Moyen-Orient et Afrique du Nord

25 réfugiés meurent sur un bateau

Drame de la guerre en Libye

Témoignages.re / 2 août 2011

Des travailleurs tentent de fuir les combats en tentant la traversée clandestine de la Méditerranée. Hier, 25 d’entre eux ont été retrouvés sans vie dans la cale d’un bateau. Tous ces morts sont la conséquence des bombardements de l’OTAN.

Des agents de la garde côtière italienne ont découvert les corps sans vie de 25 personnes dans un bateau de migrants en provenance de Libye qui a atteint lundi l’île italienne de Lampedusa, en Méditerranée.
Les corps ont été retrouvés dans la cale du bateau où s’entassaient 296 personnes depuis plusieurs jours. Selon l’Agence France-Presse, le groupe de migrants, principalement en provenance de l’Afrique subsaharienne, aurait quitté un port de Libye il y a trois jours pour tenter de rejoindre les côtes européennes.
Selon l’agence italienne Ansa, la présence de morts dans la cale du navire n’a pas été signalée aux gardes-côtes italiens par les passagers. Les agents ne les ont découverts que lors d’une inspection du bâtiment.
Les autorités italiennes ont ouvert une enquête et ordonné des autopsies sur les corps des victimes afin de déterminer la cause exacte de la mort de ces 25 passagers.
Selon des témoignages recueillis par les médias italiens auprès des passagers du bateau, les hommes, qui s’entassaient dans la cale du navire, auraient été asphyxiés par les gaz d’échappement du moteur.
Au moins 36 femmes et 21 enfants se trouvaient à bord lorsque le bateau a rejoint le port de l’île de Lampedusa située environ à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile.
La guerre civile en Libye et les bombardements de l’OTAN ont engendré un afflux important de réfugiés et de migrants qui tentent de fuir le pays par milliers en s’embarquant sur des bateaux parfois en très mauvais état pour tenter de franchir la Méditerranée et joindre les côtes européennes.
Beaucoup de ces réfugiés sont des travailleurs immigrés qui sont restés coincés en Libye après le déclenchement de la guerre civile.
Au mois de mai, le naufrage d’un bateau en provenance des côtes libyennes avec 300 migrants à bord a entraîné la mort de 250 d’entre eux, engloutis sous les flots. Au mois d’avril, ce fut le naufrage d’une embarcation avec 600 passagers non loin de Tripoli, faisant des dizaines de morts dont de nombreux enfants en bas âge. À cela il faut ajouter les naufrages clandestins.


La Libye informe les diplomates étrangers de la détérioration de l’insécurité à Benghazi

Le secrétaire du comité populaire libyen des Relations extérieures et de la Coopération internationale, Khaled Kaeïm, a informé dimanche à Tripoli les ambassadeurs accrédités en Libye de la détérioration de la sécurité dans la ville de Benghazi, le fief de l’opposition et des exactions et torts commis par les « groupes armés contre les populations ».
M. Kaeïm, qui est aussi secrétaire à l’information au comité a souligné que la Libye, en tant que pays responsable et souverain, a le droit d’exercer son rôle à l’endroit de ses citoyens et de les protéger, conformément au droit international.
Selon l’Agence de presse libyenne (JANA), qui rapporte l’information, il a indiqué que les raids aériens de l’OTAN et l’embargo imposé au pays l’empêchent de s’acquitter de sa mission et d’apporter les aides à ses citoyens.
Le responsable libyen a également informé les diplomates accrédités en Libye des impacts de la poursuite par l’OTAN des bombardements ciblant les civils et la destruction de l’infrastructure de base dans le pays.
La Libye entamait hier le premier jour de Ramadan alors que les conclusions d’une mission conjointe d’organisations humanitaires des Nations unies, qui s’est rendue récemment dans le pays, ont montré que six mois après l’opération militaire, le marché libyen connaît une crise aiguë au niveau du carburant, des liquidités bancaires ainsi que des prémices d’une crise alimentaire, en plus d’une hausse des denrées de première nécessité.


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