Moyen-Orient et Afrique du Nord

30000 soldats saoudiens à la frontière avec l’Irak

Face à la menace d’une décomposition de l’Etat irakien

Céline Tabou / 4 juillet 2014

L’Arabie saoudite a déployé 30.000 soldats le long de sa frontière avec l’Irak, au moment où plusieurs milliers de militaires irakiens quittent la frontière irako-syrienne. Une vidéo de la chaine saoudienne montre le départ des troupes irakiennes à la frontière syrienne, entrainant de vives inquiétudes de la part du roi Abdallah.

La chaîne saoudienne, Al-Arabiya, a en sa possession une vidéo montrant près de 2.500 militaires irakiens dans une région désertique à l’est de la ville de Kerbala, après avoir abandonné leur position à la frontière. Cette région frontalière de la Syrie et de l’Arabie saoudite n’est désormais plus gardée du côté irakien.

Mesures préventives saoudiennes

Selon l’agence de presse Reuters, un officier de l’armée irakienne préciserait sur la vidéo que les troupes ont reçu l’ordre de quitter leurs positions sans aucune explication. Pour l’heure, la vidéo n’a pas été authentifiée. Toutefois, le roi Abdallah a ordonné que toutes les mesures soient prises pour protéger le royaume contre des « menaces terroristes », indique l’agence de presse SPA.
Du côté irakien, le porte-parole du Premier ministre a démenti les informations rapportées par la chaîne Al-Arabiya, affirmant que les gardes-frontières conservaient « une main mise totale » sur la zone frontalière. « Il s’agit de fausses nouvelles destinées à saper le moral de notre peuple et le moral de nos combattants héroïques », a déclaré le général Qassim Atta, à Bagdad.
Cependant, les membres de l’État islamique au Levant (EIIL) et d’autres groupes sunnites contrôlent plusieurs villes le long de la frontière entre l’Arabie Saoudite et l’Irak. A la veille de cette avancée des troupes saoudienne, le président américain, Barack Obama s’est entretenu mercredi 2 juillet, avec le roi Abdallah d’Arabie saoudite de la situation en Irak, a communiqué la Maison blanche.
Les deux hommes ont convenu de se consulter étroitement sur l’évolution régionale, et discuté de la nécessité pour l’Irak de former un nouveau gouvernement « réunissant toutes les communautés du pays », a rapporté l’Agence France Presse.

Déploiement de force

De leurs côtés, les autorités irakiennes mènent une contre-offensive à l’aide d’avions Sukhoi, venant de Russie. Toutefois, selon un cabinet d’experts, cité par les agences de presse, trois des appareils viendrait d’Iran, qui avait promis son aide. Cependant, le pays a l’interdiction par les Nations Unies, depuis 2007, d’exporter du matériel militaire en raison de son programme nucléaire controversé.
Les Etats-Unis, eux, ont déployé 300 conseillers militaires et près de 500 soldats chargés de protéger leur ambassade et l’aéroport de Bagdad. Depuis le début des violences, près de 2.400 personnes ont perdu la vie en juin, dont près de 900 membres des forces de l’ordre, selon les Nations Unies.
L’offensive jihadiste a fait des centaines de milliers de déplacés, dont certains sont bloqués dans des camps à la limite du Kurdistan, car aucun « garant » n’est présent dans la région autonome, empêchant les réfugiés de gagner l’aéroport d’Erbil et les routes vers les régions plus calmes.
Le roi Abdallah a alloué une enveloppe de 500 millions de dollars à destination des populations irakiennes déplacées depuis le 6 juin dernier lors de la progression des djihadistes de l’EIIL, rebaptisé depuis Etat islamique (EI).

Céline Tabou


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