chine, Narendra Modi entretient des relations étroites avec le Japon. Un moyen pour lui de maintenir un rapport de force face à la Chine, qui s’est engagée sur plus de 100 milliards de dollars d’investissements, soit trois fois le montant promis récemment par le Premier ministre japonais Shinzo Abe.


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